Hamilton et Vettel veulent réduire les coûts pour les jeunes pilotes

Faire carrière en sport automobile est de plus en plus coûteux de nos jours. Les grands champions de la Formule 1 veulent que des mesures soient prises.

Hamilton et Vettel veulent réduire les coûts pour les jeunes pilotes

Il est bien connu que le sport automobile n'est pas accessible à tout le monde en raison de coûts parfois prohibitifs, et c'est d'autant plus vrai en formules de promotion, où les jeunes pilotes font face à des budgets qui sont montés en flèche lors de la dernière décennie.

Le sujet a été soulevé par Lewis Hamilton auprès du quotidien espagnol As, estimant que la Formule 1 est devenue un "club de fils de milliardaires". Trois fils de milliardaires ont justement rejoint la catégorie reine du sport automobile lors des cinq dernières années : Lance Stroll, Nicholas Latifi et Nikita Mazepin.

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"Si je devais repartir à zéro au sein d'une famille de la classe ouvrière, il me serait impossible d'être [en F1] aujourd'hui parce que les autres garçons auraient beaucoup plus d'argent", indique Hamilton, dont le père Anthony a multiplié les petits boulots afin de financer le début de sa carrière. "Nous devons changer cela pour en faire un sport accessible, pour les riches comme pour les personnes aux origines plus modestes."

Si Hamilton passait en formules de promotion maintenant avec un parcours similaire à celui qui a été le sien – deux saisons en Formule Renault UK, deux autres en F3 Euro Series et une en GP2 – il lui faudrait probablement dénicher environ cinq millions d'euros pour ces cinq campagnes, sans compter le karting, qui est également de plus en plus coûteux. Bien entendu, à l'époque, le jeune Anglais avait notamment bénéficié du soutien de McLaren.

Sebastian Vettel, ASL Mücke Motorsport et Lewis Hamilton, ASM Formule 3

Sebastian Vettel et Lewis Hamilton en F3 Euro Series, en 2005

Sebastian Vettel, pour sa part, a gravi les échelons au sein du Red Bull Junior Team, avec deux saisons en Formule BMW ADAC (ancêtre de l'ADAC F4 en Allemagne), deux en F3 Euro Series et une campagne partielle en Formule Renault 3.5 avant que son ascension météorique ne s'achève par une accession à la Formule 1 en cours de saison 2007, à 20 ans. Mais là aussi, si la même carrière se faisait 15 ans plus tard, Vettel aurait peut-être besoin de près de quatre millions d'euros.

"Il n'y a pas de solution rapide, mais en fin de compte, les coûts sont trop élevés", estime l'Allemand. "En toute honnêteté, si je repense à mes débuts, les coûts étaient plus bas, mais ils étaient quand même élevés. Enfin, j'ai eu de la chance. J'avais M. Gerhard Noack qui s'occupait de moi, le même homme qui s'occupait de Michael [Schumacher] à ses débuts, probablement 20 ans avant moi, dans l'enfance."

"C'était déjà très, très cher à l'époque ; je crois donc que Michael avait besoin d'aide, et moi aussi, car je n'avais pas les moyens financiers nécessaires. Je crois que la première saison que nous avons faite au tout début en karting, nous sommes arrivés à en faire la moitié seuls puis avons commencé à avoir la grande chance de trouver des gens qui nous ont soutenus et aidés."

"Je pense que le monde a changé depuis lors. Je pense que le sponsoring a changé, tout comme probablement la volonté d'investir de l'argent dans les jeunes et dans le sport auto. Bref, ça a toujours été délicat. Je ne pense pas qu'il y ait de solution rapide, mais il y a certaines choses qui peuvent être résolues pour essayer de rendre ce sport plus accessible pour toutes les origines et tous les jeunes. C'est une passion onéreuse, peu importe comment on voit les choses. Mais ça a vraiment explosé ces dernières années, c'est devenu beaucoup trop cher."

Toto Wolff s'est également exprimé sur le sujet, lui dont l'écurie Mercedes a recruté plusieurs pilotes de karting dans son programme de jeunes pilotes ces dernières années. Il s'agit d'Andrea Kimi Antonelli (Champion d'Europe de karting dans la catégorie OK), d'Alex Powell et de Yuanpu Cui.

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