Comment Hamilton veut changer le monde avec sa Commission

Le premier rapport de la Commission Hamilton vient d'être publié, première étape majeure du projet du Britannique : diversifier la Formule 1 pour changer la société.

Comment Hamilton veut changer le monde avec sa Commission

C'est ce mardi qu'a été publié le rapport de la Commission Hamilton sur la diversité en Formule 1, représentant une première étape du projet lancé par le septuple Champion du monde il y a un an à peine. Le bilan est marquant : parmi les milliers de personnes qui travaillent dans la catégorie reine du sport automobile, seules 1% sont noires.

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Être différent, Lewis Hamilton n'a pu que s'y habituer depuis le début de sa carrière en sport auto. Mais lorsqu'il a remporté son sixième titre mondial en 2019, il a été marqué par l'absence criante de personnes appartenant à des minorités ethniques autour de lui.

tant le premier pilote de F1 de couleur, mais ayant grandi en sport auto, il m'est souvent arrivé de regarder autour de moi et de me demander pourquoi j'étais l'une des très rares personnes de couleur", confie l'Anglais. "Et ce ne sont pas que les pilotes, je dirais que cela concerne davantage les belles opportunités professionnelles qui existent, des mécaniciens aux ingénieurs en passant par le marketing et la comptabilité."

"Au fil des années, alors que j'avais de plus en plus de succès, j'ai pensé que ma présence notamment aux avant-postes et mon succès ouvriraient plus de portes aux talents noirs. Mais fin 2019, je me rappelle qu'après Abu Dhabi, je regardais les photos d'équipe et cela m'a rappelé de manière indéniable, alors que je zoomais sur ces images, à quel point peu de progrès avait été faits pour rendre la F1 plus inclusive. C'est à ce moment-là que j'ai su que je devais en faire davantage et qu'est née l'idée de la Commission Hamilton."

Lewis Hamilton, Mercedes

La Commission Hamilton a ainsi publié dix recommandations pour les championnats et entreprises dans l'industrie du sport auto, notamment des bourses pour les jeunes ingénieurs noirs et des cursus d'apprentissage facilités. Chez Mercedes, on a déjà promis d'agir avec au moins 25% de recrues provenant de minorités ethniques jusqu'en 2025, cette démographie n'ayant représenté que 3% de l'équipe en 2020. La Formule 1 compte aussi prendre des mesures.

L'objectif est également de changer les mentalités, comme l'explique Rhys Morgan, directeur de l'Académie royale britannique d'ingénierie – cette dernière ayant joué un rôle majeur dans le projet de recherche de la Commission Hamilton.

"Les expériences [racontées par] les ingénieurs et les étudiants en ingénierie auxquels nous avons parlé ont vraiment donné vie à ce qu'ils ont vécu dans le monde du sport automobile", commente Morgan. "Il y avait des micro-agressions ainsi que du pur racisme, des commentaires racistes avec lesquels ils vivaient et qui étaient un peu minimisés comme étant des blagues, mais c'étaient des commentaires racistes assez horribles."

Dans ce contexte, comment ne pas dresser un parallèle avec le violent harcèlement subi sur les réseaux sociaux par Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka, trois joueurs de l'équipe d'Angleterre de football, depuis qu'ils ont raté leur tir au but et contribué à la défaite de leur équipe en finale de l'Euro 2020 dimanche soir ?

"Nous avons vu les insultes racistes adressées aux footballeurs en ligne, c'était bouleversant", souligne Hamilton. "Cela montre que notre pays a encore un très long chemin à parcourir. À mon avis, cela vient de l'éducation, [au fait de] grandir dans un système où l'on n'apprend pas d'où on vient. C'est lié à l'éducation, et cela doit changer au sein du programme scolaire."

Lewis Hamilton, Mercedes

Ainsi, la Commission Hamilton n'a pas seulement pour but d'améliorer la diversité dans le monde des sports mécaniques mais aussi d'engendrer davantage de tolérance. Le pilote Mercedes ne le cache pas : il a beau être détenteur de la plupart des records majeurs en Formule 1, son palmarès n'est pas ce qui compte le plus à ses yeux.

"Pendant des années, on m'a demandé : que veux-tu que soit ton héritage ?", confie Hamilton. "Je me rappelle ne pas vraiment y avoir beaucoup réfléchi. Je pense que quand j'étais plus jeune, c'était d'être pilote de F1, d'être le meilleur possible, d'être considéré comme l'un des meilleurs pilotes de F1. Mais au fil du temps, j'ai eu ce succès, et la joie qu'apporte ce succès est toujours de courte durée."

J'ai vraiment eu le sentiment d'avoir découvert ma raison d'être. Je souhaite désormais que l'on se rappelle ma vie pour bien davantage que mes victoires.

Lewis Hamilton

"Fin 2019, j'ai eu cette idée de commission. Nous avons commencé à travailler dessus, puis il y a eu toute l'affaire avec George [Floyd, homme noir victime d'une bavure policière aux États-Unis, ndlr], tout ce mouvement, et il s'est trouvé que cela coïncidait avec ce que nous avions déjà commencé à faire. J'ai donc vraiment eu le sentiment d'avoir découvert ma raison d'être. Je souhaite désormais que l'on se rappelle ma vie pour bien davantage que simplement mes victoires au championnat, qui sont évidemment quelque chose d'exceptionnel en soi : comme ayant réellement aidé les gens et contribué à changer notre industrie et le point de vue des gens."

"Nous sommes tous les mêmes. Nous pensons tous la même chose, et il n'y a simplement pas de raison que [la F1] ne soit pas aussi diverse que le monde qui nous entoure. Si d'une manière ou d'une autre je parviens à faire changer les choses, et qu'il suffit de déplacer légèrement le curseur, alors sur le long terme cela peut atteindre un continent entier. Cela peut être énorme. Voilà ce vers quoi je travaille."

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