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Un certain paradoxe est né depuis une paire de semaines dans le petit monde de la F1, avec une nette poussée de nombreux acteurs de la F1 et des médias pour promouvoir l’idée d’une motorisation future de 1000cv

Un certain paradoxe est né depuis une paire de semaines dans le petit monde de la F1, avec une nette poussée de nombreux acteurs de la F1 et des médias pour promouvoir l’idée d’une motorisation future de 1000cv.

Si l’idée est belle en soi et semble n’avoir que peu d’opposants, elle pose une grande question à l’heure où le doigt peut très facilement être pointé vers le changement de règles d’unité de puissance pour expliquer la soudaine chute financière de nombreuses équipes et la mise en péril de plusieurs autres.

Développer, oui ! Mais à quel prix ?

Le coût des unités de puissance ayant nécessité des années de développement aux motoristes ont été répercutées sur les équipes clientes, qui creusent ainsi encore plus dans leurs finances pour continuer à simplement se propulser.

Un nouveau changement de règles, et ce serait un nouveau cercle vicieux qui s’installerait, rendant certes la F1 plus attractive et spectaculaire aux yeux des passionnés, mais dramatiquement couteuse pour tous les acteurs devant investir dans une nouvelle technologie.

Il y a déjà bien longtemps que la FIA, par la voix de Max Mosley, pointait du doigt l’irrationalité du coût du développement dans les différents domaines qui pouvaient être mieux encadrés, ou même faire l’objet de limitations strictes. Pour autant, ce fut bien la FIA qui commandita un changement de motorisations et appuya la volonté des constructeurs de passer à une nouvelle ère hybride. Rationnel en termes de technologie et d’image ; mais une nouvelle fois irresponsable en termes de coûts, et surtout en opposition totale avec la volonté de maintenir l’escalade des dépenses sous contrôle.

Combiner bon business et attractivité pour le public

Ainsi, Pat Symonds, Directeur Technique de Williams, estime qu’il est désormais plus important de s’assurer que les équipes actuelles survivent et que d’autres puissent compléter la grille, plutôt que de poursuivre des chiffres sensationnels tels que les fameux 1000cv tant fantasmés. Sans être contre la technologie en elle-même, Symonds estime qu’elle ne peut créer que d’autres problèmes intrinsèques au coût d’un tel projet.

"J’aime l’idée de moteurs de 1000cv ; j’aime l’idée de voitures spectaculaires", martèle-t-il tout d’abord, pour s’assurer ne pas que son message soit transformé. "J’aime aussi l’idée d’avoir plus de voitures sur la grille, et c’est la raison pour laquelle je pense que notre première préoccupation actuellement devrait être d’avoir un bon business et quelque chose que les spectateurs aiment regarder".

Un tel équilibre n’est pas évident à trouver. Mais Symonds ne peut être que sensibilisé par le sujet : aujourd’hui chez une équipe Williams revigorée, le Britannique faisait il n’y a pas si longtemps son retour par la petite porte chez Marussia après le scandale du crashgate qui l’avait tenu éloigné du sport.

Pas du côté de la révolution souhaitée par Ferrari

Le contexte permet en tous les cas de mieux comprendre ce que Monisha Kaltenborn décrivait encore il y a peu comme un "agenda caché" des puissants, visant des changements drastiques et certes intéressants pour le sport, mais aux effets potentiellement dévastateurs sur la taille de la grille en raison des dépenses qu’ils impliquent.

"Je pense qu’on l’on peut beaucoup faire dans le cadre dont nous disposons, et particulièrement au niveau de l’amélioration de notre engagement avec le public", explique-t-il, conscient du fait que la F1 s’est forgée une image exclusive, pour ne pas dire parfois excluante.

"Je crois qu’il est bien trop tôt pour appliquer une nouvelle série de règles et attaquer des changements radicaux. Mais nous ne devrions pas non plus être effrayés par le changement".

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Séries Formule 1
Équipes Williams , Ferrari
Type d'article Actualités