Format des courses : vraiment un changement nécessaire ?

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Format des courses : vraiment un changement nécessaire ?
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
9 mars 2017 à 10:32

David Coulthard pense que le problème de la F1 n'est pas tant son format que sa façon d'impliquer les fans et de leur offrir une accessibilité facilitée au sport.

Daniel Ricciardo, Red Bull Racing avec David Coulthard, Conseiller Red Bull Racing et Scuderia Toro / Commentateur BBC
Stoffel Vandoorne, McLaren MCL32
Une grande bannière Ferrari dans les tribunes
Chase Carey, propriétaire de Liberty Media
Fernando Alonso, McLaren, avec les médias
Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W08
David Coulthard
Fernando Alonso, McLaren, avec les médias
Marcus Ericsson, Sauber C36
Lance Stroll, Williams FW40
Eddie Jordan, BBC Television et Sergio Perez, Sahara Force India F1 sur le podium
Max Verstappen, Red Bull Racing RB13, devant Marcus Ericsson, Sauber C36
Sergio Perez, Sahara Force India F1 VJM10
Max Verstappen, Red Bull Racing RB13 avec les médias
Max Verstappen, Red Bull Racing RB13
Carlos Sainz Jr., Scuderia Toro Rosso STR12

Faut-il réduire le format des Grands Prix de Formule 1 pour rendre le concept plus attractif auprès d'une jeune génération consommant l'actualité et le sport d'une manière très différente de celle de leurs aînés ?

Le sport doit-il "dénaturer" son package actuel pour s'ouvrir à de nouvelles audiences ? Ou s'agit-il simplement, déjà, de récupérer celle qui a quitté le train récemment avec la généralisation de l'accès à péage à la diffusion des courses ?

Plus une question de divertissement que de durée

David Coulthard, ex-pilote F1 et désormais commentateur TV en Grande-Bretagne, donne son point de vue analytique sur la question.

"Dans sa forme originale, le format de course en Grand Prix était un événement bien plus long que de la façon dont nous le connaissons maintenant : une course de 306 km d’une durée totale de quatre heures avec interruptions", établit l'Ecossais en guise d'introduction dans le magazine Auto. "Étrangement, cette durée marathon fut atteinte après le Grand Prix du Canada 2011, une course dont les gens parlent encore comme d’un classique. Pour moi, il est donc plus question de divertissement que de durée."

La durée des Grand Prix comme un frein à l'enthousiasme et à l'audience ? Coulthard n'y croit pas et prend l'exemple d'autres disciplines sportives populaires qui proposent des format prolongés pour développer son argumentaire.

"Si vous observez les autres sports comme les matchs de football, ils durent 90 minutes. Les finales de Wimbledon peuvent se prolonger pendant de nombreuses heures mais sont souvent incroyablement spectaculaires. Dans les deux cas, c’est une intensité qui trouve un dénouement, et c’est la même chose sur les courses de F1. Sur les Grands Prix, il y a une montée en sauce et de l’anticipation qui rendent l’événement vraiment impressionnant. Par ailleurs, en raison de la variété de longueur des courses (la plus courte, Monza, dure environ 1h20 et la plus longue, Singapour, 2h00), je pense que nous avons suffisamment de variation pour combler le besoin d’action rapide d’une part, et de courses évolutives de l’autre", commente-t-il.

Ce qui compte est l'action et la qualité du spectacle. Si le divertissement est au rendez-vous, personne ne s'ennuie.

"Quand vous avez une course comme le Grand Prix du Canada 2011 ou le Grand Prix du Brésil de l’an dernier, qui dure presque trois heures en raison de la pluie et des interruptions, les gens restent excités et engagés. Ils discutent des accidents plus qu’ils ne disent 'c’était bien mais heureusement que ça n’a duré qu’une heure'."

Les jeunes passent bien des heures sur Minecraft !

Le monde numérique change tout de même la donne et cela ne peut être ignoré. Avec tant de contenu et de formats disponibles à portée de clic et souvent gratuitement, l'audience s'habitue à dupliquer son attention entre de nombreuses sources. La F1 doit proposer une interaction accrue avec ses jeunes fans pour les impliquer, estime le vainqueur de 13 Grands Prix.

"J’accepte le fait que les jeunes consomment les choses en format plus court ; je crois qu’ils le font lorsqu’ils consomment en compagnie de leurs amis, en cherchant des choses inhabituelles ou amusantes. S’ils jouent des heures et des heures à Minecraft ou à n’importe quel autre jeu qui leur plaît, ils le font pendant des heures et c’est parce qu’ils interagissent avec."

La F1 est aussi populaire que jamais. On n’assiste pas à une baisse de sa popularité mais on voit des chiffres d’audience sur le déclin en raison du passage vers le modèle de télé payante, assure l'Écossais.

"Le détenteur des droits commerciaux s’est concentré sur l’extraction de plus grands revenus plutôt que d’une audience TV plus large et cela leur bénéficie, ainsi qu’aux équipes, mais pas l’audience, comme tout le monde ne peut pas se permettre l’achat d’un abonnement. Pour moi, c’est plus l’argument [que le format des courses, ndlr]. Faut-il courir après l’audience qui est déjà là mais n’a tout simplement pas d’accès ?"

"Physiquement, la F1 devrait être quelque chose pour quoi les pilotes devraient pousser assez dur pour avoir l’air fatigués. Le MotoGP est un format bien plus court et est le pinacle de la course moto. Sans viser le MotoGP, est-ce que nos Grands Prix seraient réellement meilleurs s’ils ne duraient que 40 minutes ?"

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Séries Formule 1
Auteur Guillaume Navarro
Type d'article Analyse