Formule 1 GP d'Émilie-Romagne

Comment Norris est revenu sur Verstappen à Imola

La lutte entre Max Verstappen et Lando Norris lors du Grand Prix d'Émilie-Romagne s'est avérée être une bataille en deux parties, la gestion des pneus ayant été le facteur clé de ce duel.

Max Verstappen, Red Bull Racing RB20, Lando Norris, McLaren MCL38

Photo de: Andy Hone / Motorsport Images

Dans la première partie de la course à Imola, c'est Max Verstappen qui s'est montré le plus rapide en piste par rapport à la McLaren. Après avoir pris le meilleur départ, il a progressivement réussi à prendre l'avantage sur les pneus mediums pour avoir plus de six secondes d'avance jusqu'à la première salve d'arrêts.

Les choses ne semblent pas avoir beaucoup changé lorsque les pilotes sont passés aux pneus durs, et Norris, qui a brièvement perdu un peu de temps pour dépasser la Red Bull de Sergio Pérez, ne semblait pas mieux loti. L'écart s'est ensuite stabilisé autour des six secondes, puis a même brièvement dérivé vers les sept secondes, Norris étant menacé par la Ferrari de Charles Leclerc qui se montrait pressant.

Mais à une vingtaine de tours de l'arrivée, une autre course à alors démarré. Lando Norris a changé totalement de rythme, commençant lentement à remonter sur la Red Bull pour mettre en place les conditions d'une fin de course palpitante. De l'extérieur, on pouvait penser qu'il s'agissait d'un simple problème pour Verstappen, permettant à Norris d'avoir une chance, mais la réalité était bien plus nuancée que cela.

Il y avait deux facteurs en jeu : d'une part, les pneus de Verstappen étaient sortis de leur fenêtre de fonctionnement idéale et il n'a pas été en mesure de les récupérer. Et puis, d'un autre côté, la gestion minutieuse des pneus durs par Norris au début de leur relais a permis de les rendre performants au moment où c'était nécessaire. Comme l'a dit Verstappen à propos de ses difficultés : "C'était comme conduire sur de la glace, très vite, vous pouvez sentir quand les pneus n'adhèrent plus".

Ce qui s'est avéré crucial pour éviter que Norris ne subisse le même sort, c'est la façon dont il a géré ses pneus dans la phase initiale de ce deuxième relais. L'une des caractéristiques des pneus modernes de F1 est que leur comportement général au cours d'un relais dépend entièrement de la façon dont ils sont traités lorsqu'ils entrent en piste pour la première fois.

Si le pilote attaque à fond dès la sortie des stands, cela peut avoir un impact négatif sur leur température et leur niveau de dégradation par la suite, ce qui peut coûter de la performance. Les faire monter doucement en température, comme l'a fait Norris, est récompensé par un niveau de performance idéal. Andrea Stella, directeur de l'équipe McLaren, a déclaré : "Le facteur principal était la température à laquelle vous pouviez faire fonctionner vos pneus."

"Il semble que si vous amenez vos pneus à une température trop élevée, la baisse [de performance] est très importante. Il ne s'agissait pas d'un plateau, mais d'une petite falaise qui entraînait une perte de performance considérable. Pour nous, les pneus au début de la course dans le premier relais étaient trop chauds et nous perdions du terrain sur Verstappen."

"Mais dans le deuxième relais, surtout Lando, nous avons réussi à contrôler le rythme alors que les pneus étaient plus neufs. Et plus ils sont neufs, plus ils chauffent facilement d'une certaine manière. Il a donc été très patient pour ne pas les surchauffer, et cela a payé à la fin."

La situation de Red Bull n'a pas été facilitée par le fait que l'écurie n'a pas réussi à mettre en banque de données sur le comportement des pneus durs à Imola. L'équipe avait en effet choisi de ne pas faire de long relais sur les pneus durs le vendredi, jour où elle avait eu du mal à placer sa RB20 dans la bonne fenêtre de réglages. Comme l'a dit Christian Horner, le patron de l'équipe Red Bull : "Avec le recul, nous aurions peut-être mieux fait de faire un long run en pneus durs vendredi, tout simplement parce que nous avions choisi d'utiliser deux nouveaux pneus durs pour la course. J'aurais peut-être mieux fait d'obtenir des informations sur le pneu."

Norris savait ce qu'il fallait faire pour placer les pneus durs dans la bonne fenêtre, mais son approche allait bien au-delà de la simple patience. Il lui a fallu un certain temps, au début du deuxième relais pour comprendre ce qui se passait et comment il pouvait gérer les choses dans une phase de la course où les autres semblaient plus rapides.

"Je n'étais pas à l'aise dès que je suis sorti sur le pneu dur", a déclaré Norris. "J'ai rapidement demandé pourquoi j'étais en difficulté. Et ils m'ont répondu : 'Oh, ils attaquent juste plus que toi'. Mais je posais la question parce que je me sentais lent et que je n'avais pas l'impression de pouvoir pousser beaucoup plus. Dès que j'ai commencé à pousser, j'ai eu l'impression de survirer, de sous-virer, de bloquer les pneus. C'est juste que les pneus n'étaient pas dans une bonne fenêtre."

"Il est clair que dès qu'ils ne sont pas dans la bonne fenêtre, vous ne pouvez pas attaquer. J'ai touché à tous mes boutons sur le volant pour essayer d'aider les pneus arrière et essayer de 'tuer' les pneus avant, parce que j'avais trop d'avant à ce moment-là. Et quelque chose comme cinq ou dix tours plus tard, les choses ont commencé à revenir vers moi."

"En faisant tous ces changements, en modifiant le différentiel, l'équilibre des freins et toutes ces choses, j'ai pu ramener les pneus dans une bonne fenêtre. Dès que j'y suis arrivé, je me suis senti suffisamment en confiance pour pousser. Et dès que j'ai senti que je pouvais pousser, tout s'est enchaîné dans la bonne direction."

La situation de Norris a été "aggravée" par le fait que l'équipe avait également prévu que le temps serait beaucoup plus frais qu'il ne l'a été en réalité, de sorte que sa voiture ne se trouvait pas dans la fenêtre idéale.

"Nous nous attendions à ce qu'il fasse un peu plus froid aujourd'hui", a-t-il déclaré. "Nous avons donc réglé la voiture davantage pour des conditions fraiches que pour des conditions chaudes, et je pense que j'en ai payé le prix. C'est la raison pour laquelle j'ai dû commencer de cette façon avec les pneus, les préparer en douceur et en prendre soin. Si je ne l'avais pas fait, je serais tombé du haut de la falaise [de performance] comme les autres."

"Ma seule chance était de faire ma course. Et cela signifiait être sous la pression de Charles pendant plus de tours que je ne l'aurais souhaité. Mais dès que je me suis dégagé du trafic et que j'ai retrouvé mon propre rythme, je me suis senti bien avec la voiture. Les pneus sont revenus vers moi, j'ai pu attaquer et j'étais content. À partir de là, le rythme était incroyable. C'est donc un bon signe".

Si Norris a quitté Imola en se demandant ce qui aurait pu se passer si les choses s'étaient déroulées différemment, il est clair que la course a mis en évidence à la fois les forces et les faiblesses qui subsistent dans le package McLaren.

"C'est toujours une bonne chose d'avoir un bon rythme de course", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que lorsqu'il fait plus chaud et que les pneus arrière se dégradent davantage, nous commençons à avoir beaucoup plus de mal. C'est quelque chose que nous savons. Peut-être aurions-nous pu nous préparer un peu plus. Mais je suis quand même content du résultat."

Avec Jonathan Noble

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