Ferrari sur Mekies : "Un gentlemen's agreement est illégal"

La Scuderia Ferrari se défend de tout méfait concernant le recrutement de Laurent Mekies, précédemment directeur de course adjoint de la Formule 1, alors que Red Bull Racing maintient ses critiques.

Avec la présence de Maurizio Arrivabene, directeur de l'écurie Ferrari, dans la conférence de presse officielle de la FIA, le recrutement de Laurent Mekies par la Scuderia allait forcément être évoqué. Surtout avec à ses côtés Christian Horner, qui s'est déjà exprimé farouchement à l'encontre de cette embauche à notre micro !

Sans surprise, chacun a exposé ses arguments avec vigueur, dans cette nouvelle affaire où une écurie a engagé un membre haut placé de la FIA, après Marcin Budkowski, ancien délégué technique de la fédération, parti chez Renault F1.

Horner réitère ce qu'il nous a déjà déclaré : les équipes s'étaient mises d'accord sur une période d'inactivité forcée de douze mois pour les techniciens en provenance de la FIA.

"Pour moi, c'est très grave", déclare le Britannique, juste après que Toto Wolff, également présent, a indiqué que pour lui, "ce n'est pas très grave", compte tenu des activités moins sensibles de Mekies à la FIA par rapport à Budkowski.

"Ce qui est décevant", poursuit Horner, "c'est que cette réunion était il y a moins de six semaines. Il y avait sûrement déjà des discussions [entre Ferrari et Mekies] à l'époque. Du coup, nos réunions sont inutiles, si nous ne pouvons pas faire respecter ce que nous décidons. Bien sûr, on peut se cacher derrière l'argument selon lequel ce n'est pas dans la réglementation, mais nous avions un accord, il n'a pas été respecté, et on se demande à quoi servent ces réunions."

"Je crois que le plus décevant, c'est que c'est Ferrari ou Sergio [Marchionne, PDG de Ferrari] qui exigeait une période de trois ans. Donc d'un côté, on a une équipe qui demande une inactivité forcée de trois ans, et quelques semaines plus tard, nous sommes dans cette situation. En conséquence, les discussions de ce forum sont plus ou moins une perte de temps."

Arrivabene se défend

Maurizio Arrivabene, quant à lui, adopte une ligne de défense claire : il estime respecter à la fois la réglementation de la Formule 1 et la loi, n'accordant pas de crédit à l'accord tacite trouvé par les écuries.

"Tout d'abord, il n'y a rien de mal, nous avons complètement respecté la loi en vigueur, la loi de Suisse, où Laurent a été embauché", renchérit l'Italien. "Et après, nous sommes allés encore plus loin, pour avoir six mois de période d'inactivité."

"J'ai entendu des commentaires relatifs à un soi-disant gentlemen's agreeement. Un gentlemen's agreement est illégal selon le droit du travail. Je pensais que ce n'étaient que des commentaires, rien de plus, j'espère."

Arrivabene ajoute qu'il avait été décidé lors de la réunion de laisser la FIA analyser les lois des différents pays impliqués pour établir des règles précises.

"Nous avons donné un mandat à la FIA, à l'avocat de la FIA, pour vérifier les lois nationales et revenir à la prochaine réunion du Groupe Stratégique le 17 avril, et c'est ce que la FIA va faire", conclut-il.

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Séries Formule 1
Équipes Red Bull Racing , Ferrari
Type d'article Actualités