Analyse - Comment Lamborghini se réinvente en compétition

Les choses changent chez Lamborghini.

Le fameux nom, peut-être synonyme de Countach et autres plutôt brutes – mais désirables – machines de rêve, est en mission pour se remodeler une image, non seulement comme marque de supercars mais aussi de force avec laquelle il faut compter en piste.

Oubliez l’embarras du Japanese Lamborghini Owners’ Club au Mans il y a quelques années : il y a aujourd’hui un département en interne chargé de se concentrer uniquement sur la compétition et un nouvel homme aux commandes : l’ancien Champion GT italien Giorgio Sanna, que Motorsport.com a rencontré.

Ce département interne s’appelle Lamborghini Squadra Corse et il supervise les trois championnats de Lamborghini Super Trofeo (en Amérique, Asie et Europe) ainsi que le programme GT3 et un autre de développement de jeunes pilotes.

Nous avons une implication claire de VAG pour promouvoir Lamborghini, et notre propre département compétition dans lequel les gens se concentrent sur le sport.

Giorgio Sanna

Sanna affirme clairement que c’est un nouveau départ pour la marque en ce qui concerne la compétition.

Oubliez tout ce qui a existé avant,” dit-il. “C’était l’époque où nous avions des gens pour qui la course était un deuxième travail. Aujourd’hui, nous avons une implication claire de VAG [Volkswagen Audi Group] pour promouvoir Lamborghini, et notre propre département compétition dans lequel les gens se concentrent sur le sport. Ce qu’il s’est passé il y a dix ans n’était pas géré par l’usine mais nous sommes présents aujourd’hui et de façon sérieuse.”

À long terme, les clients sont importants pour nous et la compétition client est le modèle que nous prônons. Lamborghini veut vendre des voitures et nous ne courrons qu’avec des écuries clientes l’année prochaine. Nous fabriquons des voitures de route et voulons refléter cela à travers la course. C’est pourquoi un projet de prototype n’est pas envisagé. Mais nous voulons faire de la Huracan la meilleure des GT3.”

Nous avons un partenariat avec Dallara qui s’occupe de l’aéro de la GT3 et nous partageons la même plateforme que l’Audi R8 LMS ultra. Nous pensons donc avoir les ingrédients pour fabriquer une bonne voiture de course.”

Un vrai coup de jeune

Le rajeunissement de Lamborghini a débuté en 2013.

Nous avons dit à VAG que nous voulions célébrer le 50e anniversaire de l’entreprise et qu’il était temps d’attaquer,” dit Sanna. “Le programme a débuté de façon mesurée, mais nous avons poussé davantage à mesure que nous apprenions.”

Cela a commencé par l’expansion du Super Trofeo à l’Asie et l’Amérique du Nord en plus des séries européennes proliférant.

Le Super Trofeo fonctionne bien selon nous car il y a une bonne ambiance pour les gentlemen drivers mais aussi, d’une certaine façon, pour les jeunes pilotes qui peuvent apprendre et montrer leurs capacités avant d’intégrer notre programme GT3.”

Le Programme Jeunes Pilotes est destiné à refléter nos marchés et c’est pourquoi nous avons des pilotes venus d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Australie. Ils se montrent tous rapides, que ce soit dans la GT3 ou en Super Trofeo.”

Pas une Audi déguisée

La nouvelle Huracan a un look impressionnant et fait un bruit fascinant, comme on pouvait s’y attendre. Et elle a gagné dès sa première course à Monza avant d’être disqualifiée en raison d’une irrégularité au niveau du tuyau de ravitaillement. Le restricteur n’étant pas conforme, l’essence arrivait trop rapidement et permettait de gagner du temps lors des arrêts au stand. Depuis, elle a récupéré sa victoire italienne mais les résultats n’ont pas vraiment été au rendez-vous.

La présence des techniciens Audi dans le garage Lamborghini était évidente à Monza et lors des courses suivantes, mais Sanna assure que la voiture n’est pas une Audi déguisée.

Certes,” dit-il, “nous partageons la même plateforme et bénéficions des connaissances d’Audi pour le train propulseur mais nous avons nos propres ingénieurs ; et notre partenariat avec Dallara pour l’aéro, le châssis et la suspension nous donne notre indépendance par rapport à la R8. Nous avons la pleine implication de Lamborghini Squadra Corse et voulons gagner en tant que Lamborghini.”

En guise de conclusion, Sanna confirme que l’ambition n’est pas d’avoir une équipe d’usine.

Ce que nous voulons à l’avenir, ce sont des équipes clientes,” dit-il. “De bonnes équipes sur nos marchés les plus porteurs. Nous sommes déjà en discussion et fournirons des voitures en septembre de cette année.”

Tel est notre objectif, afin de gagner et de vendre plus de voitures. C’est simple!”

A propos de cet article
Séries Blancpain Endurance
Type d'article Analyse
Tags blancpain, lamborghini, sanna