Dakar - Histoire d'un rallye devenu mythique (1/2)

"Un défi pour ceux qui partent, du rêve pour ceux qui restent", c’est en ces termes que Thierry Sabine, ancien pilote de rallyes et fondateur du Dakar, qualifiait le Paris-Dakar

Dakar - Histoire d'un rallye devenu mythique (1/2)

"Un défi pour ceux qui partent, du rêve pour ceux qui restent", c’est en ces termes que Thierry Sabine, ancien pilote de rallyes et fondateur du Dakar, qualifiait le Paris-Dakar. C’est en 1977 que celui-ci, qui était déjà à l’origine de la création de l’Enduro du Touquet en 1975, eu l’idée d’organiser cette nouvelle course de rallye-raid.

Lors de la course de moto Abidjan-Nice, il se perdit dans le désert. Dans la solitude de sa navigation, et après avoir sillonné ces vastes étendues sablonneuses, l’idée d'une épreuve en ces terres reculées traversa l’esprit du pilote français.

Il ne fallut pas longtemps pour que la première édition voit le jour. C’est ainsi que dès 1978, pas moins de 182 véhicules de tous types s’alignèrent à Paris, sur la Place du Trocadéro, en vue d’affronter les quelques 10 000 km du premier Paris-Dakar de l'histoire.

Cette manche inaugurale proposait ainsi une descente de Paris jusqu’à la côte d’Azur – avec comme seul parcours chronométré dans en France un prologue séparant le Trocadéro du circuit de Montlhéry – suivi d’un embarquement pour Alger, avant de rentrer dans le vif du sujet, à savoir plusieurs milliers de kilomètres de spéciales à travers le désert. Le tracé reliait ainsi dans un premier temps la capitale algérienne à Agadez, au Niger, avant de prendre un cap plein Ouest en direction de Dakar, au Sénégal.

C'est le pilote français Cyril Neveu qui remportera cette première édition en catégorie moto, sur une Yamaha XT 500. Alors qu'Alain Genestier s'imposera en catégorie auto sur un Range Rover.

Un parcours en constante évolution

Le parcours de l’épreuve sera par la suite ajusté au fil des années. Ainsi, après six départs donnés depuis Paris, la course prend son envol en 1985 depuis Versailles, puis Chevilly-Larue, dans le Val-de-Marne en 1991.

1992 marque cependant la première véritable entorse à l’appellation « Paris-Dakar », avec un départ donné depuis la « ville aux cent clochers » : Rouen, pour une arrivée à l’extrême Sud de l’Afrique, au Cap.

1994 est marquée aussi du sceau de l’innovation, l’épreuve réalisant une véritable boucle, partant de Paris pour une fin de parcours à Marne-la-Vallée, sur le parvis d’Euro Disney. Dans le même esprit, l’édition 1997 verra l’épreuve débuter et se terminer à Dakar.

Plus tard, le Paris-Dakar délocalisera ses lieux de départ et d’arrivée à de multiples reprises, s’exilant parfois même en dehors des frontières de l’hexagone et du Sénégal : en 1995 et 96, l’épreuve prend ainsi son envol à Grenade, en Espagne. En 2000, c’est le coup d'envoi qui est donné au sein de la capitale sénégalaise, pour une arrivée au Caire, alors qu’en 2004 l’épreuve démarre à Clermont-Ferrand, bastion du manufacturier de pneumatiques Michelin, puis à Barcelone l’année suivante.

Le Paris-Dakar « ancienne formule » prit enfin son envol, lors de ses deux dernières éditions, au Portugal à Lisbonne. L’édition 2008 fut ensuite annulée devant les menaces à l’encontre de la sécurité en Mauritanie, pays qui devait alors accueillir 8 spéciales.

En effet, peu avant le départ de la course, le 24 Décembre 2007, quatre Français et trois militaires mauritaniens furent assassinés dans la ville d’Aleg. Laurent Wauquiez, alors porte-parole du gouvernement français, émit donc la recommandation aux ressortissants français de ne pas se rendre dans le pays.

Malgré l’annonce du déploiement de 4 000 policiers mauritaniens et devant la menace d’ Aqmi (Al-Qaida au Maghreb Islamique), les organisateurs décidèrent au final de suivre les conseils de l’exécutif. Cette résolution frappée au coin du bon sens se révélera particulièrement pertinente, lorsque un attentat fut perpétré à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, le 1er Février 2008.

La situation ne semblant pas être en mesure de s’améliorer à courts et moyens termes dans les pays du Sahel, la direction du Dakar décida alors de poursuivre l’épreuve en Amérique du Sud, et ce dès 2009.

Bien que pour des raisons médiatiques l’appellation « Dakar » fut conservée, l’intégralité de l’épreuve déménagea donc en Amérique latine. Buenos Aires accueillit ainsi le départ et l’arrivée de la première édition de cette nouvelle version, le parcours traversant dans un premier temps l’Argentine et le Chili, avant d’effectuer un premier décrochage par le Pérou en 2012. Enfin, lors de l’édition 2014 les catégories moto et quad traversèrent pour la première fois la Bolivie par le Sud, juste à côté du salar d’Uyuni.

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