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Le 1000e GP du Championnat du monde de F1
Dossier

Le 1000e GP du Championnat du monde de F1

Le 300e GP : Peterson bat Depailler dans le dernier tour

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Le 300e GP : Peterson bat Depailler dans le dernier tour
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7 avr. 2019 à 07:00

À l'occasion du 1000e GP du Championnat du monde de F1, Motorsport.com vous fait revivre les épreuves aux nombres symboliques de l'Histoire de la discipline. Voici le récit du 300e Grand Prix, celui d'Afrique du Sud 1978.

Après les deux premières manches de la saison 1978, Mario Andretti figure en tête du championnat avec 12 unités. Le pilote américain a bien mis à profit la fin de vie, au sein de l'écurie officielle, de la Lotus 78, considérée comme la première F1 à exploiter le principe de l'effet de sol (avec la mise en place dans les pontons d'ailes inversées), en l'emportant lors de la manche d'ouverture en Argentine puis en signant la quatrième place au Brésil. Mais la 78 va encore devoir continuer sa carrière car la Lotus 79, monoplace qui permettra à Andretti de glaner son unique titre mondial à la fin de la saison, n'est pas encore prête.

Second du classement pilotes, Niki Lauda a lui la chance de bénéficier de la nouvelle Brabham BT46A et en tire parti pour signer la pole position sur la piste de Kyalami. Le tracé sud-africain de 4,104 km, qui accueille le grand cirque pour la 12e fois depuis 1967, est parcouru par le double Champion du monde autrichien en 1'14"65 lors des qualifications, soit deux dixièmes et demi de mieux qu'Andretti et une demi-seconde plus vite que James Hunt (McLaren). 

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Il est à noter qu'avant même les qualifications, la première séance d'essais libres a été annulée car la Commission Sportive Internationale (CSI), bras armé de la FIA dans le cadre des compétitions sportives, constate que les travaux demandés sur le circuit sud-africain n'ont pas été faits par les organisateurs, en proie à des problèmes financiers. Il faut alors procéder à la réparation et/ou l'installation en urgence de barrières avant de pouvoir débuter le roulage, ce qui pénalise principalement les petites écuries.

Guerre des pneus

Mario Andretti prend la tête au départ devant Jody Scheckter, Niki Lauda et James Hunt.

Mario Andretti prend la tête au départ devant Jody Scheckter, Niki Lauda et James Hunt.

Le dimanche, au départ, Lauda s'extirpe correctement de sa position. Mais le pilote Brabham manque son passage du premier au second rapport de boîte (en allant directement en quatrième !) et voit Andretti prendre les commandes au bout de quelques mètres. Sur la seconde ligne, la McLaren de Patrick Tambay reste coincée, à cause d'un embrayage qui a surchauffé. Andretti passé, Lauda doit défendre sur Hunt qui tente de s'infiltrer à l'intérieur au freinage du premier virage mais c'est Jody Scheckter sur sa Wolf qui les surprend en passant par l'extérieur pour s'emparer de la seconde position. La course du Champion du monde 1976 ne durera pas très longtemps puisqu'il abandonnera dès le cinquième tour, sur problème moteur.

La Lotus 78 frappée du numéro 5 s'échappe en tête mais au bout de 16 tours sur les 78 au programme, il doit ralentir. Son pneu avant gauche surchauffe et cloque. Les pneus, justement, sont un des grands thèmes de discussion de cette course : lors de la manche précédente, au Brésil, une seule écurie est équipée de gommes Michelin. Il s'agit de Ferrari qui l'emporte grâce à Carlos Reutemann, offrant ainsi sa première victoire au pneu radial développé par la marque française.

