Privé de lutte à Suzuka, Gasly pense avoir fait ses preuves

Le Français a fait l'impasse sur le Grand Prix des États-Unis de Formule 1 pour jouer le titre en Super Formula. Mais un typhon est venu perturber ses plans...

Un sentiment logique d'inachevé, c'est inévitablement ce qui habite en premier lieu Pierre Gasly alors que l'approche d'un typhon a poussé les organisateurs de la Super Formula à annuler les courses prévues à Suzuka ce week-end. Déjà difficiles ce samedi, les conditions météo ont empêché les qualifications d'aller jusqu'au bout, et le rideau s'est ainsi baissé plus tôt que prévu sur le championnat 2018.

Pour le Français, par ailleurs seul représentant de Honda en mesure de coiffer la couronne dimanche, c'est un coup dur mais contre lequel il ne peut strictement rien. La tête sur les épaules, il ne cache pas essayer "d'être objectif quant à la situation".

"Je suis venu au Japon pour courir", ajoute-t-il. "Je voulais me battre pour le championnat. Au final, ça n'a pas été le cas. Je ne savais pas pour le typhon. Je m'attendais à disputer les courses et à terminer le championnat normalement."

"Je pense que l'une des choses que j'ai appris aujourd'hui, c'est qu'il y a des choses que l'on ne peut vraiment pas contrôler. Perdre le championnat pour un demi-point est vraiment dur. Je n'ai jamais ressenti ça avant." 

Gasly a relevé "un formidable défi"

Arrivé à Suzuka avec un demi-point de retard sur le leader Hiroaki Ishiura, Pierre Gasly est privé de combat. Obtenir le point de la pole position aurait pu changer les choses, mais l'approche était forcément conditionnée par les courses du lendemain, sans parler de l'annulation de la Q2 et de la Q3. Le Français peut tourner les choses dans tous les sens, il ne pourra rien changer. Aussi a-t-il la lucidité, déjà, de jeter un regard positif et porté par suffisamment de recul sur son expérience japonaise en 2017. 

"Nous avons vécu une saison incroyable avec Mugen et Honda", admet-il. "Nous avons vraiment travaillé dur et réussi d'excellentes courses, quelques podiums, et terminé deuxième du championnat. C'est évidemment une excellente année. Bien sûr, être Champion des rookies est toujours bien, mais j'aurais aimé me battre jusqu'au bout avec Ishiura ce week-end. Je suis venu à Suzuka pour courir, pour me battre et pour donner le meilleur. Je suis un peu déçu de ne pas en avoir eu l'opportunité, mais c'est comme ça."

"Félicitations à Ishiura. C'était un plaisir de courir avec tous ces gars en Super Formula. Le championnat possède de nombreux pilotes rapides. Pour moi, c'était un formidable défi, j'ai beaucoup appris cette saison. J'ai progressé en tant que pilote et en tant que personne, je pense qu'il y a eu beaucoup de choses positives durant la saison, et je remercie énormément l'équipe une fois encore pour tout ce travail acharné. Un grand merci à Honda. Tous ces gens m'ont poussé très fort. Et j'ai essayé de faire de mon mieux dès le premier jour où je suis arrivé au Japon. Je me sens désolé aussi pour eux, de ne pas pouvoir me battre jusqu'au bout. Mais c'est comme ça, dans l'ensemble nous pouvons être heureux de cette saison."

De cette saison en Super Formula, le pilote tricolore retient également un point important, un obstacle qu'il est parvenu à franchir : "L'expérience de travailler avec des Japonais". "J'ai dû trouver une manière d'améliorer la communication avec l'équipe. J'ai vraiment dû travailler pour améliorer ça, et j'espère que ce sera utile pour moi à l'avenir. Je ne sais pas ce que je vais faire ensuite, mais j'espère que ce sera utile."

Quelle suite avec Toro Rosso ?

Utile pour collaborer l'année prochaine avec les ingénieurs de Honda en F1 chez Toro Rosso ? Il est encore trop tôt pour le dire, et une place de titulaire dans l'écurie de Faenza en 2018 n'est pas encore acquise. Néanmoins, si Pierre Gasly a fait l'impasse sur le Grand Prix des Etats-Unis pour défendre ses chances en Super Formula, il retrouvera le baquet de la STR12 pour les trois dernières courses. Une chance de plus de convaincre les dirigeants de Red Bull, même s'il rappelle avoir déjà prouvé énormément de choses ces dernières années.

"L'année dernière j'ai gagné le championnat [GP2] malgré des situations difficiles : un accident de voiture avec ma mère, l'extincteur cassé à Silverstone [son extincteur s'est vidé pendant la course à Hockenheim, menant à sa disqualification, ndlr], le crash sous Safety Car à Monza… J'aurais gagné facilement", rappelle-t-il. "Plusieurs choses nous ont empêchés de remporter le titre plus tôt dans la saison, mais à la fin nous l'avons décroché. Et j'ai aussi terminé deuxième en Formule Renault 3.5."

"Et puis cette année, je suis allé dans un nouveau championnat, dans un nouveau pays, avec une nouvelle voiture, de nouveaux circuits. Et je me bats encore pour le titre jusqu'à la dernière course. Je pense que j'ai fait mes preuves dans les catégories inférieures, peu importe les voitures que j'ai pilotées, je me suis toujours battu pour les premières places au championnat. J'ai essayé de faire de mon mieux en étant un rookie. Ce n'était pas facile. Tout le crédit en revient à Honda, à ce qu'ils ont fait pour moi. J'étais aussi le seul pilote Honda à me battre pour le titre. C'était vraiment positif quand on compare à ce que Stoffel [Vandoorne] a fait l'année dernière."

Propos recueillis par Rachit Thukral

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Séries Formule 1 , Super Formula
Pilotes Pierre Gasly
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Type d'article Réactions
Tags avenir, carrière