Hors du coup à Monaco, Alpine accroche le top 10 malgré tout

Malgré un circuit de Monaco ne convenant pas aux Alpine A521 d'Esteban Ocon et Fernando Alonso, l'écurie française récolte deux points en Principauté et reste au contact de ses adversaires au classement général.

Hors du coup à Monaco, Alpine accroche le top 10 malgré tout

Qui aurait bien pu parier sur une arrivée d'Alpine dans les points au terme de la première journée d'essais du Grand Prix de Monaco ? Le jeudi, les monoplaces bleues du constructeur français naviguaient au fond du classement, tout juste devant les Williams et Haas. Pourtant, Esteban Ocon est parvenu à décrocher les deux points attribués à la neuvième place le dimanche, jour de la course.

Éliminé en Q2 la veille, le pilote tricolore a bénéficié de la malchance de Charles Leclerc, poleman, pour s'élancer depuis le top 10. Pour la quatrième fois de la saison, Ocon et Alpine augmentent leur total de points et restent au contact de leurs adversaires respectifs au classement général.

"Ça fait du bien de pouvoir marquer des points de manière constante, quatre fois de suite", s'est réjoui Ocon en conférence de presse. "C'est vraiment satisfaisant, surtout lors d'un week-end où la performance n'était pas au rendez-vous. Nous avons détecté quelques soucis sur la voiture en qualifications, ce qui nous a empêché de rentrer dans le top 10. Je pense que nous avons tout de même extrait le plus gros du potentiel. Nous avons pu dépasser Giovinazzi avec un arrêt bien exécuté, c'est super. Nous savons où étaient nos points faibles, j'espère que ça nous aidera pour le développement de la voiture."

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Bien qu'il ait pris le départ avec les gommes tendres, Ocon a été capable d'emmener son train aussi loin que possible dans la course pour être l'un des derniers pilotes de la grille à faire son arrêt au stand, au 38e tour. Coincé derrière l'Alfa Romeo d'Antonio Giovinazzi, neuvième, la stratégie d'overcut d'Alpine a payé puisque le pilote français a quitté la voie des stands en devançant d'une courte tête son rival transalpin.

La huitième place, détenue provisoirement par Lance Stroll, semblait être le prochain objectif d'Alpine, toutefois l'A521 frappée du numéro 31 a été victime de pépins techniques en fin de parcours, ce qui a grandement impacté son rythme et permis au pilote Aston Martin de s'arrêter sans perdre de position. Ocon ne s'est pas épanché sur les problèmes en question, mis à part qu'il s'agissait de "trois ou quatre problèmes au même moment".

"Le plan était de dépasser [Giovinazzi] au départ, ce que j'ai fait", a-t-il expliqué. "Malheureusement, il m'a eu juste après [rires]. Bien joué à lui. Ensuite, mes pneus étaient en meilleur état lorsqu'il s'est arrêté. J'avais beaucoup plus de rythme et nous avons réussi à le dépasser. Nous sommes ensuite passés sur le [pneu] medium et avons commencé à faire face à quelques problèmes que je ne vais pas détailler. Peut-être que vous en avez entendu parler, je ne sais pas."

"Donc, nous avons dû ralentir légèrement. J'ai un peu joué le rôle d'un escargot mais c'était suffisant pour garder [Giovinazzi] derrière. Dans le même temps, cela a permis à Lance de passer devant nous avec les pneus les plus durs. Donc on a gagné une place et on en a perdu une. Mais nous sommes quand même dans les points."

Alonso demande des pneus plus tendres pour les circuits urbains

Esteban Ocon l'a démontré en contenant Antonio Giovinazzi pendant une trentaine de tours en dépit de son problème technique, il est très difficile – pour ne pas dire impossible – de dépasser à Monaco. Fernando Alonso en a fait la douloureuse expérience à la suite d'une mauvaise séance qualificative. Le double Champion du monde a été éliminé dès la Q1, la première séance du samedi après-midi, et devait s'élancer de la 17e position sur la grille. Certes, le pilote espagnol a rallié l'arrivée treizième, soit un gain de quatre places, mais deux d'entre elles étaient dues aux abandons de Charles Leclerc et Valtteri Bottas.

"C'était difficile", a admis Alonso. "Comme nous l'avions anticipé après les qualifications, partir P17 à Monaco n'est pas idéal. Donc c'était une course longue et difficile. Mais en quelque sorte, je suis satisfait : on part P17, on finit P13. Je pense que nous avions un bon rythme, on a doublé deux voitures : une au départ, une au troisième virage. Je pense que les qualifications ont eu raison de notre course, malheureusement. Finir à quatre secondes de la neuvième place, en partant P17, c'était le maximum que nous pouvions espérer."

Parmi les zones d'amélioration d'Alpine, Alonso a évoqué un facteur clé : celui des pneumatiques. Depuis le début de la saison, le travail de mise en température des gommes Pirelli a été crucial pour de nombreux pilotes, permettant notamment à Valtteri Bottas de signer la pole position à Portimão après des qualifications décevantes à Imola.

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Ainsi, l'Espagnol a estimé qu'avec des pneus dans une meilleure fenêtre de fonctionnement, l'écurie tricolore aurait été capable de signer de meilleurs résultats en qualifications, et donc d'augmenter ses chances de franchir la ligne d'arrivée en conservant ces positions très avantageuses à Monaco.

"Je pense que les pneus sont le facteur principal dans ce genre de week-ends, surtout sur les circuits urbains", a-t-il poursuivi. "Vous devez 'activer' le pneu et piloter dans la parfaite fenêtre de température. Parce que les qualifications sont également cruciales pour la suite du week-end. Vous devez mettre cette énergie et cette chaleur dans les pneus. Je ne sais pas si nous aurons d'autres [scénarios identiques à] Monaco, parce que c'est un circuit très unique. Au Portugal et à Barcelone, nous étions en meilleure position. Donc, j'espère que nous reviendrons à ce niveau de performance lors des prochaines courses."

Peut-être que la solution réside dans un changement de règles. C'est un point soulevé par Alonso, qui estime que la stratégie très linéaire du Grand Prix de Monaco (un seul arrêt au stand et l'utilisation de la gomme la plus dure pour le second relais) n'a pas aidé à rendre la course plus palpitante. Des gommes plus tendres, spécialement conçues par Pirelli pour ce type de course, pourraient donc être les bienvenues.

"C'est probablement quelque chose que le sport doit étudier plus en profondeur pour ces circuits urbains. Peut-être faut-il avoir un pneu très spécifique, qui n'est disponible sur aucun autre circuit sauf sur ce genre de [circuits urbains]. Et puis, peut-être faut-il s'assurer que tout le monde n'utilise que ce pneu pendant la course sans avoir la possibilité de mettre les pneus durs, ou quelque chose comme ça, pour ne courir qu'avec les tendres. Peut-être que des règles spéciales sont nécessaires pour les courses spéciales, je n'en sais rien."

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