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Chine 2012 : la victoire qui annonçait la suprématie de Mercedes

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Chine 2012 : la victoire qui annonçait la suprématie de Mercedes
Par :
15 avr. 2020 à 16:17

Le 15 avril 2012, Nico Rosberg a dominé le Grand Prix de Chine depuis la pole position et remporté sa première victoire en Formule 1. C'était également le premier succès de Mercedes dans l'ère contemporaine, et un aperçu de sa domination à venir.

Huit ans plus tard, avec six doubles titres mondiaux à son actif, il est facile d'oublier que l'écurie Mercedes n'était pas considérée comme un top team lorsqu'elle s'est imposée à Shanghai. Sa position était plutôt celle de Renault ou de McLaren actuellement, d'où une progression fulgurante par la suite.

Brawn GP avait remporté le titre 2009 grâce à l'avantage initial procuré par le double diffuseur et aux victoires obtenues par Jenson Button en début d'année. Quand Mercedes a pris le relais en fin de saison et recruté Michael Schumacher et Nico Rosberg, il était légitime de penser que l'équipe allait continuer sur cette lancée.

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Il en a été autrement, et en 2010 et en 2011, l'écurie était solidement installée au quatrième rang, loin derrière Red Bull, McLaren et Ferrari. L'ancienne équipe Honda s'était tellement réduite lors de l'année en tant que Brawn GP que la reconstruire s'était avéré plus difficile que prévu. Ross Brawn a travaillé dur pour ce faire, recrutant des Bob Bell, Aldo Costa et autres Geoff Willis – des hommes qui avaient déjà connu la victoire et savaient ce qui était nécessaire pour l'atteindre.

Toute cette expérience a contribué à la Mercedes W03 de 2012, voiture qui bénéficiait d'une innovation inspirée, voire audacieuse : le double DRS. Sa présence sur la voiture et la confiance avec laquelle Brawn et ses hommes ont défendu sa légalité montraient que l'équipe était sur la bonne voie.

Cependant, les deux premières courses de la saison, en Australie et en Malaisie, ont été un désastre : Mercedes peinait à maîtriser la délicate gomme Pirelli en course, car elle était très sensible à la température. L'équipe a dédié des ressources considérables à la résolution de ce problème et était confiante pour la Chine. Ce travail a porté ses fruits.

Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W03

En qualifications, Rosberg a signé la première pole position de sa carrière, la première de Mercedes depuis le retour de la marque en tant que constructeur également ; Schumacher, lui, a hérité d'une place en première ligne grâce à la pénalité infligée à Lewis Hamilton, alors pilote McLaren, pour un changement de boîte de vitesses.

Dans le paddock, la concurrence s'attend à ce que les Flèches d'Argent s'effondrent en course, encore une fois, mais Ross Brawn avait la foi. "Ce week-end, nous nous sommes efforcés de mettre la voiture dans la meilleure forme possible pour la course", a-t-il expliqué le samedi après-midi. "Les qualifications, comme pour toutes les équipes à mon avis, sont secondaires. Si nous pouvons maintenir ce que nous avons vu dans notre long relais, alors nous serons confiants quant à nos chances de faire une meilleure course demain."

"L'une des choses qu'il nous faut accomplir à l'avenir, c'est rendre la perfection des réglages de la voiture moins spécifique. Aujourd'hui, nous sommes parvenus à la trouver dans ces conditions, avec les pneus et peu de carburant, et il nous faut trouver le moyen de traduire cela en course."

Il était crucial de prévoir les températures pour la course. Lors des deux premières épreuves, le mercure avait grandement changé du samedi au dimanche, et une voiture qui fonctionnait bien en qualifications se retrouvait en difficulté.

"Je pense que nous avons de meilleures chances, car les conditions seront plus constantes demain", estimait Brawn. "Nous avons réglé la voiture ces deux derniers jours. L'Australie, avec une course bien plus chaude, et la Malaisie, avec une course bien plus froide, ont toutes deux représenté un challenge. Nous n'avons pas fait le meilleur travail qui soit lors de ces deux Grands Prix."

Race winner Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 W03

Il fallait désormais que Rosberg concrétise en course, ce pour quoi la première étape était un bon départ, sans accrochage avec son coéquipier. L'Allemand a pris un envol parfait et avait sept dixièmes d'avance sur Schumacher au terme du premier tour. Une boucle plus tard, la deuxième W03 n'était plus dans la zone DRS du leader. Comme toujours, il n'y a rien de tel que d'être en tête avec une piste libre, de pouvoir maîtriser son propre rythme et gérer les pneus au mieux.

"C'est plus facile, car on peut rouler au rythme que l'on veut et on n'a pas l'air perturbé de la voiture de devant", a souligné Brawn après la course. "C'est vraiment la raison pour laquelle Michael a perdu un peu de terrain, simplement pour s'assurer de pouvoir gérer les pneus."

Schumacher a vu l'écart avec Rosberg se creuser progressivement jusqu'à dépasser les cinq secondes au dixième tour. Le leader avait un rythme de métronome et gagnait une demi-seconde à chaque passage, comme il l'avait fait dans son tour de qualifications.

Lors de la première salve d'arrêts au stand, les pilotes Mercedes sont restés en piste tandis que leurs poursuivants sont rentrés. McLaren a opté pour un deuxième train de pneus option pour Lewis Hamilton et Jenson Button, tandis que les autres ont préféré les gommes prime. Mercedes, en revanche, prévoyait une autre stratégie.

