Les cas Grosjean 2012 et Hülkenberg 2018 pas comparables, estime la FIA

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Les cas Grosjean 2012 et Hülkenberg 2018 pas comparables, estime la FIA
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
27 août 2018 à 15:46

Charlie Whiting, directeur de course de la FIA, a développé auprès des médias sur le raisonnement qui a amené les commissaires à sanctionner Hülkenberg, sans toutefois le bannir comme Grosjean l'avait été après Spa 2012.

Fernando Alonso avait été l'un des premiers à le faire remarquer de manière candide, mais suffisamment directe pour que son point de vue sur la question soit compris : en 2012, pour sa responsabilité dans l'accrochage du départ du GP de Belgique ayant propulsé une monoplace dans les airs et provoqué le chaos contre d'autres concurrents, Romain Grosjean avait écopé d'un Grand Prix de suspension.

Dimanche, Nico Hülkenberg a évité une telle sanction et a subi l'attribution d'une pénalité de dix places sur la grille pour le prochain Grand Prix, à Monza, ainsi que trois points de pénalité sur sa licence.

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Au moment des faits, il y a six ans, Grosjean s'était déjà affiché dans une série d'incidents controversés ayant été jusqu'à lui valoir le surnom de "cinglé du premier tour" par Mark Webber. Le GP de Belgique avait alors été la goutte d'eau faisant déborder le vase pour les commissaires de la FIA, qui avaient décidé d'appliquer une sanction exemplaire prenant en compte le côté redondant des égarements du Franco-Suisse. Ces événements avaient par ailleurs incité la FIA à faire entrer en action le système de licence à points, afin de ne pas devoir systématiquement recourir à des peines trop lourdes et subjectives selon les événements, mais toutefois menacer les pilotes d'une suspension en cas de perte de l'intégralité des 12 unités sur une période de 12 mois.

Les commissaires conscients des similitudes

Les commissaires savaient, dimanche, que se dresseraient invariablement des comparaisons entre les deux accidents, et ont été jusqu'à prendre la décision inhabituelle de mentionner le cas Grosjean dans le rapport de décision remis dimanche soir concernant le cas Hülkenberg.

"Je pense qu'ils ont regardé de nouveau un type d'incident similaire causé par Romain en 2012", commente Whiting, qui ne fait cependant pas partie lui-même du comité de décision, mené par l'ex-pilote Mika Salo en Belgique. "Cet accident était en fait ce qui avait donné naissance au système de points de pénalité. Je pense que [cette fois] c'était clairement de la faute de Nico ; il a dit qu'il était totalement à blâmer pour ça, il a embarqué trois ou quatre autos et a détruit leur course."

"Je pense que ça s'est joué à ça. Je pense que les points sont totalement justes, et j'estime que dix places de pénalité sur la grille est globalement ce à quoi il s'attendait. Il n'a rien eu à redire à ce sujet, apparemment. Si l'on revient sur l'accident de Grosjean et ceux qui ont précédé, il s'agissait de toute l'idée générale du système de points que de dire que s'il avait eu ces accidents, et que chacun lui avait coûté trois points, alors il aurait été assez justifié de lui attribuer une course de suspension."

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Hülkenberg assume sans distortions

La FIA répond donc aux interrogations de "deux poids, deux mesures" soulevées par certains observateurs, qui estiment que la lourde sanction contre Grosjean en 2012 avait été une expulsion mécanique pour un gros accident, et que Hülkenberg méritait de facto la même cette année.

Whiting ajoute que ce qui peut apparaitre comme une réaction souple des commissaires à l'encontre de Hülkenberg peut aussi être le fait que celui-ci a reconnu sa responsabilité totale dans l'accident ; tout en assurant que les commissaires ne peuvent pas se laisser simplement amadouer par le comportement hors-piste.

"Je pense que cela a joué une part dans la décision des commissaires mais je ne pense pas que cela aurait été différent [comme sanction] s'il avait dit : 'ce n'est pas de ma faute'. Je ne pense pas qu'il aurait pu faire ça, pour être honnête."

Propos recueillis par Adam Cooper

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