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Comment gérer le deuil dans l'environnement sous pression de la F1

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Comment gérer le deuil dans l'environnement sous pression de la F1
Par :
, Grand prix editor
10 mai 2020 à 07:00

La Formule 1 est réputée pour être l'un des sports les plus impitoyables au monde.

Quand les batailles en piste et les négociations hors piste garantissent au courage de s'épanouir dans un environnement aussi difficile, l'aspect plus humain du paddock est souvent ignoré. Mais, naturellement, il n'est jamais totalement absent. Chacune des plus de 1500 personnes composant le paddock a sa propre histoire, ses propres défis, et ses propres batailles auxquelles faire face chaque jour.

Le deuil est quelque chose que nous devons tous gérer à un moment de notre vie. Dans le cas du directeur technique de Mercedes, James Allison, cela est arrivé de façon soudaine et dévastatrice quand son épouse, Rebecca, est décédée subitement d'une méningite bactérienne à l'âge de 47 ans en mars 2016.

Allison travaillait alors pour Ferrari, en tant que directeur technique, mais quitta l'équipe en juillet de cette année-là pour passer plus de temps en Grande-Bretagne avec ses trois enfants et sa famille. Peu avant le début de l'année 2017, Allison fit son retour en F1 avec Mercedes, là encore en tant que directeur technique suite au départ de Paddy Lowe vers Williams. Arrivant dans un environnement qui avait déjà produit trois doublés consécutifs aux championnats, il s'attendait à un certain niveau d'intimidation. "C'était une équipe qui avait déjà dominé le sport pendant trois années consécutives", a expliqué Allison dans une vidéo sur la chaîne YouTube de Mercedes.

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"C'était une équipe pleine d'ingénieurs du plus haut niveau. C'était une écurie très stable, avec des professionnels à tous les niveaux qui connaissaient parfaitement leur métier. On peut dire qu'ils n'avaient tout simplement pas besoin de moi, ils auraient fait de grandes choses sans mon arrivée. J'étais conscient, en franchissant la porte pour la première fois, que j'entrais dans une équipe dans laquelle j'espérais pouvoir jouer un rôle, mais que cette équipe serait certainement très forte, que je me présente ou non. Cette connaissance donnait déjà à réfléchir."

Allison était conscient de la pression qui l'attendait, mais était "une sorte d'épave" au moment d'arriver chez Mercedes, quelques mois après le décès de son épouse. "Je suis toujours en deuil aujourd'hui, quatre ans plus tard, mais à l'époque, je pleurais dans la voiture en allant au travail et je pleurais en rentrant chez moi. J'espérais être utile au travail, retrouver mes repères et pouvoir me tailler une sorte de monde après la mort de Becca. Mais c'était plus un espoir qu'une certitude."

Le technicien aurait pu se retirer plus longtemps de la F1. Mais le timing de son retour au travail l'a aidé à retrouver une direction et un but qu'il peinait à matérialiser. "Je ne savais pas quelle était la bonne chose à faire à l'époque. Une grande partie de moi voulait juste ramper dans un trou et ne plus jamais en sortir. Mais Toto [Wolff] m'a donné cette opportunité, et j'espérais qu'avec le temps, je commencerais à ressentir le désir de me réengager dans le monde."

"Quand je suis arrivé aux portes de l'usine de Brackley, je me sentais un peu plus fort et un peu plus utile, et j'ai pu me rendre compte que malgré la douleur de la perte de Becca, j'avais encore une certaine utilité. Au fil des semaines, des mois et des années, ce pari que Toto a fait sur moi, j'espérais le rembourser en étant utile."

"J'ai eu beaucoup, beaucoup de chance"

Trois ans plus tard, Allison fait partie intégrante d'une écurie qui a signe trois doublés supplémentaires en trois campagnes, jouant un rôle significatif dans le design des monoplaces 2018 et 2019. En dehors des succès en piste, il est également devenu un leader et une figure au sein de l'écurie. Il est difficile d'imaginer l'actuel team Mercedes sans sa présence.

Mercedes est une équipe qui accorde une grande attention au bien-être de ses employés, surtout sur le plan de la santé mentale. L'importance d'un fort esprit d'équipe et de la culture de l'entreprise ne peut pas être dissocié du succès de Mercedes. "Il s'agit de tout mettre en place et de ne pas laisser le moindre détail de côté, d'avoir une culture de non reproche, de donner du pouvoir aux gens, même quand c'est difficile, quand vous préférez contrôler les choses", expliquait Wolff l'an passé. "Je pense que les points forts sont très profonds, des valeurs sont ancrées dans l'équipe. Vous devez le vivre dans les moments difficiles, et c'est ce qui fait la force de l'équipe."

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Ce sont ces valeurs qui ont rallumé la flamme chez Allison, chose dont il est très reconnaissant envers Mercedes. "Dans un moment de ma vie où tout était complètement chamboulé, et où rien ne semblait normal, la partie la plus familière était mon travail", lança Allison. "Là, le rythme de la course, la pression pour sortir une voiture, la pression pour la développer, l'excitation de la victoire, les défis que la saison vous lance – toutes ces choses me semblaient familières, et c'était à peu près la seule partie de ma vie qui l'était."

"J'ai eu beaucoup, beaucoup de chance d'avoir une place dans une équipe qui est extraordinairement soudée, et avec un groupe de personnes qui n'avaient pas besoin de moi, mais qui m'ont néanmoins ouvert les bras, m'ont fait me sentir bienvenu, m'ont fourni un espace pour travailler. [L'équipe] m'a créé un environnement dans lequel je pouvais être utile, et où je pouvais faire mon deuil et me rétablir, tout en ayant le travail le plus enviable et le plus génial de toute la pitlane. C'est une équipe dont je me sens particulièrement proche pour tout cela."

James Allison, Technical Director, Mercedes AMG, and Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1, 2nd position, on the podium

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Auteur Luke Smith