Pneus trop fragiles pour le Dakar ? BF Goodrich s'en défend

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Pneus trop fragiles pour le Dakar ? BF Goodrich s'en défend
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Co-auteur: Sergio Lillo
11 janv. 2020 à 10:00

Pour plusieurs équipes utilisant des 4x4, il est incompréhensible que le produit pneumatique proposé par le manufacturier BF Goodrich n'ait pas été adapté aux conditions de terrain rencontrées en Arabie saoudite et soit arrivé inchangé depuis l'édition 2019 du Dakar, disputée au Pérou.

Luc Fayolle, responsable produit et services pour BF Goodrich sur le Dakar, a été interrogé par Motorsport.com sur ce sujet sensible, après la mise en cause de la qualité des produits de la marque par l'équipe d'usine Toyota, jugés inadaptés à un terrain rocailleux.

"Ils ont été améliorés année après année afin de réduire les risques", défend-il au sujet des pneumatiques employés. "Nous ne cessons de les développer et la compétition fait partie de notre ADN. Venir en Arabie saoudite représente un grand défi, car nous n'y avons jamais fait de compétition. Nous ne savions pas exactement quel type de terrain nous allions rencontrer et c'est assez varié. Il s'agit d'un terrain varié, pas juste du sable avec de grands déserts de dunes comme l'on peut l'imaginer."

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Alors que la sixième journées de course, disputée vendredi, commençait à faire la part belle aux franchissements de dunes et portions désertiques sablonneuses, les premières étapes affichaient une typologie de terrain bien différente, très rocailleuse.

Les buggies et les voitures 4x4 négocient le terrain différemment

"Dès le départ, nous avons eu des pistes très agressives, avec de nombreuses roches et des pierres acérées qui sont très mauvaises pour les pneus", décrit-il de manière fort compréhensible. Néanmoins, la frustration du clan Toyota provient bel et bien du fait que MINI, avec son dispositif différent, souffre bien moins de ce genre de problèmes.

"Nous avons eu plusieurs crevaisons avec différentes équipes, particulièrement sur les pneus 16 pouces en raison du type de pilotage des 4x4 par opposition à celui des buggies", justifie Fayolle, qui estime la comparaison directe entre les pneus injuste du fait que les packages techniques employés par Toyota et MINI sont mécaniquement très différents.

Dans les années passées, afin de contrer un problème rencontré lorsque le Dakar roulait au Pérou, BF Goodrich avait tenté d'améliorer la jante d'un arceau métallique permettant de mieux fixer le pneumatique à la roue : les équipes étaient contraintes de se lancer en piste avec des pressions pneumatiques très basses pour disposer de traction dans le sable. Mais aucune modification n'a été apportée pour l'édition 2020, où le terrain est très différent en Arabie saoudite.

"Sur la première étape, Nasser [Al-Attiyah] utilisait l'option tendre qui n'était pas la meilleure", éclaircit Fayolle. "Sur la seconde étape, ils sont passés au medium et ont encore eu des crevaisons. Ils ont utilisé la version 16 pouces, qui semblait disposer de plus de risques de crevaison en raison du type d'auto [4x4]. Cela a fait qu'il y a eu quatre crevaisons [à chaque fois] sur plusieurs étapes. Il semble qu'il y ait plus de risques de crevaisons selon les types d'autos et la manière dont elles sont pilotées. Les buggies peuvent aller directement sur les roches au lieu de les franchir de part en part. Nous analysons cela sérieusement, mais cela semble aussi conditionné par la manière d'amener les voitures à la limite dans des zones rocailleuses exposant autant les pneus."

Un vrai problème pour Toyota, qui embarque trois roues de secours par étape. Mais l'équipe n'est pas la seule à se plaindre. Plusieurs teams consultés par Motorsport.com ont clairement indiqué estimer que la responsabilité des crevaisons récurrentes revenait au manufacturier pneumatique en raison du design adopté, qui se concentre sur les caractéristiques rencontrées au Pérou. Sans données disponibles sur le terrain de l'Arabie saoudite, c'est avec des pneus similaires qu'est venu BF Goodrich sur cette édition 2020 au Moyen-Orient. Les flancs, pensés pour le sable, "ne sont pas assez résistants" pour les terrains rocailleux rencontrés sur les cinq premières étapes, estiment-ils.

Fort heureusement pour le manufacturier, l'étape menant à Riyad, longue de 830 km (dont 477 chronométrés) de ce vendredi a permis de basculer dans le sable pour un nouveau type de course. De quoi, espèrent toutes les parties concernées, souffler et pouvoir se concentrer sur le pilotage et la navigation.

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Auteur Guillaume Navarro