Fisichella : Un remplacement F1 raté mais une seconde carrière Ferrari

Le passage de Giancarlo Fisichella chez Ferrari en F1 n'a pas été teinté de succès à court terme, mais a été le tremplin d'une relation de plus de dix ans avec la Scuderia. Il fait désormais étroitement partie de la famille Ferrari, alors même que le début de la collaboration entre le pilote italien et la firme de Maranello avait débuté sous des auspices difficiles, en 2009.

Fisichella : Un remplacement F1 raté mais une seconde carrière Ferrari

Il est toujours difficile de dire non lorsque le téléphone sonne et que Ferrari se trouve à l'autre bout du fil. Surtout si vous êtes italien. C'est pourquoi Giancarlo Fisichella a quitté l'équipe Force India, avec laquelle il venait de décrocher la quatrième pole position de sa carrière en Formule 1 – et presque une quatrième victoire le lendemain – pour disputer les cinq dernières courses de la saison 2009 avec la Scuderia Ferrari

"Il était impossible de dire non à Ferrari", se remémore Fisichella à propos de l'invitation à courir pour l'équipe, juste après avoir terminé à moins d'une seconde de son futur coéquipier Kimi Räikkönen au Grand Prix de Belgique, à Spa-Francorchamps. "Surtout pour moi, car j'arrivais à la fin de ma carrière. Il s'agissait-là de ma seule chance de piloter une Ferrari en F1. J'étais dans une position difficile car à cette époque, la Force India était performante. J'avais été en pole à Spa et j'avais terminé deuxième, et même si je n'ai [finalement] pas eu de bons résultats sur les cinq dernières courses avec Ferrari, je pense encore aujourd'hui que cela demeure le choix de ma vie."

Fisichella estime que son rôle de remplaçant chez Ferrari à la place de Felipe Massa, alors blessé, lui a offert une sortie parfaite du monde de la F1, même si sa carrière s'est achevée sur une neuvième place et sans avoir marqué le moindre point pour l'équipe de Maranello. "Il était tout simplement temps d'arrêter", estime-t-il. Mais Fisichella a pu le faire en portant la combinaison rouge.

"Peut-être que si j'avais pu trouver un volant de pointe [pour la saison 2010], mon choix aurait été différent", fait-il remarquer avec le recul. "Il y avait une possibilité de continuer à courir en F1 mais pas avec Ferrari. Je ne souhaitais pas rester en F1 avec une petite équipe et me battre pour la 14e, la 15e ou la 16e place. J'avais presque 37 ans et j'avais fait près de 230 Grands Prix. J'avais gagné quelques courses, signé quelques pole positions, je pensais qu'il était temps de décider de prendre un nouveau chemin."

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La décision de Fisichella fut de rester au sein de la famille Ferrari et de faire coïncider les essais F1 avec un programme GT en prenant d'abord le volant d'une Ferrari 430 GT2 AF Corse dans le championnat European Le Mans Series, aux côtés d'un autre amoureux de la marque, Jean Alesi. "Je suis heureux de ma décision et je n'ai aucun regret", poursuit Fisico. "Cela m'a donné l'occasion de continuer à courir avec Ferrari. Je suis italien, donc c'est super de courir pour Ferrari. Quand je suis à la maison pendant plus d'un mois, les courses commencent à me manquer."

Toujours fortement impliqué

Cette phrase explique pourquoi, bien après sa carrière en F1, Fisichella est toujours aussi fort et pourquoi son rythme de vie n'a finalement pas vraiment baissé, même si la visibilité de son activité actuelle est évidemment moindre qu'à l'époque de la catégorie reine. Fisichella peut maintenant être considéré comme un pilier stratégique de la scène des courses du GT avec Ferrari. Son apparition dans les rangs du GT en 2010 s'est avérée bien plus qu'une tournée d'adieux avant une retraite que beaucoup soupçonnaient. Presque une décennie plus tard, il participe à des compétitions des deux côtés de l'Atlantique et a remporté de nombreuses victoires de catégorie dans les grandes courses d'Endurance du monde entier, en tant que pilote d'usine du constructeur italien. Parmi celles-ci, les 24 Heures du Mans.

Si vous doutez de la motivation de Fisichella alors qu'il évolue dans ce que l'on pourrait appeler sa deuxième carrière de pilote, il suffit de regarder son programme des dernières années. En 2017 par exemple, il avait à son agenda 17 week-ends de course dans le cadre du championnat IMSA SportsCar avec l'équipe Risi Competizione. Il évoluait aussi en Blancpain GT Series Endurance Cup chez Kaspersky Motorsport et revenait s'aligner sur les 24 heures du Mans. Pour le dire autrement, il participait à peu près au même nombre de courses que ce qui constituait une saison de F1 lorsqu'il a commencé à courir en Grand Prix dans les années 1990.

"C'est plus ou moins comme un vieux programme de F1, mais sans les essais", dit-il. "Mais j'aime la course, j'aime juste être pilote de course. J'aime toujours venir sur les circuits, j'ai la motivation pour me battre pour la victoire. J'aime cette ambiance, mais de nos jours, les choses sont un peu plus cool pour moi. Il n'y a pas de pression, par rapport à la F1. L'approche du week-end est un peu différente."

Un puriste de retour aux bases

"Les meilleurs circuits sont en Amérique", savoure celui qui apprécie le retour aux sources que propose le GT à ses yeux. "J'aime les courses en Amérique et j'aime l'ambiance", dit-il. "Toutes les équipes et tous les pilotes sont vraiment forts. Il faut vraiment se battre en course. Quand vous obtenez un bon résultat, vous savez que vous avez vraiment fait de votre mieux. On m'a offert la chance d'aller en Amérique. Ferrari m'a dit que c'était un marché important et que mon nom pourrait susciter un peu d'intérêt."

Fisichella est heureux d'avoir accepté cette proposition. "J'aime le championnat IMSA plus que le WEC", explique-t-il. "Il est plus détendu, mais aussi plus compétitif. Et les meilleurs circuits sont en Amérique, croyez-moi ! Ils sont peut-être un peu dangereux à certains endroits parce qu'il n'y a pas de dégagements, mais le défi de circuits comme Watkins Glen, Road America, Virginia International Raceway et Mosport est énorme."

Fisico admet cependant avoir initialement trouvé déconcertante l'utilisation fréquente de la voiture de sécurité dans les courses nord-américaines. "C'est étrange, mais une fois qu'on s'y est habitué, c'est mieux", dit-il, comparant le système à celui des Full Course Yellow employé au Mans. "La voiture de sécurité vous donne la possibilité de revenir sur les leaders si vous avez un problème. C'est une approche différente, mais j'aime ça."

Propos recueillis par Gary Watkins 

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