Allemagne 1967 : Et le drapeau britannique tomba du podium

Théâtre de la seconde et dernière victoire de Denny Hulme lors de la saison de son premier titre, le Grand Prix d'Allemagne 1967 a vu la fin d'une longue série de podiums occupés par au moins un pilote du Royaume-Uni.

Allemagne 1967 : Et le drapeau britannique tomba du podium

Le Grand Prix d'Allemagne 1967 se tient sur le Nürburgring, et plus précisément sur la Nordschleife, à savoir la "boucle nord", qui est un circuit de 22,835 km de long. Sur le plan historique, il ne s'agit pas d'une épreuve particulièrement marquante : toutefois, les qualifications sont le théâtre d'un nouveau numéro de Jim Clark (Lotus) qui signe la pole position avec 9,4 secondes d'avance sur Denny Hulme (Brabham), le leader du championnat, et 11,1 sur Jackie Stewart (BRM).

Il s'agira de la quatrième et ultime pole de Clark sur le circuit allemand. Un record en F1 à l'époque, et même à l'heure actuelle puisque l'Écossais demeure toujours leader dans le domaine, devant Alberto Ascari, Juan Manuel Fangio, Jacky Ickx et Michael Schumacher (qui en comptent tous trois), toutes versions du circuit confondues.

En course, les choses démarrent bien pour Clark, qui mène les premiers tours mais sans toutefois imprimer un rythme particulièrement intense, de sorte que ses concurrents restent proches. En réalité, le Champion du monde 1963 et 1965 l'ignore mais il est victime d'une crevaison lente : il sent sa voiture instable et difficile à manier mais met cela sur le compte du réservoir plein d'essence. Il maintient le cap mais à la fin du troisième tour, il se rend bien compte qu'il y a un vrai problème car la Lotus est de plus en plus inconduisible.

Jim Clark maintient sa première place au départ du GP d'Allemagne 1967

Jim Clark maintient sa première place au départ du GP d'Allemagne 1967

Il sort une partie de son corps du cockpit pour tenter de comprendre d'où peut venir le souci. Le problème, c'est que rien ne permet de visuellement saisir que le pneu arrière droit, qui conserve sa forme, est simplement de moins en moins gonflé. Au quatrième tour, Clark se décide à renoncer face à des difficultés qui empirent : il se range sur le côté droit de la piste pour rallier tranquillement les stands où il abandonnera, et laisse Hulme et Dan Gurney le passer. Ce dernier en profite pour s'emparer des commandes.

L'Américain, soutenu par un fort contingent de supporters US, prendra vite ses aises par rapport à Hulme, à tel point que le Néo-Zélandais comprendra rapidement qu'il vaut mieux qu'il s'en tienne à son rythme plutôt que d'essayer de suivre celui imprimé par l'Eagle. Il peut se le permettre puisque son équipier et patron, Jack Brabham, figure à une lointaine troisième place.

Gurney portera son avance jusqu'à une cinquantaine de secondes sur Hulme. Toutefois, dans le 13e des 15 tours de course, alors que l'Eagle fonctionnait parfaitement et n'avait donné aucun signe de faiblesse, un joint universel d'arbre de transmission cède et une arrivée d'huile est sectionnée dans l'affaire. Hulme se retrouve largement en tête, loin devant un Brabham aux prises avec la Ferrari de Chris Amon. Finalement, Brabham faisant tout son possible pour fermer la porte à Amon, les trois hommes franchiront la ligne dans cet ordre, au terme d'une course ayant vu 13 abandons sur 25 partants.

Pour Hulme, qui devra jouer les taxis pour son patron après la course (photo en illustration), il s'agira de son second et dernier succès de l'année, suffisant toutefois pour aller décrocher son unique titre de Champion du monde de F1, avec quelques points d'avance sur... Jack Brabham.

Jim Clark à bord de sa Lotus 49

Jim Clark à bord de sa Lotus 49

Le plus étonnant c'est que ce podium, composé de trois pilotes venus d'Océanie (deux Kiwis et un Australien), met fin à une série particulièrement longue d'épreuves consécutives lors desquelles au moins un représentant du Royaume-Uni était présent sur la "boîte" : en effet, c'était le cas depuis quasiment cinq années, à quelques jours près, soit une série de 50 épreuves consécutives entre les GP de Grande-Bretagne 1962 et celui de Grande-Bretagne 1967.

Pour réussir pareille performance, dans une Formule 1 qui s'ouvrait petit à petit au monde mais demeurait fortement sous domination britannique, Jim Clark, John Surtees, Graham Hill, Peter Arundell, Bob Anderson, Jackie Stewart, Mike Spence et Mike Parkes ont tous contribué à maintenir ce qui reste à ce jour la plus longue série de présence sur le podium pour un pays, en nombre de Grands Prix.

La seconde a duré 40 courses au total, réparties sur un peu plus de deux années entre les GP de Hongrie 2000 et du Japon 2002, et concernait bien entendu l'Allemagne. Michael Schumacher, Ralf Schumacher, Heinz-Harald Frentzen et Nick Heidfeld en furent les artisans.

Royaume-Uni et Allemagne se partagent d'ailleurs les sept premières séries du genre dans l'Histoire de la discipline, seules l'Espagne et la France troublant leur hégémonie dans le top 10 : l'Espagne se retrouve huitième de ce "classement" avec une série de 15 podiums tous à mettre au crédit de Fernando Alonso entre les GP de Turquie 2005 et du Canada 2006 ; pour la France, dixième, ce sont 13 GP, entre Belgique 1981 et Brésil 1982, grâce à Jacques Laffite, Alain Prost et René Arnoux.

La série en cours la plus longue est à mettre au crédit... du Royaume-Uni, grâce à George Russell et Lewis Hamilton, qui ont hissé l'Union Jack sur les six derniers podiums en date.

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