Hamilton-Rosberg : "Transparence", le mot magique de Prost à Mercedes

En dominant la saison 2014 grâce à une monoplace largement au-dessus du lot, Mercedes-Benz s'est offert une saison de tous les records en Formule 1

En dominant la saison 2014 grâce à une monoplace largement au-dessus du lot, Mercedes-Benz s'est offert une saison de tous les records en Formule 1. En remportant 16 des 19 Grand Prix, glanant les deux titres mondiaux, le constructeur allemand a fait main-basse sur les trophées. Néanmoins, le parcours de l'écurie de Brackley n'a pas été un long fleuve tranquille.

Conséquence de la domination des Flèches d'Argent en matière de performance, Lewis Hamilton et Nico Rosberg se sont livré un duel sans merci. Après un début de saison apaisé, des événements sont venus exacerber la rivalité entre les deux coéquipiers. L'incident des qualifications à Monaco et l'accrochage à Spa-Francorchamps sont de notoriété publique, mais en interne le management aura été constant. A l'issue du Grand Prix de Belgique, la direction de l'écurie aurait même demandé à ses pilotes de ne pas communiquer entre eux pendant plusieurs jours, afin de pouvoir régler la situation de manière collective avant de les convoquer.

Dès le début de la saison, le directeur de l'écurie Toto Wolff n'a cessé de répéter que les pilotes seraient libres de s'affronter en piste. Il avait également martelé que la transparence était maximale dans les rangs de Mercedes, notamment avec les deux côtés du garage ouverts, chaque pilote pouvant accéder aux données de l'autre.

Éviter à tout prix de couper l'équipe en deux

S'il reconnait que certaines situations auraient pu être mieux gérées, Wolff peut se satisfaire d'avoir vu Mercedes en mesure de proposer un duel "à la loyale" entre ses deux pilotes jusqu'à la fin de la saison. Jamais le team n'aurai eu recours à des consignes d'équipe. Le secret de cette gestion, l'Autrichien est allé le chercher dans les confidences d'un quadruple Champion du Monde : Alain Prost. Se remémorant les plus grandes heures – et les plus grands coups de Trafalgar – de la rivalité Prost-Senna chez McLaren à la fin des années 80, Wolff a visiblement eu une riche idée en consultant le pilote français.

"Vous devez apprendre des erreurs du passé", explique-t-il au magazine Autosprint. "J'ai discuté un peu avec Niki Lauda quand nous avons fait signer Hamilton et Rosberg. Ensuite, au début de cette saison, j'ai discuté avec Prost et je lui ai demandé son avis sur ce que je ne devrai pas faire pour tomber dans la même situation de guerre que ce qu'il avait connu avec Ayrton. Il a répondu avec le mot magique : transparence."

"Il m'a dit qu'à l'époque, McLaren n'agissait pas de manière transparente avec les pilotes. Peut-être parce que Senna était le dernier arrivé, donc il représentait la nouveauté. Prost disait qu'au final, il ne pouvait pas comprendre comment l'équipe était organisée car les désagréments et les rivalités entre les pilotes se propageaient jusqu'aux mécaniciens. L'équipe était coupée en deux."

Ne pas désunir l'écurie avec deux côtés du garage travaillant chacun pour leur pilote, mais en gardant bien en tête le premier des objectifs, à savoir le titre constructeurs. C'est la recette que Mercedes a tenté d'appliquer, avec succès puisque les deux couronnes mondiales sont revenues dans son escarcelle.

Wolff précise les mots précieux que Prost a pu lui confier avant le début de la saison : "Alain m'a donné un conseil très précis pour ne pas faire la même chose : "Place les deux pilotes sur le même pied d'égalité et dis exactement la même chose à tout le monde. Ne joue pas à favoriser l'un d'eux. C'est la seul manière de contenir la rivalité." Alors je l'ai fait. C'était l'une des leçons les plus importantes que j'ai apprises pour devenir un bon leader d'équipe."

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Séries Formule 1
Pilotes Lewis Hamilton , Niki Lauda , Alain Prost , Nico Rosberg , Toto Wolff
Équipes McLaren , Mercedes
Type d'article Actualités