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Édito - Game of thrones : la guerre des équipiers fait rage !

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Édito - Game of thrones : la guerre des équipiers fait rage !
Par :
26 juil. 2017 à 07:05

Cette saison, nombre de confrontations prennent de plus en plus d'épaisseur dans les équipes F1. Les dynamiques de carrière se font et se défont dans l'adversité !

Tout le monde a encore en tête les affres subies par l’équipe Mercedes, au plus fort de la lutte interne que se sont livrés Lewis Hamilton et Nico Rosberg (ainsi que leurs côtés respectifs du garage) lorsqu’ils ont disposé, pendant trois ans, de la monoplace significativement la plus performante du plateau.

Fort heureusement pour nous, observateurs, l’ultra domination de Mercedes fut différente de celle exercée par Ferrari ou Red Bull par le passé, en en ce sens qu’un duel exista bien entre les deux seuls hommes capables de se battre pour la couronne mondiale : non seulement car ils y étaient autorisés (ou s’y sont autorisés avec des moyens étendus sur les 18 derniers mois), mais car leur niveau de performance sur l’ensemble d’une saison et les aléas rencontrés par l’un et l’autre permirent d’assister à une confrontation au moins mathématique, stratégique, médiatique et psychologique, à défaut d'être réellement flamboyante.

Nico Rosberg, Mercedes AMG F1 et Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1

Il faut en effet bien éplucher les 59 Grands Prix disputés entre 2014 et 2016 (conclus par 56 poles Mercedes, 51 victoires et 31 doublés) pour trouver quelques scènes de confrontation directe entre Hamilton et Rosberg en dehors des qualifications. Mais deux d’entre elles demeurent emblématiques : le contact entre les deux hommes, partis de la première ligne de la grille en Espagne (2016), faisait suite à une autre friction sur le Grand Prix de Belgique 2014, et fut sans aucun doute le point culminant de leur association ; menant même, selon les dires de nombreux insiders du paddock, à la menace réelle d’un départ immédiat de Hamilton de l’équipe.

Moins d’un an après la retraite choc d’un Nico Rosberg de la discipline après avoir été fraîchement couronné (et avoir renouvelé son contrat de plusieurs saisons à l’été), on sent encore une certaine omerta régner sur le difficile sujet de la cohésion d’équipe chez Mercedes pendant cette ère, et une certaine mesure dans la profondeur des détails qui sortent. De nombreuses anecdotes circulent. Possiblement montées en épingle ; possiblement annonciatrices de savoureuses interviews futures ou confessions des protagonistes que l’on trouvera, comme l’a d’ailleurs suggéré Hamilton, dans un livre un jour. Parions cependant sur la seconde hypothèse !

Quoi qu’il en soit, le départ de Nico Rosberg de Mercedes a certes secoué l’équipe, mais a permis à celle-ci de recréer avec Valtteri Bottas l’harmonie tant recherchée par Toto Wolff, dans sa quête de lissage des émotions et du message sportif devant sortir. Plus que la lutte intestine et la mauvaise publicité d’une hégémonie mal contrôlée, Mercedes savoure aujourd’hui le retour à la compétitivité – juste ce qu’il faut – de Ferrari. Un adversaire ne risquant pas de créer d’implosion au sein du team.

La compétitivité de Bottas – juste ce qu’il faut, là aussi – permettrait potentiellement à Hamilton de ressortir fin 2017 avec une stature de champion grandi. Battre un nouvel équipier finalement coriace et mener un duel attendu par de nombreux fans face au seul homme en activité disposant pour le moment de plus de couronnes mondiales que lui, au volant d’une Ferrari, est du pain béni pour le tissage de sa reconnaissance sportive.

Situations "harmonieuses"

Même si le degré de tension de la situation Mercedes 2016 n’est – heureusement – pas atteint si fréquemment, il est cependant notable que l’intensité des duels entre équipiers cette année nous donne de quoi savourer la saison.

Chez Renault, on sent vraiment ces questions bien éloignées des affaires que doit gérer le management. Et pour cause ! Le fossé qui sépare Jolyon Palmer de Nico Hülkenberg n’est pas justifiable par des arguments tels que la différence (effective) de matériel dont disposent les deux pilotes en certaines occasions, et Palmer sait qu’il est avant tout menacé par lui-même plus que par son équipier.

Jolyon Palmer, Renault Sport F1 Team

Quelles que soient les raisons trouvables week-end après week-end par le Britannique, rien ne justifie aujourd'hui le fait que 100% des points de Renault aient été inscrits par un unique pilote, laissant le team aisément deux positions sous son niveau escompté au championnat.

