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Alan Jones : "J’ai déjà été payé pour ne pas courir !"

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Alan Jones : "J’ai déjà été payé pour ne pas courir !"
Par :
13 août 2017 à 16:15

Dans un extrait de sa biographie à paraître, l’ancien Champion du monde de Formule 1, Alan Jones, fait une révélation étonnante au sujet d’un moment de sa carrière.

Alan Jones
Alan Jones
Alan Jones
Alan Jones, Arrows-Cosworth A6
Alan Jones, Arrows-Cosworth A6
Alan Jones, Lola THL1
Alan Jones, Lola THL1-Hart, sur la grille de départ avec Ross Brawn, aérodynamicien en chef.
Alan Jones, Lola THL1
Alan Jones, Williams
Alan Jones, Williams

Né en Australie en 1946, Alan Jones a décroché le titre mondial de Formule 1 en 1980 aux commandes d’une Williams-Ford FW07B. Par la suite, démotivé, Jones a quitté la F1 en 1982 avant d’effectuer une courte pige pour Arrows en 1983 (trop gras, il avait beaucoup de mal à se glisser dans le cockpit étriqué de l'A6 !) et a ensuite tenté un retour à temps plein au sein de la nouvelle écurie américaine de Carl Haas au cours des saisons 1985 et 1986.

Voyons maintenant le contexte. Ce que raconte Jones dans son livre a eu lieu à l’occasion du Grand Prix d’Afrique du Sud de 1985. À cette époque, le pays était encore sous le joug de l’apartheid et était entraîné dans une douloureuse guerre civile et raciale. De nombreux gouvernements réclamaient l’annulation de la course. Les télévisions ne voulaient pas diffuser l’événement et de nombreux sponsors refusaient d'y être associés.

Le Grand Prix a finalement eu lieu, dans la controverse, car Jean-Marie Balestre, président tout-puissant de la FISA (la branche sportive de la FIA), affirmait haut et fort qu’il ne fallait pas mélanger sport et politique… La situation était très tendue.

Une menace sérieuse

Dans le paddock du circuit de Kyalami, les mécanos de l’écurie Haas préparent la Lola THL1 à moteur quatre cylindres turbo Hart de Jones. La voiture est peinte en rouge avec des parements bleus et blancs, les couleurs du géant américain de l’alimentation, Beatrice Foods, son sponsor principal.

Jesse Jackson [le célèbre pasteur baptiste américain et militant politique pour les droits civiques, ndlr] a déclaré que si une voiture aux couleurs de Beatrice disputait cette course en Afrique du Sud, il allait exiger que les milliers d’employés noirs de l’entreprise aux États-Unis se mettent en grève”, raconte Jones dans son livre, dont des extraits sont publiés sur le site australien news.com.au.

Jackson tenait le gros bout du bâton pour empêcher la Lola Beatrice de courir. Mais peu pensaient que Bernie Ecclestone allait quand même trouver une sortie de crise fort habile.

Ecclestone a demandé à Alan Jones de le rencontrer seul à seul vendredi soir après la seconde et dernière séance de qualifications (car la course était organisée le samedi). “Comment te sens-tu ?” demande Ecclestone à Jones en lui ouvrant la porte de sa chambre d’hôtel. “Pas mal”, répond l’Australien au caractère bourru. “Quelle sont tes chances de gagner la course demain ?” poursuit Ecclestone. “Eh bien, si je prends le départ tout de suite, je crois que j’aurai une petite chance”, de répondre Jones qui s’était qualifié au 18e rang sur 21.

Ecclestone lui dévoile alors son plan pour éviter que le logo de Beatrice soit vu dans les reportages à la télé et sur les photos des magazines. “Si tu déclares que tu es malade et que tu ne peux plus piloter, alors je te donnerai la même somme d'argent que celle accordée au vainqueur. Retourne chez toi en Australie”, confie Ecclestone au pilote.

Un cas de force majeure

Jones relate ce que lui a expliqué Ecclestone : “Si le pilote tombe malade et n'est plus en état de conduire, eh bien, la voiture Beatrice ne roulera pas en course. C’est un cas de force majeure. Et Jesse Jackson n’aura plus de cause à plaider et ne pourra pas affirmer avoir fait plier Beatrice. Et il ne pourra pas exiger que les employés fassent grève puisque la voiture ne disputera pas la course.”

Évidemment, ce plan devait demeurer secret. Ecclestone ordonna à Jones de ne rien dire à qui que ce soit, et d’attendre que tout le monde soit parti au circuit de Kyalami samedi matin pour quitter discrètement l’hôtel et prendre la direction de l’aéroport.

Jones a ensuite sauté dans le premier avion en direction de l’Australie. En même temps, l’équipe Haas avait préparé la voiture pour le warm-up, mais la direction s’est fait expliquer que Jones avait “attrapé un virus et avait dû quitter le pays”.

J’ai miraculeusement guéri de ce virus à temps pour disputer mon Grand Prix national deux semaines plus tard”, relate Jones.

La Lola Beatrice de l’écurie Haas n’a donc pas pris le départ de la course, remportée par Nigel Mansell sur Williams-Honda FW10 devant son coéquipier, Keke Rosberg, et Alain Prost sur McLaren-TAG Porsche MP4/2B.

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Événement Grand Prix d'Afrique du Sud
Lieu Kyalami
Pilotes Alan Jones
Auteur René Fagnan