Le Mans - Seul privé en LMP1, Rebellion guette les faux-pas

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B.D., Le Mans - Cette semaine au Mans, le Rebellion Racing se sent seul. Unique privé engagé en LMP1, le team suisse sait qu’il ne pourra pas aller chercher les trois gros constructeurs à la régulière. Et il ne pourra pas non plus tirer le parti d’une lutte dans sa catégorie LMP1-L puisque aucune autre équipe n’y figure après le forfait de Lotus.

Une situation paradoxale pour une équipe qui n’a cessé de grandir ces cinq dernières années,

jusqu’à franchir le pas de la conception de son propre proto en partenariat avec Oreca

. Aujourd’hui, la R-One est en piste au Mans et nul doute que c’est une voiture réussie, mais sans concurrent à qui se mesurer.

« L’équipe est dans une autre dimension, mais elle se trouve aussi dans une situation où elle est seule », explique Nicolas Prost à ToileF1. « On a trois constructeurs, plus personne à courir en privé, et c’est la seule voiture à courir sous cette réglementation. C’est très compliqué car il n’y a aucune autre voiture référence. Il y a eu beaucoup de courage de la part de Rebellion pour s’engager dans cette voie, mais aujourd’hui on est dans une situation quand même un peu compliquée. »

Le Français partagera le volant de la n°12 avec Nick Heidfeld et Mathias Beche au Mans, mais il reconnait une certaine frustration à se battre uniquement contre la deuxième R-One, de l’autre côté du garage. « C’est assez embêtant, d’autant que j’ai connu de très belles années du LMP1 privé », se souvient-il. « On attend que quelque chose se fasse : soit de pouvoir se mêler à la bagarre devant, soit de voir de nouveaux concurrents privés arriver. Aujourd’hui, se battre une voiture contre l’autre, ce n’est pas une situation facile. La lutte fratricide a ses limites »

L’équation à quatre inconnues

Ce petit quelque chose est venu en début de semaine, avec un nouvel ajustement réglementaire orchestré par l’ACO. La R-One gagne 40 kg, sera autorisée à utiliser un débit de carburant illimité, et la capacité de son réservoir est augmentée. « L’ACO a fait un geste dans le bon sens, mais il ne faut pas rêver, ça ne nous ramènera pas dans le match », tempère Prost, donc les temps se trouvaient à 8 secondes des Toyota lors de la Journée Test.

« L’équivalence était déjà compliquée avec essence et diesel, mais aujourd’hui on a une équation à quatre inconnues : on a essence, diesel et on ajoute la notion de l’hybride et celle des quatre roues motrices. C’est devenu une vraie arme sans gros défaut », explique-t-il. Une hybridation à la fois décisive et réservée à l’élite des sports prototypes. « L’hybride est complètement inaccessible financièrement pour des équipes privés. Les coûts sont exorbitants. Le LMP1 privé ne doit pas aller vers l’hybride. Ce ne serait pas sérieux. »

Dans ces conditions, la manière d’aborder la course est « simple » pour les Rebellion. Il faudra d’abord emmener la R-One, voiture encore très jeune, jusqu’au drapeau à damier. Puis espérer… « Comme en 2011 et 2012 on va essayer de faire une course très solide et d’attendre les erreurs devant. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus intéressant, mais aujourd’hui c’est la meilleure stratégie qu’on peut adopter », confie Prost. « En performance pure on ne pourra pas rivaliser. Il faut faire une course parfaite, puis essayer de profiter des erreurs. »

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Séries Endurance
Pilotes Nick Heidfeld , Nicolas Prost , Mathias Beche
Type d'article Actualités