Julien Canal : "Chaque week-end, il faut que je me surpasse"

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22 sept. 2016 à 13:30

Pilote silver en ELMS, le Champion du monde LMP2 en titre, Julien Canal, connaît une saison compliquée avec la Ligier du Greaves Motorsport. Le Manceau garde espoir de remonter sur le podium, et pourquoi pas à Spa ?

À 34 ans, le Manceau vit une troisième saison difficile en LMP2. Engagé en ELMS avec Nathanaël Berthon et Memo Rojas, le Champion du monde LMP2 n'a, pour l'instant, pas connu les joies du podium.

Découvrez le parcours de Julien Canal en vidéo

Engagé sur la Ligier du Greaves Motorsport en ELMS, comment ça se passe pour vous cette saison ?

C'est compliqué. On a relevé le niveau au Paul-Ricard, fin août. On fait 3e en qualifs, et quasiment assurés de la 3e place en course. Malheureusement, un problème d'écrou vissé de travers nous coûte une trentaine de secondes. Niveau performance, on est un peu bas. Je pense que l'écurie Greaves est en train de travailler. Ils découvrent la Ligier, et quand on a une nouvelle voiture, la première saison, ce n'est pas facile d'arriver au bout dès le début. J'ai beaucoup roulé avec la Ligier, j'ai essayé d'apporter des solutions techniques. Maintenant, je n'ai pas le niveau d'un ingénieur, je ne peux trouver toutes les solutions.

La concurrence semble avoir bien évolué aussi cette saison. Est-ce le cas ?

Je pense qu'ORECA a passé un cap cet année. La voiture avait un déficit de grip sur le train avant, l'an dernier. Pour la Ligier, c'était un plus pour nous. Les équipes ORECA ont, depuis, trouvé la parade. Et c'est la Ligier qui, finalement, se retrouve en difficulté. Et quand, comme Greaves, on découvre la voiture, ça complique les choses.

N'est-ce pas frustrant de ne plus se battre aux avant-postes ?

Je prends du recul par rapport à tout ça. Avoir gagné avant, ça permet de prendre du recul, et d'être plus patient. Je pense que cette année, je vais plus vite que l'année dernière. Chaque week-end, il faut que je me surpasse. J'estime avoir augmenté mon niveau de pilotage, et mon implication dans le développement de la voiture. Avec l'âge aussi, je suis plus patient, mais c'est assez difficile, quand on a fait de belles saisons en LMP2 en 2014 et 2015, de se déplacer sur un week-end et de voir que le podium n'est pas là. L'an dernier, on faisait des victoires, des pole positions en WEC. C'est compliqué de prendre son mal en patience.

C'est votre première saison au sein d'une équipe britannique, comment cela se passe-t-il ?

Déjà, ça m'a fait progresser en anglais ! Je parle mieux anglais ! Mais au début, ça fait très bizarre, un peu rentrée des classes. Se retrouver pas très loin de son team de l'année d'avant, qu'avec des Anglais... Forcément, il y a une petite barrière du langage, avec certains termes techniques un peu compliqués. Déjà, quand tu parles anglais avec quelqu'un, ce n'est jamais facile, alors parler dans le casque, à 300 à l'heure avec des anglais avec des accents, il y a des petits moments de solitude. Ma chance, c'est que mon ingénieur parle quelques mots en français, donc quand ça devient trop dur, il m'aide un peu sur les débriefs.

Avec Greaves, c'est aussi la première fois que vous changez d'équipier en cours de saison.

C'est en effet une première pour moi. En général, je fais en sorte de ne pas m'engager dans un programme bancal. Ce n'est pas une bonne option de partir là-dessus. Kuba Giermaziak est un pilote discret mais rapide. J'ai beaucoup aimé ce pilote-là. Un garçon vraiment sympa et qui s'est adapté très vite. Il a fait de belles choses face au chrono, et en course. On aurait pu faire de belles choses avec lui. Maintenant, c'est une histoire de sponsoring qui l'a repoussé des circuits. Ça peut arriver, et lui n'a pas pu continuer.

Nathanaël Berthon est ensuite arrivé dans l'équipe, juste avant Le Mans. Comment s'est passé son adaptation ?

J'ai appris à le connaître au Mans. Il lui est arrivé un gros coup dur. Perdre son volant à deux semaines du Mans, on ne pas connaître pire que ça. Changer d'équipier avant Le Mans, ce n'est pas ce que je préfère faire. Il a fait du bon boulot, il a démarré tranquillement. Sans prétention, il n'a pas voulu trop en faire. C'est quelqu'un de bien. J'ai rencontré une belle personne.

 

#41 Greaves Motorsport Ligier JSP2 Nissan: Julien Canal

Quel bilan portez-vous sur votre édition du Mans ?

On fait sixième au Mans, et meilleure Ligier. Au niveau du temps au tour, on n'était pas là. Et face aux bonnes Ligier, on n'était pas dans le rythme. Maintenant, quand on regarde le travail des pilotes, des mécaniciens, on a fait un top boulot. Pas une erreur, pas une sortie de piste. Cette sixième place était clairement méritée.

La stabilité vous a-t-elle permis de faire bouger les choses ?

On a pris les choses en main avec les gars. Avec Nathanaël Berthon et Memo Rojas, on a provoqué des réunions avec l'équipe, pour parler du set up, des ingénieurs, de ce qu'on pouvait faire avec la voiture... On a ainsi mis en place des journées d’entraînements additionnelles. Ce qui nous permet de travailler sur la voiture en dehors des séances d'essais de course, où on peut manquer de roulage. Sur certaines courses, on peut n'avoir fait qu'une vingtaine de tours avant la course. On a fait une session avant le Paul-Ricard et ça a payé. Je pense qu'avec ces séances, on peut aller chercher le podium.

À Spa, le podium vous semble-t-il jouable ?

Oui, je pense qu'on a les moyens de faire des podiums sur les deux dernières courses. On a pu se battre déjà cette saison, on a manqué de chance.

Quels sont vos espoirs pour la prochaine saison ?

J'aimerais rester en LMP2. L'ELMS me plaît bien en termes de format. Il y a moins de courses, ce qui est plus simple par rapport à mon travail. L'idéal, ce serait de retrouver une équipe en LMP2, en WEC, et qui se bat pour la victoire. À 34 ans, je me dis que j'ai le temps avant de retourner en GT. Mais j'aimerais vraiment me battre de nouveau pour la victoire.

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Séries ELMS
Pilotes Julien Canal , Nathanaël Berthon , Memo Rojas
Équipes Greaves Motorsport
Auteur Guillaume Nédélec
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