Dossier - Les anciens pilotes Caterham - Jarno Trulli

C’est chez Caterham, à l’époque où l’écurie s’appelait encore Lotus, que Jarno Trulli a conclu sa longue carrière en Formule 1.

Trulli était le fer de lance de Toyota en F1 dans une collaboration de cinq ans qui a mené à quatre pole positions et sept podiums, mais pas de victoire. Lassés de courir après la plus haute marche du podium, les dirigeants de la marque japonaise ont décidé de jeter l’éponge à l’issue de la saison 2009 que Trulli avait pourtant conclue à la huitième place du classement des pilotes : il n’avait pas fait mieux depuis 2005.

C’est ainsi que Trulli s’est retrouvé sur la touche, mais a trouvé refuge chez Lotus Racing, une nouvelle équipe symbolisant le retour de la légendaire écurie en 2010. Tandis que les rumeurs annonçaient un duo Trulli-Sato, l’Italien a été associé à un Kovalainen dont la réputation avait été bien mise à mal par le passage chez McLaren.

Réputé comme étant spécialiste des qualifications, Trulli s’est montré à son avantage face à son coéquipier, parvenant à être plus rapide lors de onze des dix-neuf séances. Le pilote Lotus n’est toutefois pas parvenu à passer en Q2 même s’il en était très proche par instant : en Malaisie, lorsque les McLaren et les Ferrari s’étaient fait piéger par la pluie, Trulli n’était qu’à neuf millièmes de seconde du dix-septième chrono… signé par Kovalainen.

De très nombreux problèmes mécaniques

En course, l’Italien s’est montré plus en difficulté et a peiné à prendre l’avantage sur Kovalainen. A sa décharge, Trulli a été victime de nombreux problèmes mécaniques, avec pas moins de huit abandons liés à des problèmes hydrauliques ou à la boîte de vitesse. Pas étonnant dans ce contexte que Tony Fernandes, propriétaire de l’écurie, ait qualifié le système conçu par XTrac de cauchemar…

Tous les abandons de Trulli n'étaient cependant pas mécaniques, comme à Monaco où une tentative de dépassement un peu optimiste sur la HRT de Karun Chandhok s'est soldée par un accrochage spectaculaire.

De plus, lorsque les deux pilotes étaient à l’arrivée, Trulli était trop souvent loin de son coéquipier. Sur les cinq courses où c’est arrivé, l’Italien n’a eu l’avantage qu’une fois : à Silverstone.

Malgré tout, Trulli a montré un niveau proche de celui de son coéquipier et a logiquement été reconduit pour la saison 2011.

Une direction assistée délicate

Cependant, cette deuxième campagne chez les verts a été un vrai calvaire pour le natif de Pescara. Doté d’une sensibilité remarquable au volant, Trulli avait besoin d’une monoplace au comportement proche de la perfection et ne s’est jamais habitué à la direction assistée de la T128, malgré une évolution de celle-ci en Hongrie.

Malgré son statut de spécialiste des qualifications, Trulli a été battu par Kovalainen 16-2 en qualifications ! Jamais l’Italien n’avait été vaincu par un coéquipier dans cet exercice sur l’ensemble d’une saison.

En course, tandis que le Finlandais se mêlait à la lutte en milieu de tableau, Trulli peinait à suivre son rythme et ne l’a devancé qu’à deux reprises : à Monaco, avec quatre dixièmes d’avance, et à Spa-Francorchamps, après un accrochage entre les deux Lotus au premier virage.

L'Italien pouvait au moins se satisfaire d'avoir fini devant Kovalainen au championnat, à la faveur de ses deux treizièmes places obtenues en Australie et à Monaco.

La situation était telle que Trulli a été remplacé par Karun Chandhok pour le Grand Prix d’Allemagne. Il s’agissait pour l’écurie d’évaluer son pilote essayeur en vue du Grand Prix d’Inde, tandis que l’Italien attendait patiemment la nouvelle direction assistée, prévue pour la Hongrie. Si la version officielle voulait que Trulli ait cédé sa place de son plein gré, difficile de savoir si c’était la vérité.

Reconduit pour 2012, puis remplacé

Kovalainen et Trulli ont été reconduits pour la saison 2012 dès le mois de septembre 2011. Les rumeurs d’un possible remplacement de ce dernier ont cependant enflé au fil du mois de janvier : Daniel Ricciardo, puis Vitaly Petrov ont été annoncés dans son baquet, jusqu’à l’officialisation du Russe comme pilote titulaire en février.

"J’ai un contrat avec Caterham, un point c’est tout," déclarait Trulli au mois de janvier 2012. "Je ne suis pas au courant de ces rumeurs. L’équipe ne m’a rien dit. Lundi, je serai à l’usine pour mouler mon baquet et tout reste en l’état jusqu’à ce qu’on me notifie le contraire."

Le vainqueur du Grand Prix de Monaco 2004 aura au moins eu le temps de tester le KERS pour la première et dernière fois de sa carrière lors d’une ultime séance d’essais en F1 au volant de la Caterham CT01.

Trulli s’illustre désormais dans le championnat de Formule E et s’est notamment fait remarquer en signant la pole position à Berlin. Les résultats bruts ne sont toutefois pas au rendez-vous, si bien qu’au championnat, l’Italien est dernier des pilotes qui ont disputé toutes les courses.

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