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Bilan 2018 - Ricciardo, la fuite en avant ?

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Bilan 2018 - Ricciardo, la fuite en avant ?
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
22 déc. 2018 à 08:00

Contraint et forcé au départ par le contexte d'une équipe se tournant vers Verstappen, d'envie de fraîcheur et de défi, de réponses plus que de questions au sujet du moteur qu'il emploiera, à défaut de garanties ? Ricciardo a fait son choix.

Difficile de croire, au soir du Grand Prix de France – huitième des 21 manches du Championnat du monde 2018 –, alors que Daniel Ricciardo emmagasinait deux victoires et 96 points, que l'Australien ne monterait plus sur le podium durant tout le reste de l'année et que ses 13 Grands Prix suivants le verraient compter six résultats vierges et uniquement 74 points…

Encore plus difficile de constater que sur cette même période sortait enfin de l'eau la tête de son équipier Max Verstappen, auteur de son côté d'un début de saison chaotique mais conclu par une superbe série de neuf courses achevée au plus bas à la cinquième place, et cumuler un total de 144 points (plus que Vettel et uniquement derrière un Hamilton en état de grâce).

Comme l'an dernier, quand les deux pilotes Red Bull n'avaient tous deux franchi la ligne d'arrivée d'une même course qu'en sept occasions, il aura été difficile de pouvoir comparer avec justesse le duo de l'équipe de Milton Keynes, tant celui-ci fut affecté par des pépins d'ordre technique sur les deux monoplaces à différents stades des week-ends et de la saison. Ricciardo est le premier à s'en amuser avec philosophie : il semble que la performance de sa monoplace ait été au rendez-vous en fin de saison précisément sur les manches lors desquelles celui-ci savait sa lutte pour la victoire condamnée avant même le départ, en raison de l'accumulation de pénalités liées à des changements d'éléments de l'unité de puissance. Mais à défaut d'être amer et de lancer des suggestions douteuses sur son équipe comme l'on fait de nombreux pilotes pour justifier leurs propres contre-performances, Ricciardo a cherché au plus profond de lui-même et est resté en mouvement.

Reculer pour mieux sauter ?

"Il n’y a pas eu une saison, ces quatre dernières années, lors de laquelle Ricciardo a disposé de la meilleure voiture du plateau – ni même, souvent, de la seconde meilleure. Pourtant, dès que l’occasion de victoire s’est présentée, l’Australien a su la convertir, quelles que soient les circonstances, et souvent avec la manière, à grand renfort de beaux dépassements", écrivions-nous à pareille date l'an dernier.

Force est de constater que ce point n'a pas changé. La sagesse et les capacités de metteur au point et de rassemblement de l'Australien n'auront certes pas été suffisants pour convaincre Red Bull de ne pas obliquer d'une façon de plus en plus ostentatoire vers un Verstappen lui aussi enthousiasmant en piste et incarnant l'avenir à court et moyen terme du Taureau Rouge, mais Renault s'est de son côté trouvé un leader et a agité le carnet de chèques pour ne pas manquer l'opportunité, alors même qu'une option française appétissante, en la personne d'Esteban Ocon, faisait partie des plans jusqu'à l'été.

Ricciardo dispose donc de deux saisons de contrat avec une équipe dont il ne peut qu'espérer qu'elle lui permette de conserver une haute estime auprès des dirigeants de la F1 avant que n'intervienne le grand chambardement de nouvelles règles techniques pouvant remettre à plat la hiérarchie en place sur la grille, ainsi que le possible départ de plusieurs grands noms de la discipline bien installés dans leurs teams respectifs.

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Un chambardement technique qui intervient dès 2019 chez Red Bull, où le passage à l'unité de puissance Honda pose des questions quant à la capacité du package à se positionner comme étant assez compétitif pour menacer Mercedes et Ferrari. Mais celui du team d'usine Renault apporte-t-il plus de garanties ? Rien n'est moins sûr, et le défi qui attend Ricciardo risque bien d'être frustrant, d'autant qu'un Nico Hülkenberg n'ayant jamais été associé à un pilote perçu comme appartenant au trio du quatuor de tête du plateau aura à cœur de faire monter sa propre cote en tentant d'utiliser son expérience des méthodes de l'équipe franco-anglaise pour être avantageusement jugé face à son nouvel équipier. En Ricciardo, il a face à lui le seul pilote de l'ère moderne à s'être frotté à deux calibres comme Vettel et Verstappen avec un matériel égal, tout en étant sorti grandi.

Difficile, à l'heure où l'Australien rejoint le team franco-anglais, de voir dans cette décision autre chose qu'une simple étape devant amener le #3 vers un top team dès que l'occasion se présentera. Car Renault est bien loin de ce statut actuellement. Ricciardo lui-même se garde bien de s'épancher trop longuement sur ses espoirs de pari payant comme celui de Hamilton avec Mercedes, lui qui sait que la victoire à la régulière est encore loin pour l'équipe au losange.

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