Goodyear, qui équipe toutes les autres écuries (sauf Renault qui fait son retour à Kyalami, avec Michelin), veut immédiatement répliquer et va apporter un total gargantuesque de 3000 pneus en Afrique du Sud. Surtout, la firme américaine offre à cinq écuries (Brabham, Tyrrell, Lotus, McLaren et Wolf) une multitude de choix de pneus alors que certaines autres structures doivent se contenter des "meilleurs des autres" et les moins bien loties de pneus standards. 

Riccardo Patrese devant Niki Lauda et Patrick Depailler

Riccardo Patrese devant Niki Lauda et Patrick Depailler

Le problème c'est qu'en course, les trois leaders que sont Andretti, Sheckter et Lauda sont équipés des gommes plus performantes mais doivent ralentir leur rythme pour espérer durer. Riccardo Patrese, qui est quatrième mais dont l'Arrows est équipée des "meilleurs des autres", en fait bon usage et revient sur le groupe, dépassant même Lauda au 19e passage. Au 21e tour, handicapé par ses pneus mais aussi un problème du système de pompage, Andretti voit Scheckter puis Patrese prendre l'avantage. 

Le show Patrese interrompu

Un autre homme profite de la situation pour revenir sur le groupe, c'est Patrick Depailler, au volant de la Tyrrell. Lauda et lui dépassent Andretti puis reviennent sur le duo de tête, où Patrese se fait très pressant sur Scheckter. L'Italien finit par passer au premier virage du 27e tour, propulsant Arrows en tête de son deuxième Grand Prix. Il ne va pas s'arrêter là et imposer un rythme que personne ne pourra suivre.

Derrière lui, Scheckter va progressivement perdre pied : rapidement dépassé par Depailler puis Lauda, il résiste un long moment à Andretti mais cède finalement. Au terme du 52e tour, il se retrouve même septième, passé par John Watson (Brabham) et Ronnie Peterson (Lotus). C'est alors que va débuter la valse des abandons.

Patrick Depailler derrière Mario Andretti et Niki Lauda, alors que Jody Scheckter et Riccardo Patrese se battent en tête

Patrick Depailler derrière Mario Andretti et Niki Lauda, alors que Jody Scheckter et Riccardo Patrese se battent en tête

Solidement accroché à sa troisième place, à une quinzaine de secondes du leader, Lauda voit son moteur Alfa Romeo exploser au 53e tour. Peu de temps après que Peterson a dépassé Watson pour le compte de la quatrième place, c'est au tour de Scheckter, alors sixième, de connaître un problème d'accélérateur qui l'envoie hors piste et hors course, dans la 60e boucle.

Patrese maintient son rythme, ce qui lui permet de compter une quinzaine de secondes d'avance sur Depailler, mais ménage sa mécanique en ne tirant pas trop sur son V8 Cosworth. Pourtant, dans la 64e des 78 boucles et sans signe avant-coureur, le moteur de l'Arrows explose. La désillusion est totale pour le pilote à qui l'exploit tendait les bras.

Depailler se retrouve alors en tête avec une quinzaine de tours à parcourir et une avance d'une dizaine de secondes sur son plus proche poursuivant, Andretti. Cependant, c'est sans compter sur une fuite d'huile au niveau de la boîte de vitesses ; la Tyrrell 008 laisse échapper de petits nuages de fumée derrière elle et surtout, elle commence à ralentir nettement. Peterson revenu sur Andretti mais restant sagement derrière comme son statut de numéro 2 lui impose, c'est le duo Lotus qui revient à grande enjambées sur le Français.

La victoire jouée dans les derniers virages

Ronnie Peterson au volant de la Lotus 78

Ronnie Peterson au volant de la Lotus 78

À quatre tours de l'arrivée, l'avance de Depailler est de quatre petites secondes, et il commence à rencontrer des problèmes d'injection. C'est alors Andretti qui doit à son tour ralentir : l'Américain est en panne d'essence et il faut qu'il repasse par les stands ! Peterson a la voie libre pour aller tenter sa chance et le Suédois fond sur la Tyrrell, qui a du mal à se défaire du trafic, une demi-seconde les séparant à la fin de l'avant-dernière boucle. 

