Bilan F1 2017

Bilan saison - Palmer, les défauts du choix par défaut

Jolyon Palmer n’a même pas terminé la saison 2017 de Formule 1 débutée avec Renault, écurie dont il n'était pas le premier choix...

En 2016, la présence de Jolyon Palmer au sein de Renault, qui était alors largement bâtie sur les fondations d’une structure Lotus exsangue, ne semblait pas prêter à questionnement. Le retour tardif de la marque française ne laissait pas beaucoup d'autres possibilités que de faire avec les hommes du cru, surtout quand ceux-ci avaient déjà été assurés d’un baquet.

Mais en 2017, tout a changé. Renault a véritablement conçu la R.S.17, a étoffé son personnel, renforcé son équipe technique, commencé à déployer sa force de frappe et a attiré dans ses rangs Nico Hülkenberg, leader tout désigné d’une équipe désormais dans l’obligation de marquer régulièrement des points. Et dans ce paysage renouvelé, après la défection de Kevin Magnussen qui a préféré se tourner vers Haas alors qu’Enstone souhaitait le conserver, Palmer s’est retrouvé un peu plus esseulé et dans un rôle hautement risqué : celui de titulaire par défaut.

Tête-à-queue de Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS17, devant Felipe Massa, Williams FW40

La fin de saison 2016 avait laissé entrevoir une amélioration assez notable des performances du Britannique, dominé en première partie de saison par son équipier Danois. En 2017, le calice aura été bu jusqu’à la lie, et presque jusqu’à la fin, puisque, ironiquement, le numéro 30 n’inscrira ses seuls points de la saison qu'à Singapour, course où sera annoncée la fin de sa collaboration avec Renault en vue de 2018.

En dehors de cette course particulièrement animée où Palmer a su tirer avantage des conditions et des abandons pour mettre en banque huit unités qui auront, au final, été, selon le point de vue, soit bien insuffisantes au vu des 34 points de son équipier sur la même période pour faire de Renault la cinquième écurie du plateau, soit assez précieuses pour la sixième place de son ex-employeur chez les constructeurs, le reste de la saison a été proche du désastre.

Écrasé en qualifications

Et de l’ensemble des chiffres qui peuvent attester de façon froide de ce qu’il a manqué au Champion GP2 2014, celui de la confrontation avec Hülkenberg en qualifications est sans doute le plus terrible : 16 à zéro. Jamais Palmer n’a su prendre l’avantage dans l’exercice lancé ; même Lance Stroll chez Williams ou Stoffel Vandoorne chez McLaren y sont parvenus de façon ponctuelle. En moyenne, le Britannique accusait un retard de 0’’920 sur le numéro 27. Un camouflet.

En plus de performances pures inférieures, Palmer a été l’auteur de nombreuses erreurs, pas toujours très coûteuses mais qui se sont accumulées au fil de la saison, et notamment lors des essais. Déjà peu à son avantage dans les séances qui comptent, il n’a que trop rarement connu de week-ends tranquilles. Et il n’en a pas toujours été responsable : comment ne pas citer son problème technique dans le tour de formation du GP de Grande-Bretagne ou encore sa défaillance en Q3 en Belgique, lors du seul week-end où il semblait vraiment à l’aise et en position de battre Hülkenberg en qualifications.

À bien y regarder, ses résultats en course ne sont pas forcément tous catastrophiques : la plupart de ses arrivées ont eu lieu entre la 11e et la 13e positions, ce qui, au sein de l’écurie qui est la sixième du plateau aux points, ne semble pas véritablement illogique. Cependant, il y a eu la manière. La R.S.17 a souvent été capable de mieux. Pas Palmer, sans doute un peu juste pour se hisser au niveau nécessaire pour allez au-delà d’un rôle de figuration.

Désavoué

Reste qu’au-delà des performances et du niveau affichés par le fils de Jonathan Palmer, son traitement au sein de l’écurie française n’a sans doute pas été sans conséquence sur une saison de plus en plus pénible. Si comme évoqué précédemment il n’était pas le premier choix et devait faire face à l’arrivée de Hülkenberg, au fil de la saison les relations avec la direction ont semblé se tendre. Quoi de plus normal quand un constructeur mondial a des exigences de résultat, pourrait-on dire.

Cependant, ce serait mettre de côté un épisode particulièrement révélateur : les essais menés par Renault avec Robert Kubica. Le Polonais, ambitionnant un retour au plus haut niveau, a pu tester une Lotus E20 à plusieurs reprises. Puis, quand ces premiers roulages se sont avérés suffisamment intéressants, la rumeur d’un possible retour en F1 a été plutôt mal contenue du côté de l’écurie jaune et noire. En plus d’avoir face à lui le bruit grandissant d’un retour potentiel d’un pilote affaibli physiquement et inactif en F1 depuis six ans, le coup de massue suprême lui a été asséné en août quand, au sortir du GP de Hongrie, c’est à Kubica qu’a été confiée la R.S.17 lors des tests du Hungaroring.

Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team RS17

Et le Britannique n’allait pas tarder à sentir, une fois la "hype Kubica/Renault" passée, le vent de la menace, plus sérieuse, de Carlos Sainz. Renault tentera d’ailleurs de convaincre Palmer de mettre prématurément fin à sa carrière de pilote au Losange pour faire place à l’Espagnol dès 2017, chargeant encore plus une barque déjà à la limite de sombrer. C’est finalement au Japon, et après plusieurs semaines à assurer qu’il serait bien au volant jusqu’à Abu Dhabi, que les chemins du numéro 30 et d’Enstone se sépareront, avant que Sainz ne prenne le relais à Austin, dans le sillage des accords annoncés entre Red Bull, Renault, McLaren et Honda.

Trop juste sur le plan des performances, trop brouillon dans les moments importants, trop peu désiré par son écurie, trop peu soutenu quand il en avait vraiment besoin, Jolyon Palmer aura vécu une saison proche du calvaire, pour des raisons lui appartenant et d’autres ne lui appartenant pas, et qui laissera peu de traces dans les esprits, si ce n’est celle d’un pilote ayant cumulé tous les défauts des choix par défaut.

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