Comment la FIA justifie les pénalités de Norris et Pérez

Malgré des incompréhensions, des interrogations et même des critiques, la direction de course justifie les pénalités infligées par les commissaires sportifs lors du Grand Prix d'Autriche.

Comment la FIA justifie les pénalités de Norris et Pérez

S'il y a une certitude au lendemain du Grand Prix d'Autriche, c'est la manière dont les pénalités infligées à Lando Norris et Sergio Pérez ont suscité le débat. Le pilote McLaren a été le premier sanctionné dimanche, jugé responsable d'avoir poussé le Mexicain hors de la piste bien qu'il n'y ait eu aucun contact entre les deux hommes. C'était en tout début de course et Pérez tentait de lui ravir la deuxième place, se lançant dans une manœuvre par l'extérieur au virage 4. Après enquête, Norris écopait d'une pénalité de cinq secondes le privant selon toute vraisemblance de la deuxième place à l'arrivée.

Plus tard dans cette course, les rôles se sont inversés puisque Pérez s'est retrouvé à défendre face à Charles Leclerc. Il y aura eu deux passes d'armes, la première défense du pilote Red Bull Racing étant identique à celle de Norris au virage 4 et entraînant une pénalité de cinq secondes, avant une autre pour ne pas avoir laissé suffisamment de place à l'extérieur quelques minutes plus tard, au virage 6.

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Dans un dimanche où les commissaires n'ont pas chômé, ces trois pénalités ont beaucoup fait parler, mais la FIA assure avoir appliqué le règlement bien qu'il lui soit reproché d'avoir sévi de manière plus forte que lors d'autres incidents ces derniers temps. D'aucuns estiment que la philosophie du "Let them race" (Laissez-les courir, en français) ardemment défendue depuis 2019 a pris du plomb dans l'aile mais Michael Masi réfute cette idée.

"Dans le premier cas, celui de Sergio avec Lando, il était totalement à côté de Lando", explique le directeur de course. "Et il y a donc une obligation de laisser la largeur d'une voiture avec la limite de la piste. C'est le même cas, inversé, pour Checo à la sortie du virage 4, puis pour Checo et Charles à nouveau, à la sortie du virage 6. Je ne suis évidemment pas assis dans la salle des commissaires pour délibérer, mais par trois fois leur point de vue a été qu'une largeur de voiture aurait dû être laissée car les deux voitures étaient côte à côte."

Si les commissaires n'ont fait preuve d'aucune mansuétude, c'est aussi en raison de la configuration du tracé de Spielberg. Avec des graviers à proximité immédiate, Michael Masi admet que le jugement est inévitablement différent, rappelant que le cas par cas s'applique toujours. "Naturellement, les graviers ont une incidence à ces endroits-là", admet-il. De quoi traiter ces cas de figure différemment ? "Oui, en analysant les choses logiquement", répond-il. "Il faut analyser chaque événement au cas par cas, en fonction des caractéristiques du circuit, etc."

Le refus assumé de comparer

Les pénalités qui sont tombées durant le Grand Prix d'Autriche suscitent une certaine incompréhension car ce n'est pas la première fois cette saison qu'un pilote à l'extérieur se retrouve "poussé" par un autre. C'était par exemple le cas au premier virage à Imola entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, et l'incident n'avait déclenché aucune sanction. Pour Michael Masi, comparer les deux cas de figure demeure toutefois difficile, ne serait-ce que pour des questions de contexte.

"Premier virage, premier tour, et il ne faut pas oublier que tous les incidents du premier tour sont traités avec plus d'indulgence", répond l'Australien. "C'est le cas depuis un certain nombre d'années en vertu des principes du 'Let them race', appelons-ça comme ça. Pour chacun d'entre eux, c'est très difficile de comparer. Je sais que tout le monde aime tout mélanger, mais il est très difficile de comparer deux virages complètement différents entre Imola et les virages 4 et 6 ici."

L'on se souvient aussi que le Red Bull Ring avait déjà été le théâtre d'un débat autour des manœuvres musclées en piste, pas plus tard qu'en 2019, lorsque Max Verstappen avait forcé Charles Leclerc à sortir large au virage 3 pour s'emparer de la tête en toute fin de course. À l'époque, la FIA n'était pas intervenue, justement au nom de la plus grande liberté accordée aux pilotes dans leurs duels. Acteur il y a deux ans comme cette année face à Pérez, Leclerc n'y voit pas forcément un manque de cohérence.

"Je pense que cette fois-ci c'était probablement un peu différent, car on peut dire qu'il y a deux ans, je n'étais pas devant à la corde, ou du moins nous étions très proches", précise-t-il. "Cette année, j'étais vraiment devant à la corde, donc il devait laisser de la place à la sortie. Mais je crois qu'il sait qu'il a un peu exagéré. Nous avons discuté avec Checo, il s'est excusé immédiatement après la course et tout va bien. Je ne suis pas le genre de gars qui s'attarde longtemps là-dessus. Tout va bien, je vais de l'avant. Mais cette fois c'était évidemment un peu différent. Les conséquences étaient plus importantes pour moi, il y avait des graviers et pas d'asphalte, et j'étais devant à la corde, donc il faut laisser la place."

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