Le retour du GP de France en 2018
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Le retour du GP de France en 2018

GP de France - Comment le Paul Ricard veut attirer puis garder son public

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GP de France - Comment le Paul Ricard veut attirer puis garder son public
Par : Basile Davoine
23 déc. 2016 à 15:58

Directeur du circuit Paul Ricard, Stéphane Clair explique à Motorsport.com comment se prépare l'accueil du Grand Prix de France et de son public. La première édition aura lieu en 2018, avec un objectif de 60 000 spectateurs.

Suite à l'officialisation du retour du Grand Prix de France sur le circuit Paul Ricard, quelles ont été les retombées au niveau local ?

Il y a eu un beau retour par rapport à cette annonce. Il y a un vrai enthousiasme dans l'environnement immédiat du circuit, de la part des voisins économiques, des gens qui sont fiers que le Grand Prix revienne ici. Ce sont plutôt de beaux témoignages. En allant un peu plus loin, on a déjà ressenti les premières retombées économiques avec les hôtels qui ont été pris d'assaut sur la région, déjà, avec des demandes de réservation pour des groupes, que ce soit les teams ou les gens qui travaillent et qui gravitent autour du monde de la F1 et qui ont commencé à se pré-positionner alors que l'on ne connaît pas encore la date exacte. Ils ont envoyé des demandes et des acomptes pour bloquer les hôtels.

Que sait-on de plus concernant la date à laquelle se tiendra le Grand Prix en 2018 ?

Dans nos discussions, on parle d'une période qui est celle de fin août/début septembre, c'est-à-dire une organisation avec trois courses qui sont Spa, Monza et Le Castellet, qu'il faut réussir à faire rentrer dans un créneau de quatre à cinq semaines. Donc il peut y avoir une variation à une semaine près, dans un sens ou dans l'autre. Tout est possible. Pour nous, en tout cas, l'idéal c'est fin août parce que la saison touristique commence à se ralentir, donc on a de la disponibilité hôtelière, et on a un moment de choix pour les touristes, c'est-à-dire une période qui est extrêmement agréable à vivre.

On a bien compris comment la Région PACA avait initié le montage financier du projet. Quelle est l'implication économique du circuit ?

On va dire que l'on a été dans le petit groupe de personnes qui ont œuvré pour ce retour, parce que l'on est sur ce projet depuis 2011 en ce qui me concerne, et mes prédécesseurs avaient déjà commencé à plancher sur ce dossier dans les années 2009-2010. Au circuit, en tout cas, c'est un dossier qui n'a jamais été fermé et il y a eu une accélération une première fois en 2012, quand on a cru qu'on allait y arriver, et puis là, quand on a repris des négociations et le montage depuis que Christian Estrosi a manifesté de l'intérêt pour notre projet. On a toujours travaillé, certes dans l'ombre cette fois-ci ; c'était le principe pour pouvoir avancer. 

Ambiance

Ensuite, maintenant que les choses sont annoncées, on a deux rôles. Le premier c'est d'être le circuit, d'être l'endroit qui va accueillir. On est donc un fournisseur de piste mais aussi de prestations liées à la piste et de l'ensemble des aménagements du site. En gros, on a comme mission de donner clé en main un Grand Prix au GIP [Groupement d'intérêt public], qui est la structure juridique chargée non seulement de réunir les fonds publics mais également d'aller chercher des spectateurs, d'acheter le plateau d'un côté à la FOM et de remplir les tribunes et de monter es partenariats. Nous, on a tout le reste, préparer le site pour accueillir les spectateurs, faire que les parkings soient ouverts, qu'il y ait de la sécurité, qu'il y ait en bord de piste des commissaires, du médical, et que les choses se déroulent de la meilleure des manières.

Qu'en est-il des délais concernant la préparation des lieux ?

On est dès à présent en train de travailler pour préparer le site et on profite de la coupure d'hiver pour préparer un certain nombre de chantiers.

Quels sont les projets en matière d'accueil du public et d'installation de tribunes ?

Aujourd'hui, on a un plan qui est vieux chez nous puisqu'il a été actualisé en 2012, sur lequel on avait imaginé un certain nombre d'offres pour les spectateurs. On est partis sur le même schéma, c'est-à-dire que c'est uniquement du matériel éphémère, des montages spécifiques pour la manifestation, il n'y a pas d'installations en dur en matière de tribunes.

