Boutsen : En 2 ans de F1, Vandoorne n'a pas "démontré son talent"

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Boutsen : En 2 ans de F1, Vandoorne n'a pas
Par : Fabien Gaillard
4 nov. 2018 à 09:20

L'ancien pilote Benetton et Williams, Thierry Boutsen, est revenu sur les deux saison de Stoffel Vandoorne en discipline reine, estimant que son compatriote n'est pas parvenu à prouver sa valeur en F1.

Parmi les chiffres marquants de cette saison, figure en bonne place celui du duel, en qualifications, entre les deux équipiers McLaren que sont Fernando Alonso et Stoffel Vandoorne. Sur 19 séances qualificatives depuis le début de saison, l'Espagnol a devancé son équipier 19 fois. Une série qui s'ajoute à une année 2017 déjà très largement en faveur du double Champion du monde, qui avait terminé l'année avec un avantage de 16 à 3.

Un tel constat est difficile à surmonter même si, en course, les choses sont un peu moins sombres, tout en demeurant largement à l'avantage du plus âgé des deux, Alonso figurant au dixième rang avec 50 points et Vandoorne au 16e avec 12 unités. 

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L'écurie britannique n'a clairement pas fourni à ses pilotes de monoplaces capables de jouer mieux que le fond de top 10, en certaines occasions, et il est évident que le Belge, qualifié de grand espoir de la discipline après une saison 2015 de GP2 particulièrement impressionnante, n'a pas été mis dans les meilleures conditions pour débuter. Quand bien même, ces circonstances ne l'ont pas sauvé et McLaren a préféré recruter Carlos Sainz et titulariser Lando Norris plutôt que de continuer avec le pilote au numéro 2.

Pour Thierry Boutsen, dernier vainqueur belge en Formule 1 lors du GP de Hongrie 1990, Vandoorne a eu sa chance mais n'a juste pas su la saisir : "C'est très simple", a-t-il lancé pour la RTBF. "En fait, Stoffel Vandoorne a eu la chance de rouler pendant deux années en Formule 1. Il a donc eu la chance de pouvoir démontrer ce qu'il pouvait faire. Pour diverses raisons, il n'y est pas arrivé, mais il aurait dû au moins montrer qu'il était au moins aussi rapide que Fernando Alonso pour pouvoir garder sa place en F1."

"Le seul comparatif valable, c'est son équipier. Et son équipier a toujours été devant avec une bonne demi-seconde à chaque fois, bien que parfois, en course, Stoffel ait roulé à la même vitesse qu'Alonso mais sinon il a toujours été derrière. Il y a plusieurs explications à cela : le pilotage, des problèmes techniques ou encore la voiture qui ne répondait pas aux attentes. Peu importe, Stoffel Vandoorne a eu deux saisons pour démontrer son talent et il n'y est pas arrivé. C'est dommage pour lui car sa carrière en F1 va s'arrêter maintenant."

"Bien sûr que cela m'attriste car Stoffel a le talent pour y être. J'en suis persuadé, mais il n'a pas réussi à le prouver, et la F1, c'est comme ça. Un univers impitoyable. Les pilotes sont comme des kleenex. On s'en sert quand ils sont bons et puis, dès qu'ils sont un peu moins bons, on les met dehors."

La Formule E, une chance de rebondir

Vandoorne roulera à partir de la fin d'année en Formule E, avec l'écurie HWA, intégrant donc de fait le giron Mercedes. Pour Boutsen, la FE peut être une planche de salut et potentiellement être un tremplin pour un retour en discipline reine. "Je pense que le côté psychologique a joué un rôle. À partir du moment où ça marche moins bien que prévu, on commence à se poser des questions."

"On se tracasse et puis on gamberge suite aux difficultés qui se présentent. Donc, on n'est pas dans un bon état psychologique pour être performant. Je pense toutefois que si Stoffel se reprend en Formule E et commence à gagner des courses, il sera plus fort psychologiquement. Il pourrait alors peut-être revenir en F1 et dominer son sujet mais pour l'instant il n'y est pas arrivé. Du moins, pas encore." Puis d'ajouter, en réponse à une question sur un retour potentiel : "Qui sait, il y est bien arrivé une fois [en F1]. Pourquoi pas une seconde fois, mais cela dépend de lui."

"C'est une des solutions [de courir en FE], bien sûr. Il y a beaucoup d'anciens pilotes de F1 ou de futurs ex-pilotes de F1 qui roulent en Formule E. C'est donc une alternative à prendre au sérieux. Stoffel devra se montrer et gagner un maximum de courses. S'il y arrive, il aura alors peut-être une chance de revenir en F1."

Malgré tout, Boutsen estime que les chances de retrouver la F1 sont minces : "Il y a toujours des circonstances qui font que ça marche ou non. Au risque de me répéter, cela dépend bien sûr des qualités du pilote mais aussi de sa personnalité, sans oublier l'écurie pour laquelle on roule et l'équipe qui vous entoure. C'est très complexe et compliqué à la fois. Pourtant, c'est au pilote à maîtriser tout cela. En ce qui me concerne, j'estime avoir eu beaucoup de chance puisque j'ai bénéficié d'une aide incroyable de la Belgique entière qui était derrière moi pour me pousser à réussir. Sans cela, je ne suis pas certain que j''aurais effectué une telle carrière en Formule 1. C'était vraiment une époque fantastique."

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