Pas de relation enseignant/élève façon Massa/Stroll ou roi/prince façon Alonso/Vandoorne ici ! Le principal intéressé le sait lui-même : son handicap est presque constamment supérieur à la demi-seconde au tour, même à la régulière. Et que l’on ne nous dise pas que Renault pourrait mieux soutenir un pilote doutant forcément en son for intérieur et pouvant trouver refuge dans la confirmation d’un avenir avec le team : Palmer, depuis son arrivée en tant que pilote de réserve en 2015, a été plus que choyé par la structure franco-anglaise. S’il est un point que l’on peut reconnaître à Enstone, c’est de savoir peser de tout son poids en termes de communication et de soutien dans le sens de ses choix souvent discutables de pilotes. Palmer, Maldonado, Senna, Heidfeld, Petrov, Kovalainen : la liste est longue.

Kimi Raikkonen, Ferrari, et Sebastian Vettel, Ferrari

La situation interne de Ferrari est elle aussi mesurée : la rumeur dit que Vettel attend de parapher son extension de contrat de trois saisons pour 120 millions avec le Cheval Cabré à la condition de pouvoir être assuré du fait que Räikkönen demeure son équipier pendant au moins une année supplémentaire – son contrat prenant lui aussi fin au terme de la saison 2017 –. Récemment, la faim de Vettel a été saluée par une équipe sachant disposer en l’Allemand d’un jeune homme mu par le seul désir de triompher avec l’équipe rouge, pour laquelle il a appris l’Italien, comme son héros Michael Schumacher.

Mais Sergio Marchionne, le grand patron du groupe, sait que nombre de jeunes pilotes vendraient père et mère pour piloter en rouge. Il attend de ses pilotes non seulement cette hargne (pardonnant ainsi de récents nombreux écarts disciplinaires de Vettel), mais aussi de l’implication quotidienne, ce que Räikkönen peine trop souvent à démontrer à ses employeurs. Mais à part un Rosberg possiblement sur le marché pour un retour en F1 dans un top team, qui pourrait réellement occuper le baquet du Finlandais en 2018 ? Entre indifférence relative et agitation provoquée par un autre affamé comme Pérez ou Grosjean, Ferrari serait pardonné de vouloir s’assurer une nouvelle saison de sérénité, et simplement espérer sortir une auto plus proche du sommet encore pour réellement disputer le championnat des constructeurs avec un numéro deux "traînard".

Daniel Ricciardo, Red Bull Racing et Max Verstappen, Red Bull Racing avec les médias lors d'une course de canots sur la rivière Yarra

Ailleurs, les ingrédients sont là pour un feu d’artifice plus ou moins imminent. Chapeau bas à Christian Horner et Helmut Marko pour être capables de contrôler une rivalité réelle mais contenue entre Daniel Ricciardo et Max Verstappen. Le fait qu’ils sachent disposer d’un contrat pour 2018 n’y est pas pour rien. Tous deux sont des superstars de la F1 et savent leurs destins interconnectés. Les deux hommes, fort convoités par les dirigeants d’équipe, savent fort bien que l’ensemble du paddock observe leur confrontation comme étant révélatrice et annonciatrice de ce que pourrait être leur valeur (et leurs opportunités de carrière) au cours de la prochaine décennie.

Dans leur position d’outsiders disposant de la troisième auto du plateau, les pilotes Red Bull sont dans la flatteuse position de pouvoir "vendre" leurs exploits comme des performances individuelles, à la façon d’un Alonso. Leur cote ne sortira pas froissée par une mauvaise fiabilité, pléthore de places de pénalité sur la grille en seconde moitié de saison, ni même de quelques frictions en pistes en devant remonter au cœur d’un peloton agité. En revanche, leur face-à-face est suivi intensément : Ricciardo se doit de continuer à se montrer comme le bloc de l’équipe en termes de développement et de livraison de résultats en course ; tandis que la vista de Verstappen, sa vitesse en qualifications et sa jeunesse lui permettent encore de disposer de quelques largesses de jugement, même quand il est battu par son équipier.

Survie et promotion : grosse pression sur la grille

Le duo Red Bull a en tous les cas eu le mérite d’éviter la règle d’or que les équipiers Force India, Toro Rosso et Sauber ont été incapables de tenir : ne jamais se percuter entre eux ! En cette première moitié de saison, les ambitions personnelles ont parfois pris le pas sur la notion d’équipe.

La bataille ayant mijoté épisode après épisode entre Sergio Pérez et Esteban Ocon est fascinante. Non seulement parce que les deux hommes jouent des places d’honneur de grande valeur à chaque course (un podium Force India a vraisemblablement été manqué à Bakou en raison de leur contact), mais parce que l’un d’entre eux, à peine débarrassé d’un Nico Hülkenberg très bien vu (qu’il a pourtant secoué ces dernières saisons), était convaincu de disposer d’une seconde chance imminente de top team avant de voir arriver un talentueux rookie dans sa bergerie.

