Claire Williams : "J'ai reçu un tas d'insultes"

Claire Williams a longuement évoqué les dernières années "incroyablement difficiles" qu'elle a passées à la tête de l'écurie familiale, avant de se résoudre à une vente devenue inéluctable.

Claire Williams : "J'ai reçu un tas d'insultes"

Depuis l'été dernier, l'écurie Williams n'est plus entre les mains de la famille qui l'a fondée, même si elle en porte toujours le nom et que Dorilton Capital, nouvel actionnaire majoritaire, a promis d'en perpétuer l'héritage. Pendant plus de six saisons, Claire Williams a dirigé l'équipe en prenant le relais de son père Frank, avant de se résoudre à passer la main, principalement faute de moyens pour assurer la pérennité de la structure.

Peu de temps après la vente de l'équipe, Claire Williams a décidé de démissionner et de ne plus être impliquée dans sa gestion. Pendant de longs mois auparavant, elle s'est attiré des critiques parfois acerbes, qu'elle a toutefois toujours pris soin d'ignorer pour se concentrer sur sa tâche. Dans une longue interview accordée au magazine britannique The Spectactor, elle revient sur cette période particulièrement compliquée.

"Les trois dernières années de mon mandat ont été incroyablement difficiles", rappelle-t-elle. "Mais il y a eu des circonstances atténuantes qui expliquent pourquoi nous nous sommes retrouvés là quand j'ai pris mes fonctions. Ils oublient que lorsque j'ai pris les commandes [en 2013], j'ai hérité d'une équipe qui avait terminé les trois précédentes saisons en neuvième, huitième et neuvième position. J'avais l'équipe depuis neuf mois et j'ai réussi à la ramener en moins d'un an à la troisième place du championnat, deux saisons de suite. Et puis il y a eu deux cinquièmes places. C'est pas mal pour une équipe qui, invariablement, a toujours été l'outsider, qui avait beaucoup moins de personnel, beaucoup moins de ressources et beaucoup moins d'argent que les équipes contre lesquelles nous nous battions."

J'aurais pu le faire si j'avais eu plus de temps et si j'avais eu l'argent.

Claire Williams

Claire Williams assume le fait de s'être retrouvée en première ligne, de par ses responsabilités. Néanmoins, elle souligne l'acharnement dépassant la raison qui l'a régulièrement ciblée, tout en insistant sur le fait qu'elle n'a jamais commis l'erreur de s'attarder dessus.

"Nous avons reçu beaucoup de soutien et nous avons conservé ce soutien durant les premières années de notre chute", admet-elle. "Mais ensuite, je crois que les gens ont commencé à se retourner un peu, et particulièrement contre moi. À juste titre : j'étais la patronne. Mais l'on prend certaines décisions parce que l'on pense que ce sont les bonnes, et parfois ces décisions ne vont pas dans votre sens, c'est ce qui s'est passé pour moi. J'ai évidemment reçu beaucoup de critiques pour ça. J'ai été scrutée de près. Apparemment, j'ai reçu un tas d'insultes sur les réseaux sociaux. Mais je ne pouvais pas écouter tout ça. Cela aurait absorbé une quantité d'énergie négative, et je devais me concentrer sur l'équipe, prouver à tout le monde que je pouvais le faire."

George Russell, Williams <

"Ce qui est revenu le plus souvent : 'Oh, c'est parce que c'est une femme'. Et il y avait aussi : 'Elle est là uniquement parce que c'est la fille de Frank, mettez-là dehors'. Je sais que j'en ai reçu beaucoup. Je me fiche de ce que les gens pensent ou écrivent là-dessus alors qu'ils n'ont jamais été à ma place et ne connaissent pas la vérité. On peut me jeter autant de boue que l'on veut, ça ne me colle pas à la peau. Si l'on veut m'accuser de ça, qu'on le fasse."

"J'étais la fille de mon père et c'est l'une des raisons pour lesquelles j'étais là, Dieu soit loué, car nous sommes une équipe familiale et les gens chez Williams voulaient que la nouvelle génération s'occupe de l'équipe et que la famille reste impliquée. C'était tout l'intérêt. Alors ceux qui critiquent le fait que j'aie succédé à mon père passent complètement à côté de l'importance de la famille et des générations futures."

Si Claire Williams s'exprime assez peu depuis qu'elle a quitté l'écurie familiale, elle a toujours assumé le fait d'avoir tout tenté pour sauver l'équipe. C'est cette même volonté qui a conduit à la vente de l'écurie, et si l'histoire peut a posteriori nourrir le sentiment d'échec, elle reste convaincue que ce ne sont pas ses capacités qui sont en cause. "Je pense que j'aurais pu le faire si j'avais eu plus de temps et si j'avais eu l'argent", avance-t-elle. "Mais nous n'avions pas le luxe d'avoir un gros sponsor titre ou un constructeur injectant 100 millions dans l'équipe chaque année."

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Séries Formule 1
Équipes Williams Racing
Auteur Basile Davoine