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Grosjean n'a jamais vu Kvyat dans son rétroviseur

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Grosjean n'a jamais vu Kvyat dans son rétroviseur
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Romain Grosjean évoque en grand détail son terrifiant accident du Grand Prix de Bahreïn, notamment l'accrochage qui en est à l'origine et ses longues secondes entouré par les flammes.

Il y a trois jours, Romain Grosjean a survécu à l'un des pires accidents que l'on ait jamais vus dans la Formule 1 contemporaine, se tirant sans blessure majeure d'un choc qui a éventré le rail de sécurité et de 28 secondes passées dans le brasier incandescent de sa VF-20.

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Grosjean a simplement souffert de brûlures aux mains et d'une entorse à la cheville à la suite de cette sortie de piste, causée par un contact avec Daniil Kvyat. Plus rapide que les monoplaces devant lui, le pilote Haas s'est déporté vers la droite pour les doubler mais n'était pas conscient de la présence de l'AlphaTauri juste à côté, la touchette l'expédiant dans le rail avec un impact à 221 km/h.

"Je ne savais pas que j'avais touché Kvyat, parce que je ne l'ai pas vu", explique Grosjean. "J'ai refait le scénario, j'ai réfléchi. J'étais énervé d'avoir coupé la piste à Kvyat. Même avec tout ce qui s'est passé derrière, je me suis dit : 'Pourquoi ne l'ai-je pas vu ?'. J'ai regardé les images, et en fait, il était dans mon angle mort du début du virage 1 jusqu'au moment de l'impact."

"J'ai regardé deux fois dans le rétroviseur, j'ai pris aussi en compte le fait que j'étais sorti du virage 2 beaucoup plus vite que toutes les voitures qui étaient devant moi. Il y avait des débris qui volaient du côté gauche de la piste, je me suis mis un peu à droite. Étant donné que je rattrapais toutes les voitures qui étaient devant moi, que je n'avais vu personne depuis le début sur mon côté droit, pour moi, il n'y avait personne. C'est pour ça que je me suis rabattu à ce moment-là. Il y avait Kvyat."

Grosjean ne semble pas avoir été particulièrement marqué par un impact pourtant monumental de 53 g, mais il a grandement peiné à s'extirper de son épave, d'où les 28 interminables secondes passées dans les flammes.

"Le choc avec les barrières n'est pas violent en tant que tel", affirme-t-il. "Je ne l'ai pas senti violent dans la voiture. Je tape quelque chose qui bloque le Halo, donc je me dis 'je suis sur le toit, je suis bloqué avec le Halo, je vais attendre qu'on vienne m'aider'. Je regarde à gauche et c'est tout orange. Je me dis 'c'est bizarre, on n'est pas au coucher du soleil, il n'y a pas de lumière orange sur la piste'. Et en fait, je comprends que le orange, ce sont mes tear-offs qui sont venus brûler sur la visière. Juste les tear-offs, car le casque n'a absolument pas bougé."

"Je me suis dit qu'il fallait que je sorte tout seul, car il n'y avait pas le temps. La première fois j'ai essayé en vertical, la deuxième fois à droite, je n'y arrive pas, je réessaye à gauche, je n'y arrive pas, je me rassieds. Là, j'ai le temps de penser que je vais finir comme Niki Lauda. Je me dis 'ce n'est pas possible, ça ne peut pas se terminer comme ça, ça ne peut pas être mon dernier Grand Prix'. Là, il y a un moment un peu étrange où je vois la mort d'aussi près qu'on peut voir la mort. C'est presque le corps qui se relâche, qui se dit 'c'est terminé'. Je me suis dit : 'Quelle partie va brûler en premier ? Est-ce que ça va faire mal ?'"

"Peut-être que ce moment de relâchement m'a permis de reprendre mes forces, de reprendre mon sang-froid, de penser à mes enfants et de me dire 'ce n'est pas possible'. Je tire comme un calumet (sic) sur mon pied, parce que j'avais le pied coincé avec la chaussure. J'ai tiré super fort pour débloquer le pied gauche."

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"Je me souviens m'être dit : 'Bon, j'ai essayé à droite, j'ai essayé en haut, j'ai essayé à gauche. Je vais essayer de tourner mon casque, de passer la tête, de tourner les épaules derrière et de me glisser comme ça'. En même temps, je mets les mains dans le feu. À ce moment-là, ça me brûle les mains. J'en suis bien conscient parce que je regarde mes gants qui deviennent tout noirs. Je sais que je suis en train de me cramer les mains et je sens la douleur. Au moment où le buste passe, c'est presque la délivrance. J'ai les mains brûlées, je le sais. Je sors, je passe la barrière et je sens le docteur Ian [Roberts] qui tire sur ma combinaison pour me faire passer encore plus vite de l'autre côté. À ce moment-là, je sais que je suis sauvé. Je sais que je suis en vie. Il me dit 'assieds-toi' très distinctement, j'enlève tout de suite mes gants parce que j'ai les deux mains brûlées et que je ne veux pas que ça colle à la peau, et je l'engueule, parce qu'il me parlait comme à un blaireau !"

Romain Grosjean, Haas F1, est assisté par l'équipe médicale

Par la suite, la priorité de Grosjean était de rassurer ses proches. "Après l'accident, le plus dur, ça a été de me mettre à la place de mes enfants et de ma femme. Ce qu'ils ont pu vivre... C'est le truc qui me fait encore le plus de mal. Mes enfants l'ont vu en direct, ils étaient devant la télé avec Marion. Mes enfants, ma femme, les gens, tout le monde – même vous [journalistes]… C'est la peur des gens qui étaient à l'extérieur. Moi, comme je l'ai dit, j'étais un peu occupé."

"Jean [Todt, président de la FIA, qui est allé voir Grosjean juste après l'accident] a été extraordinaire. Il a appelé Marion [Jollès, sa femme], elle était sur répondeur, mais il a réessayé, réessayé, réessayé. Et finalement, je l'entends dire 'Marion, c’est Jean, j'ai Romain, là'. Je lui ai dit : 'Moustique, c'est moi'. Et là j'ai entendu Marion qui rigolait avant de s’effondrer parce que pour le monde extérieur, pendant deux minutes et 40 secondes, j’étais mort. Alors que moi j'étais actif, j'étais en train de me battre. Il y a ce moment où j'ai vu la mort de trop près. Pas de près, de trop près. C'est une sensation que je ne souhaite à personne au monde. C'est un truc de fou. Ça changera ma vie à jamais, c'est certain. Tu ne peux pas vivre ça et être le même homme."

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Romain Grosjean a déjà commencé à travailler sur son probable choc post-traumatique avec la psychologue qu'il consulte depuis 2012, sûrement la première étape d'une longue route pour éviter toute séquelle psychologique de cet accident. Et si sa vie est changée à jamais, il espérera néanmoins être de retour sur la grille à Abu Dhabi, pour une dernière escapade dans son aventure en F1.

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Événement Grand Prix de Bahrein
Lieu Bahrain International Circuit
Auteur Benjamin Vinel