Coulthard - Le danger fera toujours partie de la F1

Après plus de vingt ans sans mort en course, le décès de Jules Bianchi des suites de son accident de Suzuka a rappelé au monde de la Formule 1 que le risque zéro n'existe pas.

La sécurité occupe une place cruciale en sport automobile depuis plusieurs décennies, mais il est impossible de s'assurer que personne n'y perde la vie, bien que les risquent puissent être réduits, et tandis que certains reprochent à la F1 d'être trop aseptisée. Pour David Coulthard, le danger fait partie de la discipline mais doit être relativisé.

"Personne en sport automobile n'est dans l'illusion que ce n'est pas dangereux," écrit Coulthard dans une chronique sur le site de la BBC. "Bien qu'il n'y ait pas eu de mort en F1 entre les décès de Senna et de Bianchi, il y a eu plusieurs pilotes tués dans des crashs dans d'autres catégories."

"Le danger fait partie de la vie, et en fonction des choix de vie que l'on fait, on se met plus ou moins en danger. Tous ceux qui montent dans une voiture de course savent que ce qu'ils font pourrait mettre leur vie en péril, mais ils choisissent de le faire quand même pour ce que cela leur apporte."

"Pour moi, la joie et le plaisir de courir et de faire partie d'une équipe l'emporte sur les risques et sur ce qui pourrait arriver. Et j'imagine que c'est ainsi que vit 99% de la population mondiale. Nous savons tous que nous allons mourir un jour, mais nous ne faisons pas attention à chaque pas de peur de tomber dans un trou."

Suzuka, un circuit old-school

L'accident de Bianchi a eu lieu à Suzuka, sur un des rares circuits où les bacs à graviers demeurent rois, et dont on peut remarquer l'ancienneté à l'étroitesse de la piste. Mais ces aspects n'ont pas joué de rôle dans la sortie du Français.

Selon Coulthard, il faut comprendre que ce n'est pas le danger qui attire les pilotes, mais l'envie de courir à la limite en perdant du temps si une erreur est commise.

"Au fil des 21 années que j'ai passées sur les circuits de Grand Prix, la sécurité s'est considérablement améliorée, jusqu'au point où les gens se demandent si la discipline est trop aseptisée et si la perception de danger est réduite," poursuit l'Écossais.

"Comme l'a prouvé l'accident de Bianchi, le danger est vraiment toujours là. L'accident s'est produit sur l'un des circuits les plus anciens, dans des conditions qui représentent vraiment un défi : la pluie, le crépuscule, un virage exigeant en aveugle."

C'est la différence entre jouer 50 centimes et 50.000€

David Coulthard au sujet des bacs à gravier

"Il y a moins de chances que cela se produise sur l'un des nouveaux circuits, plus plats, avec leurs dégagements, mais les pilotes diraient incontestablement qu'il y a moins de plaisir à courir là-bas qu'à Suzuka. Ce n'est pas parce qu'ils pensent que le risque de mort fait partie du défi. C'est parce que les conséquences d'une erreur sont bien plus grandes."

"Au lieu de sortir large et de revenir en piste, ils peuvent endommager leur voiture, ou même avoir un accident. Et même si l'on est indemne après un accident, croyez-moi, cela fait toujours mal. C'est la différence entre jouer 50 centimes sur la roulette et 50.000€. Plus la compétition et l'enjeu sont grands, plus la satisfaction l'est."

A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes David Coulthard
Type d'article Actualités
Tags chronique, danger, sécurité