Alpine va donner la priorité à 2022 sans délaisser 2021

Si certaines écuries jettent leur dévolu sur le développement de la monoplace 2022 plus ou moins intégralement, Alpine n'aura pas une approche si extrême.

Alpine va donner la priorité à 2022 sans délaisser 2021

La répartition des ressources va jouer un rôle plus important que jamais en cette saison 2021 de Formule 1. Les budgets sont désormais limités à 145 M$ (à l'exception des salaires des pilotes notamment), les tests en soufflerie sont restreints, et une redoutable nouvelle réglementation technique arrive en 2022. Dans ce contexte, tout est question de compromis quand il s'agit de gérer les ressources financières comme humaines.

Lire aussi :

Certaines écuries ont une approche plus extrême que d'autres dans ce domaine ; on sait notamment que Haas ne va pas du tout développer sa monoplace 2021 afin de se concentrer sur celle de l'année prochaine. Alpine (ex-Renault), comme toutes les équipes du plateau certainement, va également donner la priorité au projet 2022, mais sans délaisser celui de 2021 pour autant, la saison à venir s'annonçant très disputée : l'an passé, avec les mêmes châssis en raison du gel, le Losange avait fini cinquième du championnat à seulement 21 points de la troisième place occupée par McLaren.

"Nous avons l'habitude de jongler entre différents programmes, habituellement deux", analyse l'ingénieur Marcin Budkowski, directeur exécutif d'Alpine F1 Team, précédemment passé par Prost, Ferrari, McLaren et la FIA. "La différence cette année est que les changements 2022 n'ont rien à envier à une révolution. Je vais fêter mes 20 ans en F1 en avril, et je n'ai jamais vu un tel bouleversement de la réglementation. La donne est complètement différente, et par conséquent, il est d'autant plus important de commencer tôt et de ne pas se tromper de concept initial."

Lire aussi :

"De plus, nous travaillons sur une architecture moteur complètement nouvelle [pour 2022], ce qui signifie que beaucoup d'efforts doivent être consacrés tôt à cette voiture. Cette année, c'est donc encore plus difficile car nous voulons développer cette voiture, nous voulons aborder ce championnat et nous battre pour de bonnes positions, notamment au classement général. En même temps, faire la transition tôt est important."

Esteban Ocon, Alpine F1 Team

Lorsqu'il est demandé à Budkowski si l'écurie Alpine est tournée vers 2022, la réponse n'est donc pas simple : "Oui et non. La réalité, c'est que nous sommes tous des compétiteurs dans ce sport. Nous allons commencer cette saison en se disant que nous voulons faire les meilleurs résultats possibles. Nous ne pouvons pas rentrer dans une année en nous disant 'de toute manière, je n'y pense pas, ce n'est que l'année prochaine'."

"Maintenant, nous avons de plus en plus de personnes cette année qui sont consacrées au projet de l'année prochaine, nous allons basculer de plus en plus de ressources. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas commencer le projet de l'année prochaine très tôt et très fort. Effectivement, il y aura un basculement des ressources. Mais nous sommes là pour obtenir le meilleur résultat possible cette année. Oui, 2022 est une opportunité, oui, notre priorité est sur 2022 plus que sur 2021, mais 2021 est là, et nous allons nous battre pour faire les meilleurs résultats possibles."

Il est logique qu'Alpine pense surtout au long terme : après tout, les sept petites équipes du plateau vont être nettement avantagées par le nouveau Règlement Financier par rapport à Mercedes, Ferrari et Red Bull, d'autant que le plafond budgétaire sera abaissé à 140 M$ en 2022 puis à 135 M$ en 2023.

"L'introduction du plafond budgétaire fait que nous avons tous les mêmes ressources", analyse Budkowski. "Maintenant, est-ce que le plafond a impacté le développement de la voiture 2021 ? Non, il commencera à avoir un impact à partir de 2022. Il ne faut pas négliger le fait que les plus grosses équipes – les top teams – ont eu beaucoup plus de ressources pendant beaucoup plus de temps. Elles ont pu construire avec ces ressources de meilleurs outils, de meilleurs instruments de test, un 'savoir-faire' qui ne va pas disparaître du jour au lendemain avec le plafond budgétaire."

"Le vrai effet du plafond budgétaire va mettre deux, trois, quatre ans à se voir complètement. Mais entre-temps, dès cette année, les grosses équipes vont devoir faire des sacrifices. Je pense que nous sommes bien placés parce que nous sommes assez proches du niveau du plafond budgétaire, et nous sommes donc assez peu impactés. Nous pouvons nous concentrer sur le développement de la voiture et de l'organisation plutôt que sur le plafond budgétaire, pour l'instant."

partages
commentaires
Pas de podiums pour les courses sprint en F1 ?

Article précédent

Pas de podiums pour les courses sprint en F1 ?

Article suivant

Ferrari : Les dépenses "terrifiantes" de la F1 ne sont pas justifiées

Ferrari : Les dépenses "terrifiantes" de la F1 ne sont pas justifiées
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries Formule 1
Équipes Alpine
Auteur Benjamin Vinel