Alpine veut une FIA vigilante sur les collaborations entre écuries

Pour le directeur exécutif d'Alpine, Marcin Budkowski, la FIA doit être "sur le coup" en matière de collaboration entre écuries en vue de 2022.

L'an passé, l'écurie Racing Point avant fait sensation lors des essais hivernaux en dévoilant une RP20 très grandement inspirée de la monoplace référence de la saison 2019, à savoir la Mercedes W10 qui avait permis à Lewis Hamilton et Mercedes de glaner leur sixième titre mondial. Une similitude d'autant plus troublante que, de façon légale, la marque allemande fournissait un certain nombre de pièces essentielles comme l'unité de puissance, la boîte de vitesses ou encore des suspensions à l'écurie de Silverstone.

La ressemblance entre les deux monoplaces a fait polémique, certaines structures rivales s'attaquant publiquement à cette façon de procéder avant de déposer une série de réclamations qui ont débouché sur une sanction (15 points en moins au classement constructeurs et 400'000 euros d'amende) en raison de la trop grande proximité des écopes de frein arrière avec celles de la W10.

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L'affaire a débouché sur des modifications réglementaires visant notamment à empêcher la copie de pièces à partir de photos et plus généralement la rétro-ingénierie. Surtout, la question de la collaboration entre écuries, même si elle n'a jamais été prouvée dans cet épisode, et notamment entre les motoristes et leurs clients, a été remise sur la table. Alors que les restrictions financières et techniques sont de plus en plus importantes en F1 et sont amenées à l'être plus encore à l'avenir, les enjeux d'une collaboration active entre différentes structures peuvent représenter des gains de performance énormes.

Au moment où se profile la révolution technique de 2022, Alpine s'inquiète de cette question. "Il est clair qu'à l'approche de 2022, avec un changement considérable de réglementation, une grande courbe de développement, beaucoup de performance à gagner sur ces voitures, une nouvelle réglementation vraiment inédite, les avantages que vous pouvez tirer de la collaboration, qu'elle soit légale ou non, sont énormes", a déclaré Marcin Budkowski.

"Et s'il y a une année où ce type de collaboration peut porter ses fruits, c'est bien cette saison, pour 2022. Donc clairement, s'il y a une campagne où nous nous attendons à ce que la FIA soit vraiment sur le coup, c'est cette année."

Lorsqu'on lui a demandé s'il craignait une répétition de la saga Racing Point ou s'il pensait que la FIA contrôlait désormais la situation, Budkowski a répondu que c'était une "question difficile" tout en admettant une certaine inquiétude. "Je ne sais pas ce qui se passe dans les usines des autres, et je ne sais pas quel niveau de surveillance la FIA exerce sur ce sujet."

"En tant qu'équipe indépendante, il est évident que nous ne sommes pas soupçonnés de partager quoi que ce soit avec nos concurrents, car cela irait à l'encontre de nos propres intérêts. La Formule 1 que nous aimerions tous voir à l'avenir, ce sont dix, onze, ou douze équipes qui se battent sans merci et qui ne sont là que pour leur propre succès sportif."

"Et à partir du moment où les équipes ont un intérêt commun à échanger des informations, c'est un problème, parce que ça ne devrait pas être le cas, vous ne devriez pas aider vos concurrents. Donc, il y a là un souci mais je ne peux pas dire à quel point, je ne vais pas accuser les gens parce qu'effectivement je ne sais pas. Et j'espère qu'il ne se passe rien."

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