Van Amersfoort : La fusion du GP3 avec la F3 Europe serait "logique"

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Van Amersfoort : La fusion du GP3 avec la F3 Europe serait
David Gruz
Par : David Gruz
22 avr. 2017 à 15:45

Le GP2 Series étant devenu la Formule 2 pour la saison 2017, il semble que l'échelle de la FIA de la Formule 4 à la Formule 1 soit désormais complète. Pourtant, il reste des zones d'ombre à éclaircir.

À commencer par la présence du GP3 Series, qui était l'antichambre du GP2 depuis 2010. Malgré des monoplaces que l'on pourrait qualifier de complémentaires (400 ch et peu d'appui pour la Dallara GP3/16, 240 ch et beaucoup d'appui pour la Dallara F312), le GP3 et la F3 Europe tiennent un rôle similaire dans la hiérarchie des formules de promotion et peinent cette saison à remplir leurs grilles, avec 19 monoplaces de chaque côté.

Nous révélions le mois dernier que les deux championnats pourraient fusionner en 2019 – les contrats actuels du GP3, notamment avec la Formule 1, expirent fin 2018. En effet, l'apparition d'une série appelée GP3 en week-end de Grand Prix, aux côtés de la F1 et de la F2, paraît désormais incongrue.

Motorsport.com s'est justement entretenu en exclusivité avec l'un des principaux intéressés, Frits van Amersfoort, directeur de l'écurie éponyme en F3 Europe. Van Amersfoort accueille l'idée de la fusion avec bienveillance.

"Pas besoin d'être sorcier pour voir qu'il n'y a pas assez de place en Europe pour deux catégories qui se ressemblent", commente le Néerlandais. "J'imagine que si le GP2 devient la F2, ce serait assez logique que l'objectif suivant soit de faire fusionner le GP3 et la F3."

"Je ne peux pas en dire davantage, c'est entre les mains de la FIA et des promoteurs, et il faut juste attendre de voir ce qui va se passer. Nous sommes très enthousiastes à l'idée d'un système où il y a la Formule 1, la Formule 2 et la Formule 3, et je pense que tous ceux qui ont le sport automobile dans leur cœur accueillent ça avec bienveillance."

Une F3 récemment évoluée

Cependant, une question de taille se poserait : quelle monoplace utiliser en cas de fusion ? La dernière génération de GP3 est arrivée l'an dernier, tandis que la F3 dispose d'un nouveau kit aéro pour cette saison.

Tout en admettant que les équipes du championnat dont la monoplace ne serait pas choisie seraient désavantagées, Van Amersfoort et Oliver Oakes, directeur de l'équipe Hitech GP (F3 Europe), n'ont pas l'intention d'abandonner les voitures dans lesquelles ils viennent d'investir de l'argent.

"Je pense qu'il va y avoir une discussion intéressante entre les équipes de F3", déclare Oakes pour Motorsport.com. "Nous avons dépensé beaucoup d'argent pour avoir un nouveau kit aéro cette saison, donc je n'imagine personne vouloir débourser de l'argent pour une nouvelle voiture. Au final, c'est aux organisateurs de nous forcer. La voiture de F3 conviendra toujours. Ce n'est pas à moi de décider, c'est aux instances dirigeantes, pour le comportement souhaité de la voiture."

Frits van Amersfoort ajoute : "Cette année, nous avons encore investi beaucoup d'argent dans les voitures, donc c'est un peu compliqué de changer le système entier si vite."

David Beckmann, Van Amersfoort Racing, Dallara F317 - Mercedes-Benz

Mélanger les calendriers ?

Parmi les quatre formules de promotion majeures, deux évoluent aux côtés de la Formule 1 (F2 et GP3), deux autres en dehors (Formule V8 3.5 et F3 Europe), chaque solution ayant des avantages et des inconvénients.

Les bénéfices apportés par les week-ends de Grand Prix sont évidents, mais ont pour conséquence un temps de piste moindre. Par exemple, en GP3, un concurrent ne participe qu'à huit séances qualificatives et 16 courses, alors que les pilotes de F3 Europe peuvent se targuer de rouler dans 20 séances qualificatives pour un total de 30 courses par saison.

La F3 Europe, si elle a propulsé quelques pilotes vers la Formule 1 – notamment Max Verstappen, Esteban Ocon et Lance Stroll –, a aussi servi de tremplin vers le DTM, les deux championnats s'associant régulièrement pour leurs meetings.

Le calendrier du championnat fusionné pourrait donc consister de manches provenant des deux séries. Van Amersfoort et Oakes soulignent en tout cas que perdre les liens avec le DTM serait un inconvénient, sans oublier les désavantages liés à la Formule 1.

"Je vais vous donner une réponse très politique : je pense vraiment que nous n'aimons pas forcément l'étroitesse du paddock de Formule 1, car elle empêche beaucoup de fans de voir les F3", estime Van Amersfoort. "Ma meilleure idée serait donc de mélanger les deux championnats."

"Bien sûr, cela fait longtemps que nous sommes mariés au DTM, chaque équipe est liée à une équipe de DTM, donc ce serait dommage d'évoluer hors du DTM, mais je comprends que certaines décisions doivent être prises. Je dis depuis longtemps que nous sommes favorables à tout ce qui peut rendre les formules de promotion européennes plus saines, et c'est ce dont nous avons besoin."

"Je pense que le seul problème lors d'un week-end de F1, c'est qu'il y a beaucoup de courses annexes", renchérit Oliver Oakes. "En F3, on a beaucoup plus de kilométrage en courant lors des week-ends DTM, donc il faut trouver cet équilibre. Les équipes en ont beaucoup discuté, je pense que le calendrier ultime devrait comprendre un peu des deux. Les liens avec les équipes de DTM sont un gros avantage pour les pilotes de F3, et il y a aussi l'avantage que les écuries de F1 voient les jeunes pilotes de F3 lors des week-ends de course."

"Je pense que ce serait dommage de perdre un circuit comme Pau au calendrier F3, c'est une grande course qui prépare les pilotes pour les circuits urbains, mais si nous avons l'opportunité d'aller sur de bons circuits avec la F1, c'est aussi un concept intéressant. Franchement, ça pourrait être le meilleur des deux mondes, mais il faudra voir ; cela dépend des big boss."

Propos recueillis par Dávid Grúz

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Séries F3 Europe
Équipes Van Amersfoort Racing , Hitech Racing
Auteur David Gruz