Bilan F1 2017

Bilan saison - Hartley, l'endurance récompensée

À la surprise générale et tel un phénix, Brendon Hartley a débuté en Formule 1 en 2017 chez Toro Rosso. Au point d'y gagner une place de titulaire pour la saison prochaine !

Faire le bilan de la saison F1 de Brendon Hartley n'a évidemment rien de commun avec un pilote ayant participé à tous les Grands Prix de la saison, mais ne pas évoquer les débuts en Formule 1 du Néo-Zélandais aurait été injuste. S'il y a des surprises dans une année, son entrée dans la catégorie reine en est certainement une.

Qui aurait imaginé Brendon Hartley, ex réserviste de Red Bull Racing (2009-2010), évincé du Junior Team de la firme autrichienne à l'été 2011, parti tenter sa chance en Endurance en passant d'abord par le LMP2, décrochant le statut de pilote Porsche avec le succès que l'on sait, revenir par la grande porte de la F1 en sautant dans le baquet d'une Toro Rosso pour le Grand Prix des États-Unis ?

Brendon Hartley, Scuderia Toro Rosso

Pensant d'abord à une pige exceptionnelle, on pouvait alors faire un parallèle simpliste avec un précédent nommé André Lotterer, qui avait participé à son unique Grand Prix en F1 avec Caterham en 2014, à Spa-Francorchamps. Mais en faisant appel à Hartley, Red Bull avait un plan très différent en tête : d'abord pouvoir évaluer son ancien poulain, puis avoir la perspective de le placer dans le baquet de la Toro Rosso pour l'intégralité de la saison 2018.

Hartley a donc vécu une fin de saison particulièrement animée, qui l'a vu voyager aux quatre coins du globe et enchaîner les week-ends en F1 avec sa fin de saison en WEC, ponctuée d'un deuxième titre de Champion du monde avec Porsche, venu s'ajouter à un premier succès aux 24 Heures du Mans quelques mois plus tard. Année faste !

La plus vieille recrue de Toro Rosso en 10 ans !

Au cours de ses quatre années passées au plus haut niveau de l'Endurance, en LMP1, Brendon Hartley a fait un apprentissage certainement déterminant. La pointe de vitesse, il l'a rapidement étalée dès ses débuts au volant de la 919 Hybrid. Le reste est venu ensuite. Si le partage de baquet si propre à l'Endurance n'a rien à voir avec ce qui l'attend en F1, il a pu en revanche se constituer un bagage qui sera loin de lui être inutile dans le paddock de la discipline reine… Évoluer au sein d'une structure aussi importante que Porsche, véritable institution, n'avait rien d'un programme "relax", avec un certain nombre de codes à respecter, tout comme un certain standing. Idéal avant le grand bain aseptisé du Formula One Circus.

Brendon Hartley a une chance : celle, rare, d'en avoir eu une deuxième en F1. En débarquant au volant de la Toro Rosso à Austin, il n'avait pas grand-chose à perdre, apportant avec lui la fraîcheur qui le caractérise et saisissant l'occasion simple de réaliser un rêve tout en essayant de réaliser le meilleur travail possible.

Brendon Hartley, Scuderia Toro Rosso STR12

Faire le bilan ou tirer des leçons de ses quatre Grands Prix de fin d'année n'aurait probablement pas de sens. Et même si Pierre Gasly a lui aussi débuté en fin de saison, les éléments de comparaison manifestes sont trop éloignés pour être tenus comme crédibles. Plus que les résultats (le meilleur est une 13e place sur le COTA) – par ailleurs plombés par des pénalités à répétition et avec comme plus haute position de départ la 17e sur la grille au Mexique –, c'est certainement l'impression donnée en interne qui a été décisive.

Pour passer aussi vite de pigiste surprise à remplaçant durable de fin de saison, puis devenir candidat à un baquet de titulaire pour 2018, Brendon Hartley a forcément apporté des garanties dans le garage Toro Rosso quant à la manière dont il a abordé cette expérience. En revanche, il va lui falloir afficher rapidement des progrès et se présenter à Melbourne avec derrière lui la préparation idéale qui lui permettra de transformer l'essai.

En aura-t-il le temps ? C'est une denrée rare et, surtout, une donnée parfois très aléatoire dans le giron Red Bull. Mais il bénéficiera peut-être de l'indulgence imposée par les circonstances : si Brendon Hartley sera en Formule 1 en 2018, c'est aussi parce que le vivier de jeunes talents de la firme autrichienne s'épuise. On pourrait ouvrir un autre le débat sur le sujet, quand on sait qu'à 28 ans, il sera tout simplement le pilote le plus âgé à débuter une saison chez Toro Rosso depuis… Sébastien Bourdais en 2008.

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