"Nous avons dû faire notre propre plan et nous y tenir, à partir de ce que nous avons vu, des informations que nous avions, du travail que nous avions fait", a expliqué Brawn. "Il est très facile de se laisser distraire pendant une course si l'on ne fait pas attention."

Le plan était de finir le Grand Prix en deux arrêts, à condition de prolonger suffisamment le premier relais pour rendre cette tactique viable. "Essayer de faire deux arrêts a toujours été la stratégie, et nous avons dû atteindre le 13e ou 14e tour pour y parvenir. Naturellement, les pneus commencent à s'user, et il est important qu'ils ne s'effondrent pas, que l'usure soit seulement légère, et c'est ce que les deux pilotes sont parvenus à assurer."

Michael Schumacher, Mercedes AMG F1 W03

L'arrêt au stand de Schumacher a eu lieu un peu tôt, mais il fallait que l'écurie réserve la stratégie parfaite à Rosberg. Malheureusement, en sortant des stands, le septuple Champion du monde a senti que la roue avant droite était mal fixée ; il a dû s'arrêter en bord de piste. C'était un coup dur pour Mercedes. Cependant, cet abandon a permis à Brawn et à ses stratèges de se concentrer sur une seule voiture lors de cette course complexe.

Le défi suivant était d'assurer un deuxième relais efficace à Rosberg sur son premier train de pneus prime, tout en retardant le second arrêt au maximum, malgré le risque d'être rattrapé par des concurrents aux gommes moins usées : l'année précédente, Sebastian Vettel avait tenté une stratégie à deux arrêts mais avait été surpassé par Lewis Hamilton en trois pitstops.

La course de 2012 a vu ce scénario se répéter, mais avec des acteurs différents. Il est devenu clair que Button, sur trois arrêts, représentait une menace. En effet, après son deuxième passage par les stands au 24e tour, le pilote McLaren avait des pneus 11 tours moins usés que ceux de Rosberg. L'écart était de 23,4 secondes, et tous deux n'avaient plus qu'un arrêt à faire. Or, vers la fin de ce relais, Rosberg a commencé à perdre énormément de temps sur Button – jusqu'à deux secondes au tour – mais il lui fallait rester en piste pour minimiser la longueur de son dernier run.

Juste avant le dernier arrêt du pilote Mercedes, il n'avait plus que 12,3 secondes d'avance, avec 22 tours à parcourir sur son ultime train de pneus. Pendant quelques boucles, il a pu profiter de ses gommes neuves tandis que celles de Button avaient fait dix tours de plus, et il a gagné trois secondes dans les cinq tours précédant le dernier changement de pneus du Champion du monde 2009, au 39e passage. Cependant, Button a été handicapé par un arrêt au stand raté, qui lui a fait perdre six secondes et l'a placé au milieu d'autres voitures. Mercedes pouvait commencer à se détendre.

"C'était un peu stressant", a reconnu Brawn. "Nous avons sans aucun doute été aidés par le fait que l'arrêt au stand de Jenson s'est éternisé. S'il avait repris la piste devant ce groupe, je pense que la course aurait été bien plus serrée. Cela dit, je pense que Nico avait la situation bien en main, surtout dans le dernier relais. Il réalisait les chronos que nous lui demandions."

Podium: Race winner Nico Rosberg, Mercedes AMG F1

Nous ne saurons jamais si Button aurait pu rattraper Rosberg, encore moins le doubler. L'Allemand s'est finalement imposé avec une confortable avance de plus de 20 secondes grâce à une superbe performance. Le travail de l'équipe sur les pneumatiques a porté ses fruits, et le stratège James Vowles a fait la différence.

"Ce week-end a été raisonnablement constant, c'est l'important pour nous", a résumé Brawn. "Il nous fallait trouver les bons réglages du vendredi au samedi et ne pas les changer. Pour nous, cela a marché, et je pense qu'il y aura d'autres courses, comme nous l'avons démontré lors des deux premières, où il est possible de se planter en beauté."

Le Britannique a également chanté les louanges de Rosberg : "Il a été exceptionnel, absolument exceptionnel. Et il va être fascinant de voir sa progression maintenant qu'il a remporté une course. Je pense que cela va grandement l'aider."

Ce résultat a également laissé espérer que Schumacher mette les mains sur une voiture capable de gagner, à l'âge de 43 ans. Mais il n'y a eu que deux autres podiums en 2012 : la deuxième place de Rosberg à Monaco et la troisième position de Schumacher à Valencia. L'écurie a chuté au cinquième rang du championnat des constructeurs, avec 142 points au compteur – à comparer aux 165 de 2011 et aux 214 de 2010.

Cependant, la Chine a montré que Mercedes pouvait gagner des courses, ce que Lewis Hamilton n'a pas manqué de prendre en compte lorsqu'il a évalué ses options pour 2013 et au-delà. Ross Brawn et Niki Lauda sont parvenus à le convaincre que la voiture 2013 allait représenter un pas en avant, et surtout que l'unité de puissance V6 hybride prévue pour 2014 allait être dominatrice.

Cet hiver-là, d'autres changements ont eu lieu : Toto Wolff et Paddy Lowe ont rejoint la direction de l'équipe. Mercedes a remporté quatre courses, signé huit pole positions et pris la deuxième place du championnat du monde avec pas moins de 360 points. Et ce n'était qu'un début…

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Auteur Adam Cooper