Des pilotes de Formule 1 de plus en plus longilignes

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Des pilotes de Formule 1 de plus en plus longilignes
Par : René Fagnan
18 oct. 2016 à 18:01

L’introduction des unités de puissance turbo hybrides en 2014 avait placé les projecteurs de la Formule 1 sur le poids des pilotes.

Jacques Laffite et Keke Rosberg, Williams
Gilles Villeneuve, Ferrari 312T4
Podium : le vainqueur Keke Rosberg, Williams, le deuxième René Arnoux, Ferrari, et le troisième Elio de Angelis, Lotus
Sebastian Vettel, Red Bull Racing, et Mario Andretti
Alain Prost, et Eric Boullier, directeur de la compétition McLaren
Esteban Ocon, Manor Racing
Jenson Button, McLaren fête son 300e GP avec Daniel Ricciardo, Red Bull Racing, Stoffel Vandoorne, pilote d'essais et de réserve, McLaren F1 Team et Marcus Ericsson, Sauber F1 Team
Jenson Button, McLaren avec Daniel Ricciardo, Red Bull Racing
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Daniil Kvyat, Scuderia Toro Rosso avec Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1

En effet, vu le poids élevé de ces nouveaux groupes motopropulseurs, plusieurs pilotes, sinon tous, avaient alors dû suivre une diète afin de perdre quelques kilos pour que le poids de leurs voitures, eux assis à bord, frise le poids minimal exigé.

Cette saison, une voiture de F1 avec son pilote, mais sans essence dans le réservoir, ne doit pas peser moins de 702 kg. Pourtant, il y a de cela 40 ans, une voiture de F1 ne pesait que 575 kg, soit 127 kg de moins ! À cette époque, le poids du pilote était déjà d’actualité.

Le poids, oui, mais aussi la taille. La majorité des pilotes était de petite taille, notamment Alain Prost, Patrick Depailler, Jan Lammers, Mario Andretti, Bruno Giacomelli, Keke Rosberg, Gilles Villeneuve, René Arnoux, Jacques Laffite et Arturo Merzario qui mesuraient moins de 1,70m. Les pilotes de grande taille étaient (très) rares à ce moment.

Quatre centimètres

Nous avons compilé et comparé la taille des pilotes de F1 de la saison 2016 à ceux de 2006, soit un écart de dix ans. En 2006, la taille moyenne était de 1m73. Aujourd’hui, elle a grimpé à 1m77. Vous me direz que ce n’est pas beaucoup, mais quatre centimètres de plus en seulement dix ans, c’est significatif.

Sachez qu’en 2006, seuls trois pilotes mesuraient 1m80 ou plus. Aujourd’hui, ils sont… neuf ! Autre comparaison édifiante : en 2006, sept pilotes mesuraient moins de 1m70. Dix ans plus tard, il n’y en a qu’un seul, Felipe Massa, et il prendra sa retraite de la F1 dans quelques semaines.

Au cours des 30 dernières années, l’alimentation s’est variée, les habitudes de vie se sont assainies et la taille atteinte par les adultes a progressé. Il est donc normal que les individus de 2016 soient plus grands que ceux de 1976. Plusieurs études démontrent que la taille moyenne des personnes des pays les plus industrialisés a progressé de plusieurs centimètres au cours des 50 dernières années. Les individus qui se destinent au pilotage d’engins de compétition sont donc forcément de plus grande taille.

Une évolution technique

Toutefois, il faut aussi tenir compte de l’évolution technique qui a aussi joué un rôle dans la sélection des pilotes. Il y a 30 ans de cela, un kart de compétition était hyper simple et ultra léger. Tout kilo excédentaire se payait cher sur la piste. Alors cette formule favorisait naturellement les pilotes de petit gabarit, d’autant que le centre de gravité avait tout intérêt à être le plus bas possible, tout près du sol.

De plus, en Formule 1 comme avec les autres monoplaces, il était beaucoup plus facile de concevoir une voiture autour d’un petit pilote. Lorsque le règlement technique a été modifié, obligeant les pieds des pilotes à être situés derrière l’axe des roues avant, ce fut pire encore. Avec un énorme réservoir capable de contenir 220 litres de carburant, il était pratiquement impossible d’y asseoir un pilote mesurant plus de 1m80 dans le cockpit. Certains, comme Gerhard Berger et Philippe Streiff, parvenaient à loger leurs longues carcasses, mais au prix d’un douloureux inconfort et de nombreuses ecchymoses. L’arceau de sécurité situé derrière le siège devait aussi être haussé afin de dépasser la hauteur du casque d’un grand pilote, ce qui perturbait l’aérodynamique.

Au cours des années suivantes, le règlement a évolué et a permis la participation de pilotes plus grands et un peu plus lourds, sans qu’ils soient pénalisés. On remarque la même tendance en karting où les machines sont devenues plus sophistiquées et plus lourdes, et où les autorités n’ont pas hésité à hausser le poids minimum du kart et de son pilote assis à bord afin de ne plus défavoriser les individus de grande taille.

Dernier point : la condition physique des pilotes a elle aussi énormément progressé. Avant les années 80, il n’était pas rare de voir des pilotes de F1 avec un petit peu d’embonpoint. Peu de pilotes s’entraînaient physiquement et ceux qui le faisaient se contentaient souvent de courir durant quelques kilomètres. Dorénavant, les pilotes de F1 sont affutés comme des athlètes, et plusieurs disputent même régulièrement des triathlons.

En F1, il n’y a pas que la voiture qui évolue. Le pilote aussi.

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Séries Formule 1
Auteur René Fagnan
Type d'article Actualités