24 Heures du Mans : Toyota frôle la zen attitude

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J.M.L., Le Mans - Mercredi soir, on avait quitté Stéphane Sarrazin un peu groggy du coup reçu sur la tête lorsque le moteur de sa TS040 Hybrid cessa de fonctionner juste avant d'aborder la chicane Dunlop après la ligne droite des stands. Il fallut un peu de ruse de siou pour savoir que vraisemblablement c'était la défaillance d'une pompe à huile qui avait causé quelques nuisances. Toujours est-il que c'est sur ce couac que l'usine nippone terminait la première séance. Pas de quoi s'affoler sans doute pour le staff japonais mais les performances des deux Porsche avaient elles aussi donné quelques raisons de ne pas se sentir pleinement satisfait.

Curieusement une fois la nuit passée, elle porta sans doute conseil, Pascal Vasselon et l'entourage technique des bleus-blancs-rouges avaient retrouvé le sourire qui ne les quitte pas depuis le début de cette semaine mancelle. C'est sans doute Stéphane Sarrazin qui résumait le mieux l'ambiance régnant autour des deux TS040. ''Tout est beaucoup mieux au fil des courses et des victoires. On a senti une véritable cohésion d'équipe naître depuis le début de saison. Ce n'est pas vraiment la confiance qui règne. Je dirai plutôt la sérénité. Oui, c'est ça la sérénité. Parce que la confiance au Mans, elle n'est pas toujours bonne conseillère.'' Pour qui connaît bien l'homme d'Alès, ce n'est pas le genre à fanfaronner. D'un naturel calme et pondéré, Stéphane commence a avoir un peu de bouteille et sent bien quand les vents se mettent au beau dans une équipe. ''A part ce petit problème d'huile, tout a été top pendant ces séances.''

Pour Pascal Vasselon, pas question d'en dire plus sur ce qui arrêta l'une de ses voitures. Les patrons techniques ont souvent des pudeurs de demoiselles lorsqu'il s'agit d'évoquer un pépin. En fait, au lendemain de cette panne, c'est tout bonnement de casse moteur dont parlait le paddock mais à ce petit jeu, il est souvent désormais impossible de démêler le vrai du faux. Mais juste avant d'envoyer ses deux autos sur le tarmac, il se risquait quand même à quelques confidences sur ce qui allait présider aux données tactiques de la courses. ''C'est fini le temps où on pouvait envoyer une voiture devant et en garder une en réserve. Désormais, c'est un sprint du début à la fin de la course, pas question alors de livrer à des stratégies d'attente.'' Alors, quand Nakajima imposa sa voiture tout en haut de la hiérarchie, tout le monde chez Toyota put souffler un peu. Une partie des objectifs des essais avaient été atteints, avec en plus la première pole position d'un Japonais au Mans dans l'histoire.

Restait quand même à regarder de près les simulations des ravitaillements et surtout au rythme possible d'utilisation des pneumatiques. A ce drôle de jeu, les Toyota boys semblent avoir un petit désavantage sur Audi puisque il semblerait bien que les Lapierre et consorts ne puissent jamais tripler les relais alors que leur rival aux Anneaux semble en mesure de davantage utiliser les trains de pneumatiques durant la nuit mancelle. Du côté d'Ingolstadt, on sait qu'il y a là avantage à creuser. D'autant que chez Porsche non plus, à cause de l'appui moindre, on use aussi beaucoup de gomme. Alors, décidément il faudrait vraiment être fou pour oser un quelconque pronostic. Même si une grande quiétude s'est installée de nouveau dans le clan Toyota.

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Séries Endurance
Pilotes Stéphane Sarrazin
Type d'article Actualités