Le crash de Sergio Perez, Sahara Force India VJM10

Dans le rythme, mais montant aussi d’un cran à chaque Grand Prix en qualifications comme en course et dans la gestion d’ensemble de ses week-ends, Ocon, tombeur de Verstappen en F3, crée une nouvelle dynamique. Et fait que Pérez, menacé dans sa trajectoire, l’identifie désormais comme l’un des pilotes de la grille avec lesquels se montrer le plus ferme, en piste comme devant les micros, pour ne pas voir le jeune Français être identifié comme le prochain à devoir quitter le milieu de plateau. On saluerait la sportivité assumée de Force India qui laisse en tout cas ses pilotes en découdre en piste. Mais gare à la naïveté ! Pérez apporte une très grande ressource commerciale au team avec le soutien de ses nombreux sponsors mexicains, et il sera toujours plus facile pour l’équipe de recommander à Ocon de faire place nette dans les moments où le bouchon sera prêt à sauter.

Une pression d’un autre ordre, mais aux enjeux similaires, apporte du grain à moudre chez Toro Rosso. Pour sa quatrième saison en F1, Daniil Kvyat est déjà un rescapé en ce sens que nul jeune pilote du giron Red Bull autre que lui n’a bénéficié des largesses du management pour revenir dans le junior team, au point de questionner toute l'échelle mise en place.

Carlos Sainz Jr., Scuderia Toro Rosso STR12 devant Daniil Kvyat, Scuderia Toro Rosso STR12

Resté en raison du fait que Red Bull devait sauver la face après avoir promu puis déchu le Russe de l’équipe mère, Kvyat pouvait apporter des garanties intéressantes à Franz Tost ; d’une part en inscrivant des points réguliers et assurer une position solide au championnat, et d’autre part pour servir de point de référence sur lequel juger la saison d’un Carlos Sainz supposément dans une dynamique d’ascension. Mais le mal-être des deux pilotes est perceptible, pour des raisons différentes : Kvyat, qui sait sa carrière menacée, peine encore à extraire le meilleur de son matériel et connaît des week-ends en dents de scie.

Sainz, inspiré par son héros Alonso, se montre de plus en plus prompt à jouer la carte individuelle et à exhiber ses talents de manière caricaturale, tout en faisant clairement savoir son impatience à l’idée de quitter le cocon qu’est Toro Rosso, quitte à devoir partir de la famille Red Bull. L’ambition débordante de ces deux jeunes finalement pas si prêts que ça à monter la marche suivante se ressent dans les résultats et Sainz a récemment plus eu à répondre de ses approximations aux volant et devant les médias que de courses solides et humbles. Le fracas de Silverstone, où la perte de contrôle de Kvyat dans le premier tour emmena Sainz avec lui, indique des intrigues estivales encore palpitantes...

Chez Sauber, la situation est des plus complexes, en ce sens qu’elle semble débuter par une tension interne trouvant naissance dans la structure même du team. Disposant de riches soutiens dans l’organigramme de l’équipe suisse récemment rachetée par des investisseurs suédois, Marcus Ericsson est chez lui, en dépit du fait de poser de grandes questions sur son niveau de performance et sa réaction à l’adversité. Sportivement, on pourrait penser qu’il a pour obligation de battre un Wehrlein qui pensait le volant Mercedes attribué à Bottas accessible l’hiver dernier

Marcus Ericsson, Sauber C36 et Pascal Wehrlein, Sauber C36

La réalité est que l’Allemand est paradoxalement plus sous pression et ne peut se permettre de manquer une seconde fois le train d’un team de milieu ou haut de grille. Reste que les régulières éruptions à la radio d’Ericsson à l’encontre de son équipier ne plaident pas en sa faveur, pas plus que les six meilleures qualifications postées par Wehrlein en huit confrontations. Il se dit que le départ de Monisha Kaltenborn de la direction de l’équipe aurait – entre autre – pour raison le fait qu’un désaccord profond régnait concernant le niveau d’équité à fournir à Pascal Wehrlein, visiblement plus rapide en dépit d’une expérience moindre, et Ericsson. Gageons qu’il ne s’agissait sans doute que d’un des points épineux du dossier, lorsque l’on sait qu’elle fut finalement remplacée par un Frédéric Vasseur ayant lui-même eu des divergences marquées avec le staff exécutif de Renault au sujet du duo de pilotes à signer en 2017, au point de quitter lui aussi le navire. 

Le Français tolérait notamment mal l’idée d’un compromis lié à l’apport d’un budget par un pilote dont le rendement sportif ne suffisait pas à équilibrer la balance… Reste à savoir si Ericsson se trouverait menacé si le Français passait des accords de motorisation 2018 incluant des conditions relatives aux choix du line-up.

Photo de groupe des pilotes
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