Hamilton élévé au rang de héros national dans la presse britannique

Faire la revue de presse des journaux britanniques était particulièrement savoureux, aujourd'hui

Faire la revue de presse des journaux britanniques était particulièrement savoureux, aujourd'hui. Porté en première page de tous les titres nationaux, Lewis Hamilton est salué de façon unanime au Royaume-Uni.

Premier pilote britannique à remporter deux titres mondiaux depuis Sir Jackie Stewart, et quatrième à le faire dans l'Histoire après également Graham Hill et Jim Clark, Lewis Hamilton est par ailleurs entré au panthéon de l'Histoire du sport national pour avoir battu cette année le record de victoires d'un Britannique (31) détenu par Nigel Mansell. Le populaire Champion du Monde 1992 est désormais dépassé par Hamilton et la presse anglaise souhaite voir le pilote Mercedes prolonger son contrat dans les plus brefs délais.

La star bling-bling

Les unes parlent pour elles-mêmes : les populaires tabloïds mettant habituellement en scène les tracas de stars de la téléréalité, de la famille royale ou des footballers ont retrouvé cette année en Hamilton un fonds de commerce intéressant, renforcé par la présence à ses côtés de Nicole Scherzinger, jamais bien loin sur les photos de "Une".

"Un équilibre retrouvé", s'émeut ainsi le Sun, qui rappelle que l'Anglais tatoué et aimant passer du temps avec Pharell Williams avant "la course de sa vie" est parvenu à réunir autour de lui tout un cercle familial avec ses parents divorcés pour célébrer son succès. Fiers d'avoir vu le Union Jack agité par Hamilton, nos amis d'Outre-Manche n'auront pas non plus manqué de se délecter de la félicitation du Prince Harry dans la radio Mercedes pendant le tour d'honneur : "Tu es une légende, mon pote! Félicitations"!

Le sportif patriote

Chez les médias plus respectables que sont The Guardian, The Telegraph ou encore The Independant, on rappelle que le succès de l'Anglais est également celui d'une équipe allemande basée sur le sol national, et dont les fondations ont été posées par un natif du coin en la personne de Ross Brawn. Mais le héros demeure bien le pilote "seul dans son monde une fois les feux éteints".

The Independant, habituellement porté sur les nouvelles plus politiques et business du sport, accorde aujourd'hui cinq pages pleines au second titre de Lewis Hamilton. Le titre aborde en longueur la psychologie du Champion et rappelle le sang-froid avec lequel celui-ci a abordé la dernière épreuve de la saison, sur laquelle il avait tout à perdre.

"Normalement, avant une course, vous avez des papillons dans le ventre et êtes nerveux, mais j'étais extrêmement calme aujourd'hui", y explique Hamilton. "C'était étrange. Etait-ce bon ou non? Bien entendu que c'était bon! Je n'avais pas arrêté de penser la veille que ça allait être le grand jour, que quelque chose pouvait se passer sur la voiture, et que le championnat pouvait s'envoler. Bien entendu, on pense à toutes les choses négatives qui peuvent se produire, mais j'ai essayé de vraiment fermement me concentrer sur les choses positives".

Le titre n'oublie pas son autre Champion en activité, Jenson Button, dont les dernières interviews en date avaient des allures d'au-revoir à la F1. The Independant a aussi le mérite de saluer Rosberg pour sa ténacité en fin de course quand un abandon était la voie la plus simple à emprunter, tout comme pour son attitude au moment d'aller féliciter Hamilton.

Le champion qui touche les masses

Quatre pages pleines complètent également l'édition Sports du Guardian. On y trouve une valse de chiffres, rappelant les dates des derniers exploits de Juan Manuel Fangio, ainsi que les statistiques personnelles de Hamilton.

Une nouvelle fois, les mots du Prince Harry viennent renforcer l'idée d'une célébration nationale d'un héros qui manqua de justesse la couronne en 2007 pour sa première saison en F1. Une analyse remettant à plat l'un des débats actuels concernant le jeune public auquel la F1 devrait plus s'adresser se veut renforcée par la popularité d'un pilote au style différent, portant ses émotions à fleur de peau, et n'ayant pas eu peur de rompre avec les codes très corporate de son ancienne équipe McLaren, où il suffoquait.

Le titre rappelle à quel point remporter des couronnes mondiales avec plusieurs équipes différentes est difficile en F1, et rappelle pourquoi un titre remporté dans l'adversité et avec une prise de risque pèse souvent plus dans les esprits que quatre couronnes acquises de rang avec un unique team dominateur.

Un héros puisant dans ses racines familiales pour gagner

Enfin, le Telegraph rappelle que la présence de Nicole Scherzinger sur cette course d'Abu Dhabi pour la seule fois de l'année avait pour valeur de baromètre du changement élaboré par Hamilton dans son approche de la course, de nouveau plus focalisée autour de l'influence de son père. Mais que l'équilibre du jeune homme, dans les moments de grande pression, passe avant tout par le réconfort offert par son entourage proche, en dépit d'un amusant statut vite effacé des réseaux sociaux : "HAM = Hard as a Motherfucker".

Car malgré sa tranquillité apparente, Hamilton avait les nerfs en pelote ce weekend :
"Je n'ai pas dormi la nuit dernière [samedi soir]; je suis allé au lit à environ une heure du matin, et me suis réveillé à cinq heures, puis suis allé courir. J'étais certain d'arriver fatigué pour la course. Mais je me suis malgré tout senti en pleine possession de mes moyens. Ma famille est venue me faire une surprise pour le petit déjeuner, ce qui fut génial. Je voulais qu'ils soient là. Je ne savais pas à quel point le weekend serait tendu. C'est ma famille qui m'a amené vers la course. Celui que vous voyez aujourd'hui est leur reflet"…

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Jenson Button , Nigel Mansell , Jackie Stewart , Ross Brawn , Jim Clark , Lewis Hamilton , Juan Manuel Fangio , Graham Hill
Équipes McLaren , Mercedes , Williams
Type d'article Actualités