La F1 devrait parfois limiter la puissance du DRS, selon Brawn

Pour Ross Brawn, le manager sportif en partance de la F1, la discipline devrait prendre le parti de limiter l'avantage que peut constituer le DRS, sans toutefois le supprimer.

La F1 devrait parfois limiter la puissance du DRS, selon Brawn

La Formule 1 a disputé sa première saison complète sous l'égide de la nouvelle réglementation technique. Les premières conclusions tirées sur l'efficacité des mesures prises pour faciliter les luttes en piste et améliorer le spectacle ont été plutôt bonnes, et désormais les responsables de la discipline travaillent à la maximisation du potentiel de la formule.

Le DRS, système de réduction de la traînée en ligne droite pour une voiture située à moins d'une seconde d'une autre en course, demeure toutefois un dispositif toujours aussi essentiel dans la façon dont les Grands Prix se déroulent aujourd'hui. En dépit d'une impopularité qui ne se dément pas depuis son introduction en F1 en 2011 et des objectifs du nouveau règlement, il a été maintenu en 2022 et le sera en 2023. Il sera même testé dès le deuxième tour des sprints l'année prochaine, avec comme objectif d'évaluer cette solution avant de la généraliser éventuellement à toutes les courses en 2024.

Le DRS semble donc devoir continuer à s'inscrire dans l'avenir et l'ADN de la F1 moderne. Or, faciliter les luttes en permettant aux monoplaces de mieux se suivre en virage tend justement à rendre également plus aisé le fait d'être en position idéale pour profiter de cet artifice dès le début des lignes droites où les zones DRS sont présentes. Et d'aucuns craignent que permettre son déclenchement encore plus tôt en début d'épreuve à l'avenir soit de nature à accentuer les cas dans lesquels un pilote peut facilement dépasser et s'échapper face à un rival.

Ross Brawn, qui va bientôt quitter son rôle de manager sportif auprès de la F1, assure dans un entretien exclusif pour Motorsport.com que les manœuvres faciles que le DRS occasionne ne sont pas non plus populaires chez les responsables du championnat : "La seule chose que nous savons, c'est que les fans, et nous le savons parce que nous n'aimons pas ça, n'aiment pas le [schéma] 'attendre la ligne droite, activer le DRS, dépasser, aller vite, creuser un écart'. Je pense que dans un monde idéal, le DRS devrait uniquement être utilisé pour arriver sur les talons de quelqu'un, afin de pouvoir lancer une attaque en bonne et due forme."

Vers un DRS maintenu mais limité en Formule 1 ?

Vers un DRS maintenu mais limité en Formule 1 ?

Pour Brawn, une idée qu'il faut développer est la mise en place de zone DRS "stratégiques" qui permettraient uniquement un rapproché et non un dépassement. Il cite l'exemple de Melbourne cette saison comme d'un cas dans lequel la suppression en cours de GP d'une des quatre zones initialement prévues (pour des raisons de sécurité, rappelons-le) a justement court-circuité la volonté de la discipline d'aboutir à ce type de configuration.

"Si vous vous souvenez, ils avaient quatre zones DRS et quelqu'un a réussi à les persuader d'en retirer une, ce qui était très ennuyeux", a déclaré Brawn. "Ces zones DRS n'avaient pas pour but de créer des dépassements à cet endroit, il s'agissait de pouvoir se rapprocher d'un pilote pour pouvoir l'attaquer dans le complexe suivant. Et ça, c'est le monde idéal."

Le Britannique estime ainsi qu'il faut savoir limiter la portée de cet artifice quand il devient une arme trop puissante dans les luttes en piste : "Je pense que nous ne devrions pas avoir peur de limiter le DRS sur des circuits comme Monza, parce que ça ressemble un peu à 'vous vous mettez derrière quelqu'un, vous appuyez sur un bouton, vous dépassez'. C'est un genre de rituel, n'est-ce pas ? Ce n'est pas très impressionnant. Et donc nous ne devrions pas avoir peur de réduire l'utilisation du DRS quand il s'avère clairement trop puissant."

Un discours qui ne manque pas d'envoyer des signaux contraires par rapport à ce qui avait été évoqué au moment de présenter la révolution 2022, en dressant un avenir où le DRS, même limité, aurait toujours sa place. L'objectif affiché semblait en effet plutôt de finir par se passer de ce dispositif à moyen ou long terme. Toutefois Brawn assume sa position en décrivant le DRS comme un outil désormais essentiel dans le façonnement du spectacle, et dont la philosophie de base pourrait (même en cas de disparition) irriguer le projet d'aérodynamique active envisagé pour 2026.

"Je pense que le DRS est un outil utile lorsque nous voulons mettre des voitures sur le dos des autres, et pour qu'elles puissent se placer côte à côte dans un virage pour avoir une bataille roue contre roue. Il faut juste une utilisation judicieuse du DRS. C'est ce dont nous avons besoin. Ce sera toujours un outil à utiliser. Peut-être qu'avec l'aérodynamique active, ça va changer."

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Avec Jonathan Noble et Alex Kalinauckas

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