Grosjean : Schumacher a eu des moments "douteux", pas Hamilton

Alors que Lewis Hamilton a remporté la semaine dernière son septième titre mondial et ainsi égalé Michael Schumacher, Romain Grosjean s'est prudemment prêté au jeu de la comparaison des deux légendes.

Grosjean : Schumacher a eu des moments "douteux", pas Hamilton

Ce dimanche au Grand Prix de Turquie, Lewis Hamilton a été couronné pour la septième fois de sa carrière en remportant une belle victoire sous la pluie à Istanbul. Le Britannique a ainsi  égalé le record de Michael Schumacher, lui qui ne cesse de surpasser les références du Baron Rouge ces derniers temps : pole positions, victoires, podiums…

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Les comparaisons sont inévitables entre ces deux pilotes qui ont remporté 14 des 27 derniers Championnats du monde à eux deux. Interrogé au début du week-end turc, Romain Grosjean salue le choix de carrière décisif du pilote de la Flèche d'Argent – "il a eu le nez creux de rejoindre Mercedes au moment où il l'a fait" – et dresse à demi-mot un contraste entre la vie privée préservée de Schumacher et exhibée de Hamilton, mais surtout entre l'antisportivité occasionnelle de l'Allemand et un Anglais généralement fair-play.

"Je pense qu'en dehors de la piste, ils sont assez différents", analyse Grosjean sur ces deux grands champions. "Peut-être que c'est la génération, c'est l'époque aussi, avec les réseaux sociaux. Il n'y avait pas forcément tout ça à l'époque de Schumacher, on savait moins ce qu'il faisait en dehors, c'était moins public. Lewis, tu sais à tout moment où il est, ce qu'il fait, quelle marque il représente, via les réseaux."

"En piste… Michael, sur les titres, il y a toujours eu un petit accrochage avec Damon Hill, avec Jacques Villeneuve, avec Monaco 2006, il y a eu quelques petits épisodes comme ça qui étaient un peu douteux. Lewis, pas vraiment. Il a toujours été classe sur ses bagarres et en piste. Je ne dis pas que Michael ne l'était pas, mais la différence, c'est que Michael, il y a peut-être quelques moments qui sont un peu plus douteux, alors que Lewis c'est plus direct."

"Après, à la décharge de Michael, il avait peut-être plus de compétition ces années-là, alors que Lewis, depuis 2014, il se bat contre une voiture seulement, c'est son coéquipier. Hormis Nico [Rosberg], il a toujours réussi à prendre le pas, et assez largement."

Romain Grosjean, Haas F1, en conférence de presse

Romain Grosjean, Haas F1, en conférence de presse

Photo de: FIA Pool

Murray Walker

Murray Walker

Photo de: Channel 4

Les propos de Grosjean sont l'écho de ceux d'une autre légende de la Formule 1 toutefois inconnue en France : Murray Walker, la voix de la F1 au Royaume-Uni de 1976 à 2001, qui reste extrêmement apprécié à ce jour et demeure un observateur avisé du championnat, du haut de ses 97 ans.

Il a effectivement été demandé à Walker, dans le podcast Fast Lane en août dernier, qui était le plus grand pilote de l'Histoire. "Avant, je disais [Juan Manuel] Fangio", a-t-il alors répondu. "Je crois que je vais très bientôt devoir dire Lewis Hamilton. Il a au moins trois années devant lui s'il ne se blesse pas, s'il ne quitte pas Mercedes, si Mercedes ne décide pas d'arrêter. Statistiquement, il deviendra donc le plus grand."

"Mais il est aussi à mon avis – et c'est vraiment sujet à débat, en effet – meilleur que Schumacher et [Ayrton] Senna car tous deux ont adopté à divers moments de leur carrière des tactiques de pilotage particulièrement contestables. Comme Schumacher qui s'arrête exprès à Monaco pour empêcher [Fernando Alonso] de faire la pole position, comme Schumacher qui s'accroche avec [Jacques] Villeneuve à Jerez en 1997, comme Senna avec [Alain] Prost en 1990 au Japon. Lewis Hamilton n'a jamais rien fait de tel. Il a toujours été blanc comme neige dans son pilotage. C'est un pilote extrêmement sympathique au talent gigantesque, et je crois que nous n'avons jamais vu quelqu'un comme lui."

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