Benetton 1994 - Les deux facettes de Schumacher

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Benetton 1994 - Les deux facettes de Schumacher
17 août 2014 à 16:00

Depuis ses débuts flamboyants au Grand Prix de Belgique 1991, il était clair que Michael Schumacher avait du talent

Depuis ses débuts flamboyants au Grand Prix de Belgique 1991, il était clair que Michael Schumacher avait du talent. Dès ses deux premières saisons complètes, le pilote Benetton a joué les trouble-fêtes, montant sur le podium une fois sur deux malgré la domination écrasante des Williams et la concurrence des McLaren.

C'est en 1994 que Schumacher s'est définitivement révélé, pilotant pour la première fois une monoplace capable de le mener au titre mondial, la Benetton B194. Outre la domination écrasante qu'il a infligée à ses coéquipiers, cette saison a également été le théâtre de performances singulières de la part du jeune Allemand, vainqueur à huit reprises cette année-là. À commencer par sa deuxième place du Grand Prix d'Espagne, à laquelle il s'est accroché malgré une boîte de vitesses coincée en cinquième.

"Bien sûr, il a un peu ralenti", se remémore Pat Symonds, alors ingénieur de course du futur septuple champion du monde, pour Autosport. "Mais après deux tours, nous nous disions : 'Mais qu'est-ce qui se passe ?' C'étaient les débuts de la télémétrie en temps réel ; les données nous indiquaient qu'il était constamment en cinquième, mais les temps en tour semblaient montrer le contraire".

"Après la course, il nous a dit y avoir réfléchi et a mentionné son époque Mercedes [en voitures de sport]. Michael avait beaucoup appris quant à l'utilisation de vitesses longues, et il s'est tout simplement adapté extrêmement rapidement à cette situation".



Malheureusement pour Schumacher, l'année 1994 a également été entachée par diverses polémiques. La première fut la suspicion d'un antipatinage secret sur la B194, le système étant interdit depuis le début de cette saison-là. Ayrton Senna avait exprimé ses doutes à ce sujet dès le début de l'année. Cependant, Symonds est convaincu qu'il n'était pas possible de cacher un tel système à l'Allemand et qu'il n'aurait jamais accepté de passer outre le règlement.

"Si quelqu'un avait vraiment voulu être fourbe, il était possible de me le cacher, mais il n'était pas possible de le cacher à Michael", affirme-il. "Il aurait fallu qu'il soit impliqué, et je ne pense pas qu'il l'aurait été. Il a bel et bien commis des actes anti-sportifs, mais il les a toujours commis dans le feu de l'action. Quand il fallait prendre des décisions instantanées, il ne faisait pas toujours le bon choix".

"Mais je ne pense pas qu'il ait jamais prémédité un mauvais acte. C'est pourquoi je ne pense pas qu'il aurait été d'accord avec quoi que ce soit comme l'aide au départ, et il aurait vraiment dû être au courant".

Le championnat s'est finalement décidé au 36e tour du Grand Prix d'Australie, lorsque Schumacher et Hill se sont accrochés, contraignant les deux hommes à l'abandon alors que le Britannique se serait probablement octroyé le titre en cas de dépassement sans accroc. De nombreux observateurs ont accusé le pilote Benetton d'avoir provoqué l'accrochage de façon parfaitement volontaire, une théorie à laquelle Symonds n'adhère pas.

"Je ne crois pas qu'il l'ait fait exprès", estime l'ingénieur britannique. "Je sais que la direction était cassée, je voyais les données, et je ne pense pas qu'il contrôlait la voiture. J'imagine qu'après '97 avec Villeneuve puis Monaco 2006, je me suis posé des questions à propos de '94. Comme je l'ai dit plus tôt, il y a eu des moments où Michael a manqué de discernement".

Contrairement à ce qui s'est passé en 1997, Schumacher n'a pas été reconnu coupable de l'accrochage et son sacre a donc été entériné, faisant alors de lui le deuxième plus jeune Champion du Monde de l'Histoire. Un juste retour des choses après les multiples sanctions qui lui ont été infligées au fil de la saison ?

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