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Bilan saison - L'Amérique ? Si c'était un rêve, Alonso le saurait

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Bilan saison - L'Amérique ? Si c'était un rêve, Alonso le saurait
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
16 déc. 2017 à 17:45

Contre vents et marées, et en dépit du fait d'avoir parfois donné l'impression de diriger lui-même le navire McLaren-Honda vers les récifs, Fernando Alonso a maintenu un cap commun avec le capitaine Zak Brown. Et a découvert l'Amérique.

Dire que Fernando Alonso, 11 après sa dernière couronne mondiale, demeure une superstar de la F1, est un pléonasme. 2017 a également prouvé que l’Espagnol dépasse le cadre de sa discipline, après avoir ouvert les portes de l’Indy 500 et de l’Endurance.

Le pilote espagnol est l’un des cinq Champions du monde ayant participé à la saison F1 2017, et est ressorti de ce cru avec une estime de lui-même intacte et possiblement même renforcée par le fait d’avoir pu continuer à savamment entretenir publiquement – à grand renfort de déclarations toujours plus remarquables les unes que les autres – sa confiance dans le fait qu’il demeure l’un des héros de la discipline, sans que l’on puisse ni le contredire ni abonder dans son sens en raison du fait de ne plus l’avoir vu à bord de matériel jouant le premier tiers de tableau depuis trois saisons...

Autant d’arguments permettant au principal intéressé de se publiciser comme un talent intact en veille, que l’association McLaren-Renault pourra peut-être permettre d’éveiller en 2018. L’adage de Bernie Ecclestone selon lequel toute publicité, même mauvaise ou maladroite, reste de la publicité, semble être devenue depuis un moment la base philosophique d'Alonso.

Fernando Alonso, McLaren MCL32

Roi de la comm'

Tout en parvenant habilement à entretenir publiquement l’idée selon laquelle sa présence au sein de McLaren était plus importante aux yeux de ses dirigeants que celle de Honda, Alonso sait disposer d’une confiance immense de son employeur, renforcée par des initiatives inventives et audacieuses, comme la mise en place de flexibilité lui permettant une fois encore de vaquer à d’autres occupations que la F1 en 2018, en piste comme en dehors.

Sous l’impulsion d’un Zak Brown bien décidé à revoir de manière profonde la façon dont pense cette équipe McLaren new-age, Alonso est devenu tour à tour pilote, habile outil de pression ou de diversion selon les moments et les interlocuteurs, mais aussi une valeur-refuge commerciale et populaire incontestable. Capable, en sus, de rappeler quand cela était nécessaire qu’il prenait le dessus sur son jeune équipier Stoffel Vandoorne, sans réellement être confronté frontalement aux comparaisons internes parfois plus difficiles en raison de la fiabilité de l’équipement alors que le rookie gagnait en épaisseur.

Roi incontesté de l’auto-promo décomplexée, Alonso n’a certes plus eu à se frotter aux cadors de la discipline aux avant-postes depuis longtemps, et bien malin qui pourra assurer, dans le cadre d’une saison sportive disputée et chargée d’une pression forcément différente de celle d’un team qui n’atteint pas la réputation de son pilote en s’attirant l’ensemble des jugements négatifs, que l’Espagnol a encore ce qu’il faut ou non pour se mêler à la lutte pour une troisième couronne mondiale contre des hommes comme Hamilton, Vettel ou le duo Red Bull.

Mais l’esprit et les qualités de racer et de travailleur assidu dans un contexte surmotivant que fut l’Indy 500, où Alonso est arrivé en rookie et a animé les préparatifs, les qualifications et a mené la course, furent incontestables et donnent bien sûr envie d’obtenir une réponse à la question de son niveau de performance avant le crépuscule de sa carrière F1. Nul doute que la grande classique américaine n’avait suscité un tel intérêt depuis bien longtemps, tout comme l’on peut s’attendre à une émulation rarement connue au Mans en 2018 si Toyota venait à confirmer sa participation aux fameuses 24 Heures avec l’Espagnol.

Fernando Alonso, McLaren sur une chaise longue

Stimulation intellectuelle et sportive

À 36 ans, Alonso s’adonne avec sérénité à de nombreuses ambitions personnelles, notamment à travers le développement d’une marque vestimentaire – par ailleurs partenaire de McLaren en 2018 –, et de son circuit de karting des Asturies qui parvient à s’immiscer comme fournisseur de matériel dans les contrats d’organisation d’événements promotionnels fraîchement mis en place par Liberty Media en marge de certains GP. Suffisant, avec l’un des plus gros salaires de la grille (encore garanti dans le futur), pour lui faire relativiser les résultats sportifs anecdotiques que furent les 17 points au championnat le plaçant 15e – cinq places plus bas que l’an dernier – ou encore le cumul de 160 places de pénalités moteur cette saison…

Le double Champion du Monde, qui disputera les 24 Heures de Daytona avec United Autosport (l’équipe d’un certain… Zak Brown !) en LMP2 en janvier 2018, n’a pas confirmé avec clarté, au moment de l’annonce de sa prolongation de carrière avec McLaren dans l’ère Renault, la durée de celle-ci. On peut quoi qu’il en soit imaginer une nouvelle entente inventive et ouverte, permettant aux protagonistes d’y trouver leur compte quel que soit le niveau de performance du package en 2018.

L’aventure McLaren-Honda du porteur du #14, longue de trois ans, se clôture donc avec les statistiques suivantes : 57 GP, aucune pole, victoire ou podium, deux meilleurs tours (dont le dernier en Hongrie, cette année), 22 des 59 abandons subis depuis 2001, et un total de 82 points inscrits. Souvenons-nous qu’en une seule saison, pour son pire exercice avec Ferrari, en 2014, l’Ibère avait inscrit 161 unités…

Mais qu’importe, Alonso a déjà l’esprit tourné vers 2018, avec la ferme intention de refaire bouger les statistiques de son compteur de podiums et victoires, et prouver qu'il est encore un brillant samouraï avec les bonnes armes.

Les chiffres de McLaren en 2017

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Auteur Guillaume Navarro
Type d'article Analyse