L'intérêt de faire de l'éphémère, c'est que l'on adaptera exactement le nombre de sièges à la demande. Le principe aujourd'hui, quand on fabrique comme ça des tribunes, c'est vraiment de coller exactement aux ventes : telle tribune, on l'ouvre à la vente et si elle est pleine, on ajoute une rangée, etc. On fonctionne comme ça tribune par tribune, de manière à ce que chaque zone soit construite exactement en fonction du nombre de spectateurs, ce qui permet d'éviter de perdre de l'argent à avoir des tribunes vides par endroit, et à l'inverse de pouvoir agrandir les endroits où il y a le plus de demande.

Roy Nissany, Lotus

C'est très important de faire du sur-mesure. L'idée, c'est que les tribunes seront placées aux endroits les plus spectaculaires, aux endroits où il y a soit des gros freinages, soit des vitesses très élevées, soit des zones de dépassement, et évidemment avec un intérêt tout particulier pour la zone du départ et de l'arrivée, et des stands, avec une grande tribune face aux stands et sur la ligne de départ/arrivée, où seront installés à la fois des spectateurs privilégiés mais aussi les commentateurs TV.

Quels seront vos atouts pour attirer un public de passionnés mais éventuellement plus large ?

Je dirais qu'on a la "chance", finalement, d'avoir eu un blanc de dix ans, qui fait que l'on est quasi certains de l'impact de la première édition et de notre capacité à faire le plein sur le premier Grand Prix. C'est quelque chose qui ne nous fait pas tellement peur, c'est plutôt la suite qui est envisagée, donc on a été très réalistes dans nos projections.

On s'est basé sur une fréquentation qui est aux alentours de 60 000 spectateurs, qui est, quand on la compare aux autres Grands Prix européens, quelque chose de plutôt faible par rapport aux scores réalisés par nos voisins. Ça, on l'a pris pour la première édition, sachant qu'ensuite, on a diminué légèrement ce nombre pour se dire qu'on n'aurait pas forcément un effet sur la durée mais qu'on aurait la première année un gros effet qui, après, va s'étioler et remonter progressivement avec l'habitude.

Fans sur la grille

On est vraiment très réalistes là-dessus, on n'a pas pris de pari sur la fréquentation, sachant que pour attirer le monde, il y a deux secrets. Le premier, c'est d'avoir des prix adaptés, une échelle de prix, ça veut dire qu'il faut des billets pas chers pour des gens qui veulent accéder au spectacle et qui n'ont pas forcément les moyens de se payer des choses très élevées, entre 40 et 50€ le billet, quelque chose de cette nature-là. Et ensuite, il faut aller jusqu'à des prestations de qualité pour des gens qui sont prêts à dépenser beaucoup plus d'argent mais qui veulent être placés à un endroit où ils ont une très bonne vision, dans des conditions d'accueil confortables et avec des prestations associées de bon niveau.

On joue vraiment sur les deux tableaux, c'est-à-dire du très populaire avec de l'enceinte générale, sur des journées d'essais par exemple, où l'on voudrait ouvrir au maximum de façon à ce que l'ensemble des gens de la région puissent vraiment s'offrir ce spectacle ; et puis après, être un peu plus cher sur la course elle-même, mais en continuant à offrir des tarifs qui font qu'on aura une échelle de prix entre 80 et 300€ pour les billets les plus onéreux.

Avez-vous regardé ce qui se faisait sur d'autres épreuves du calendrier en termes de "show" qui entoure un Grand Prix, et avez-vous déjà des projets dans ce domaine ?

Aujourd'hui, on n'a pas travaillé sur la partie animation. Je dirais que ce travail va évidemment être mené, mais pour organiser entre 20 et 25 week-ends de compétition sur le circuit, on a quand même balayé le panel de ce qui pouvait se faire, et aujourd'hui, il n'y a pas de grande nouveauté qui a été identifiée et qui pourrait être le clou du spectacle. On pense que le clou, c'est réellement la Formule 1, et que les gens viennent finalement plutôt pour ça. En revanche, ils viennent dans un environnement qui va être sans doute différent de ce qu'ils ont pu connaître il y a dix ans, c'est-à-dire que l'on vend plutôt un lieu de vacances et on intègre le Grand Prix dans une semaine de vacances que les gens viendraient passer ici, avec un système de navettes-hélico qui va permettre de rejoindre Monaco, Nice, Saint-Tropez ou les aéroports, pour que les gens puissent avoir des séjours dans lequel ils incorporent des bouts de Formule 1.  

Alain Prost, McLaren MP4/5 Honda
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À propos de cet article

Séries Formule 1
Auteur Basile Davoine
Type d'article Interview