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Le dernier tour est le théâtre d'une lutte âpre entre les deux hommes. Après avoir pris l'aspiration à la sortie de Crowthorne (bien aidé par Hector Rebaque qui gêne quelque peu le leader), Peterson tente d'attaquer Depailler dans Barbeque, se porte à ses côtés à la sortie, mais se retrouve à l'extérieur pour aborder le rapide virage suivant, Jukskei Sweep. Il doit céder mais tente à nouveau l'extérieur à l'entrée de Sunset, sans succès, puis se positionne encore à l'extérieur au moment d'aborder Clubhouse, dans une séquence où les deux pilotes sont quasiment en permanence l'un à côté de l'autre. Cette fois, profitant du placement pas idéal du Français, le Suédois croise sa trajectoire à mi-virage et se retrouve alors à l'intérieur pour le prochain enchaînement, les Esses. Le pilote Tyrrell tente bien de tasser légèrement la Lotus avant le freinage mais en vain, le sort de cette course est enfin joué.

Ronnie Peterson remporte le Grand Prix d'Afrique du Sud 1978 en ayant mené un tiers de tour ! Patrick Depailler ne s'incline que pour quatre petits dixièmes sur la ligne d'arrivée alors que Watson complète le podium. Quatrième, Alan Jones offre à l'écurie Williams ses tout premiers points en F1, alors que Jacques Laffite (Ligier) et Didier Pironi (sur l'autre Tyrrell) complètent le top 6. Septième, Andretti n'inscrit aucun point.

Patrick Depailler et Ronnie Peterson sur le podium après la course

Patrick Depailler et Ronnie Peterson sur le podium après la course

South Africa Grand Prix d'Afrique du Sud 1978

 
Pos Pilote Voiture/Moteur Tours Écart/Cause
1 Sweden Ronnie Peterson Lotus/Ford 78 1:42'15.767
2 France Patrick Depailler Tyrrell/Ford 78 0,466
3 United Kingdom John Watson Brabham/Alfa Romeo 78 4,442
4 Australia Alan Jones Williams/Ford 78 30,986
5 France Jacques Laffite Ligier/Matra 78 69,218
6 France Didier Pironi Tyrrell/Ford 77 1 tour
7 United States Mario Andretti Lotus/Ford 77 1 tour
8 France  Jean-Pierre Jarier ATS/Ford 77 1 tour
9 Germany Rolf Stommelen Arrows/Ford 77 1 tour
10 Mexico Hector Rebaque Lotus/Ford 77 1 tour
11 United States Brett Lunger McLaren/Ford 76 2 tours
12 Italy Vittorio Brambilla Surtees/Ford 76 2 tours
Ab Italy Riccardo Patrese Arrows/Ford 63 Moteur
Ab South Africa Jody Scheckter Wolf/Ford 59 Sortie de piste
Ab France Patrick Tambay McLaren/Ford 56 Accident
Ab Canada Gilles Villeneuve Ferrari 55 Fuite d'huile
Ab Argentina Carlos Reutemann Ferrari 55 Sortie de piste
Ab Austria Niki Lauda Brabham/Alfa Romeo 52 Moteur
Ab United Kingdom Rupert Keegan Surtees/Ford 52 Moteur
Ab Germany Jochen Mass ATS/Ford 43 Moteur
Ab Italy Arturo Merzario Merzario/Ford 39 Suspension
Ab France Jean-Pierre Jabouille Renault 38 Moteur
Ab Finland Keke Rosberg Theodore/Ford 15 Embrayage
Ab Brazil Emerson Fittipaldi Fittipaldi/Ford 9 Transmission
Ab United States Eddie Cheever Hesketh/Ford 8 Fuite d'huile
Ab United Kingdom James Hunt McLaren/Ford 5 Moteur

 

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Auteur Fabien Gaillard