Brawn - La F1 doit réduire l'écart entre les petites et les grosses équipes

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Brawn - La F1 doit réduire l'écart entre les petites et les grosses équipes
Par : Fabien Gaillard
14 janv. 2017 à 08:01

Évoquant le sort des petites écuries de Formule 1, Ross Brawn a appelé à la mise en place de mesures visant à réduire l’écart qui sépare les structures modestes des grosses cylindrées du championnat.

Ross Brawn, Mercedes AMG F1 ; Stefano Domenicali, Ferrari ; Eric Boullier, Lotus F1 Team ; John Booth, Marussia F1 Team ; Cyril Abiteboul, Caterham F1 Team
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Ross Brawn, Mercedes AMG F1
Pascal Wehrlein, Manor Racing MRT05, Esteban Ocon, Manor Racing MRT05
Ross Brawn, Mercedes AMG F1
Felipe Nasr, Sauber F1 Team
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Ross Brawn, Mercedes AMG F1
Marcus Ericsson, Sauber C35
Ross Brawn, Mercedes AMG F1
Esteban Ocon, Manor Racing MRT05
Sergio Perez, Sahara Force India F1 VJM09
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09 passe devant l'équipe à la fin de la course, qui rapporte la 4e place au championnat constructeurs

Voix qui porte en F1, l’ancien ingénieur Ferrari et directeur de Honda, Brawn GP et Mercedes a évoqué le cas des petites écuries et de la façon de parvenir à les protéger dans un contexte économique difficile.

Une questions d’autant plus prégnante que, le 6 janvier dernier, la mise sous administration de l’écurie Manor Racing a été prononcée et que cette dernière, pourtant en capacité d’inscrire au moins un point lors de deux des trois dernières saisons, n’a plus que quelques jours pour pouvoir être sauvée.

Pour Ross Brawn, interrogé par ESPN, cette question devrait être parmi les lignes directrices de la discipline reine. "Je pense que ça devrait être un des objectifs. Un des objectifs devrait être de regarder à ce qui peut être fait pour réduire la marge entre une petite équipe et une grosse équipe. Et ce qui peut être fait pour réduire les gains de performance qui viennent du niveau d’investissement que les grosses équipes peuvent atteindre."

"Comment peut-on niveler cela ? Je pense que rendre les petites équipes viables et les rendre raisonnablement compétitives est un point de référence intéressant pour la F1, afin qu’elles puissent sortir un résultat étonnant de leur chapeau - c'est excitant."

Le mauvais exemple de Brawn GP

Tout en allant à l'encontre de ce qui est souvent évoqué au sujet de son écurie Brawn GP - qui a couru en 2009 et remporté les deux titres malgré le retrait soudain de Honda fin 2008 -, il estime qu’il est utopique de croire que les équipes qui dépensent plus ne seront pas celles qui l’emporteront au final. Mais aider les écuries à mieux se financer permettrait aussi d’éviter les problématiques liées aux pilotes payants.

"Je ne pense pas que l’on verra un Leicester City [qui a gagné la Premier League en 2015/2016, malgré un budget très inférieur aux grands clubs] en Formule 1, même si je sais que les gens comparent Brawn GP à cela, mais Brawn GP était une anomalie parce qu’elle avait le financement de Honda des années précédentes, ils se sont retirés et elle a continué avec l’inertie de Honda. Si elle avait toujours eu la taille qu’elle avait [en 2009], elle n’aurait jamais été ce qu’elle a été."

"Donc Brawn GP n’est pas un bon exemple, mais je pense que c’est un objectif qui en vaut la peine pour garantir que le modèle est viable pour une petite équipe. Il peut être économiquement viable et il peut mettre en place un bon environnement pour que des jeunes pilotes arrivent dans la discipline sans avoir des millions [d’euros] derrière eux."

"Si nous pouvons créer cela, alors nous aurons un flux plus sain de jeunes pilotes parce qu'il s'agira d'une méritocratie basée sur leur talent et pas sur leur soutien commercial. Les petites équipes dépendent tellement des soutiens commerciaux de leurs pilotes que cela influence les décisions qu’elles doivent prendre [les] concernant. Je pense que c’est un autre élément d’une Formule 1 saine, pour rendre les petites équipes viables."

Les primes méritées de Ferrari

Justement, un levier de cette politique pourrait s’appuyer sur les revenus redistribués aux écuries par la FOM au terme de chaque exercice. Aujourd’hui, ces primes dépendent à la fois des performances, de leur continuité, mais aussi de critères historiques ; l’exemple paroxystique étant Ferrari qui bénéficie d’une prime conséquente en tant que seule écurie qui a participé au championnat depuis 1950. Sauber et Force India ont ainsi saisi la Commission Européenne sur ces questions en 2015.

Pour Brawn, cependant, cette dotation est justifiée. "Ils font beaucoup d’efforts pour obtenir cet argent, ça ne leur est pas donné sans effort. Ferrari a soutenu la Formule 1 le plus longtemps et a l’histoire la plus longue. Je pense que tout le monde reconnaîtrait qu’ils ont la plus grande marque en Formule 1."

"Il s'agit de l’équipe la plus reconnue en Formule 1 et ils sont importants pour l’image globale et le cirque de la F1, donc naturellement ils bénéficient de cette position qu’ils conservent. Ça peut être exaspérant pour certaines personnes, mais c’est la réalité."

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Séries Formule 1
Auteur Fabien Gaillard
Type d'article Actualités