WEC - Le pneu hybride de Michelin, le roi de Silverstone

Silverstone - 5,9 km de long pour 18 virages, une météo changeante et une stratégie pneumatique compliquée ont été les composants d'une équation difficile à résoudre pour les équipes engagées en championnat du monde d'Endurance

Silverstone - 5,9 km de long pour 18 virages, une météo changeante et une stratégie pneumatique compliquée ont été les composants d'une équation difficile à résoudre pour les équipes engagées en championnat du monde d'Endurance. Michelin en a profité pour faire valoir les compétences de son pneu hybride qui, il est vrai, a démontré des performances intéressantes alors que les conditions de piste étaient mitigées.

La catégorie LMP1 autorise toujours l'utilisation de pneus confidentiels. C'est à dire que les manufacturiers engagés ont le droit d'y tester des technologies d'avenir, sans aucun risque d’espionnage industriel, les pneus n'étant pas vendus mais plutôt « loués », ici par Michelin à Toyota, Audi ou Porsche dans un contrat global d'utilisation, avant d'être récupérés par les techniciens du manufacturier après chaque course.

Et c'est ainsi qu'est apparu l'an dernier un bien curieux modèle de pneu (il avait été testé une première fois à Spa en 2012, mais a fait ses premiers débuts à Silverstone il y a tout juste un an, avant une communication plus officielle aux 24 Heures du Mans 2013).

D'apparence, ce pneu est entièrement lisse : comme un slick. Sa particularité est d'offrir un fonctionnement optimisé que le sol soit sec ou humide (pas détrempé, là où les pneus pluie sont nécessaires pour assurer l'évacuation de l'eau), et d'offrir des performances élevées sur sol séchant, comme nous avons pu le voir à l'occasion des 6 Heures de Silverstone où, après une averse modérée d'une vingtaine de minutes, la Toyota de Wurz/Sarrazin/Nakajima tournait cinq secondes plus vite que celle de Davidson/Lapierre/Buemi passée en pneus pluie, laquelle tournait déjà quinze secondes plus vite que l'Audi de Di Grassi/Duval/Kristensen restée en slicks (alors que l'autre Audi était sortie de la piste...) pendant et après l'averse !

Les matériaux, mais pas seulement

Il semble évident que Michelin a trouvé une recette miracle. Car en théorie il n'est possible qu'un pneu sans rainures offre une adhérence correcte sur sol humide selon les exigences de la compétition, alors que sa bande de roulement ne lui permet pas d'évacuer l'eau sur laquelle il évolue. C'est ici une limite technique que personne ne sait à l'heure actuelle repousser, et c'est aussi pourquoi Michelin indique que ce pneu hybride n'est utilisable que sur piste humide et non détrempée. Mais les faits sont là, et la différence de performance avec un pneu pluie, forcément moins rigide avec une empreinte au sol découpée, sont importantes.

Et si la recette de gomme, restée secrète, est l'un des points clés quant à l'explication des propriétés de ce nouveau produit, Michelin a laissé sous-entendre que des nouvelles technologies étant en test sur la structure même du pneu, la déformation et la montée en température de l'ensemble de la structure étant capitales dans ce cas précis.

Dans la mesure où les résultats des tests menés par Michelin sont bons, et que la confirmation de la faisabilité de la transmission de ces technologies de la piste à la route est avérée, le pneu de la voiture de Monsieur Tout-le-monde pourrait lui aussi bientôt bénéficier de ces trouvailles. Dans deux à ans, selon le service Recherche et Développement du manufacturier.

C'est aussi en cela que la compétition automobile reste à nos yeux nécessaire et capitale, car elle reste d'une part une possibilité d'exposition, mais aussi de test, de l'ensemble des innovations, mais elle permet aussi d'accélérer les étapes de validation de développement des technologies retenues, pour le bénéfice du particulier.

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Séries Endurance
Type d'article Actualités