La gestion du Safety Car sème la confusion chez les pilotes

Après avoir reçu des ordres contradictoires de la part de la direction de course, les pilotes retardataires ont fait part de leur étonnement concernant la procédure de retrait de la voiture de sécurité à la fin du Grand Prix d'Abu Dhabi.

Alors que la voiture de sécurité avait réuni le peloton à la fin du Grand Prix d'Abu Dhabi pour permettre aux commissaires de récupérer la monoplace endommagée de Nicholas Latifi, la direction de course avait premièrement interdit tout dépassement pour les pilotes retardataires. Mais quelques tours plus tard, il a été annoncé que seuls les pilotes roulant entre Lewis Hamilton, leader, et Max Verstappen, deuxième, étaient autorisés à reprendre leur tour avant la relance de la course.

Par conséquent, Lando Norris, Fernando Alonso, Esteban Ocon, Charles Leclerc et Sebastian Vettel, qui occupaient les positions 7 à 11, ont tous été tenus de doubler la voiture de sécurité. Verstappen a pu se coller au diffuseur de Hamilton avant de dépasser son rival dans le dernier tour, s'offrant ainsi la victoire et le titre mondial. Et cette procédure inhabituelle, qui a fait l'objet d'une réclamation de la part de Mercedes après la course, a perturbé les pilotes impliqués.

"Ça a été fait pour le spectacle, pour les caméras et pour le résultat", a commenté Norris au sujet des retardataires. "Ce n'est pas à moi de décider si c'est juste ou non. Parfois [la FIA] vous laisse passer, parfois non. C'est 50/50. Mais ils ont dit qu'ils ne nous laisseraient pas passer. Donc je suppose que c'était un message pour dire qu'ils n'allaient pas du tout nous laisser passer. Mais le faire soudainement dans le dernier tour [du Safety Car], et pour un seul tour [de course], ça me surprend un peu."

"Lorsque le Safety Car était en piste, j'ai cru que nous serions autorisés à le doubler rapidement, parce que c'est comme ça que ça se passe d'habitude", a ajouté Alonso. "Vous voyez la lumière verte sur le Safety Car et ensuite vous pouvez reprendre votre tour. Mais nous n'avons pas eu ce signal. Ensuite, deux tours plus tard, l'ingénieur m'a dit que je ne pouvais pas reprendre mon tour et que les positions resteraient comme ça. Un virage plus tard, la lumière s'est allumée et je lui ai dit : 'Mais nous avons le feu vert ?' Et il m'a répondu : 'Oui, oui, tu peux dépasser maintenant, suis Norris'. Et j'ai suivi Norris. C'était un peu étrange."

Vettel a quant à lui précisé qu'il avait reçu le message tardivement : "Très tard, trop tard je pense. Ils auraient dû nous laisser passer directement, comme les fois d'avant. Évidemment, il y a les types qui se battent devant donc il faut dégager le passage. Je ne sais pas ce qui s'est passé."

Une fois que les pilotes choisis par la direction de course se sont dédoublés, Daniel Ricciardo, douzième, est devenu le premier homme à un tour. Avec Lance Stroll, le pilote McLaren a été dans l'obligation de rester derrière Verstappen et devant Carlos Sainz, en troisième position.

"J'étais perturbé parce que j'ai reçu ce message disant que [les retardataires] n'allaient pas dépasser", a expliqué l'Australien. "J'imagine que ça me semblait juste, puisque Lewis avait une telle avance et que Max avait des pneus neufs. De cette manière, il devrait effacer quelques voitures s'il y avait un restart."

"Ensuite, j'ai vu quelques voitures dépasser, donc j'ai demandé : 'Qu'est-ce que je fais, est-ce que je dépasse ?' Et je crois que Tom [Stallard, ingénieur de Ricciardo, ndlr] m'a répondu : 'Non, tu dois rester ici'. Donc j'avais une place au premier rang pour le dernier tour. Aussi, j'étais en pneus tendres, donc je me suis dit 'est-ce que je les double tous les deux ?' Je plaisante. Pour être honnête, je suis sans voix. Je ne sais pas quoi en penser, vraiment pas. Je dois voir ce qui s'est passé."

Bloqué par les retardataires à la relance de la course, Sainz n'a donc pas pu se battre pour la victoire alors que sa place sur le podium était menacée. "C'était certainement une situation très étrange pour moi", a-t-il dit. "Je me battais pour le podium avec Valtteri [Bottas] et les AlphaTauri en pneus [tendres], alors que j'étais sur des durs très usés. Au début, on m'a dit que les [retardataires], les gens devant moi, n'étaient pas autorisés à se dédoubler. Il a ensuite été décidé qu'ils pouvaient reprendre leur tour, ce que certains pilotes ont fait, mais il y avait encore une Aston Martin et la McLaren de Ricciardo entre les deux leaders et moi."

"Je n'ai jamais vu ça, reprendre la course avec ces deux gars devant moi alors que je me battais pour la troisième place. Je pense que c'était une situation étrange qui devrait être examinée. C'était très étrange à voir et cela a failli me coûter le podium, pour être honnête."

Propos recueillis par Luke Smith

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