Hülkenberg et Renault - Pourquoi il n'y a rien à perdre

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Hülkenberg et Renault - Pourquoi il n'y a rien à perdre
Charles Bradley
Par : Charles Bradley
Traduit par: Benjamin Vinel
15 oct. 2016 à 13:18

Nico Hülkenberg et Renault Sport F1 Team peuvent-ils faire de leur tout nouveau partenariat un succès pour les deux parties ? C'est la réflexion de notre rédacteur en chef international, Charles Bradley.

Nico Hülkenberg
Nico Hülkenberg
ART Grand Prix célèbre la victoire de Nico Hulkenberg
Le vainqueur Nico Hulkenberg célèbre sa victoire
Nico Hulkenberg, Sahara Force India
Nico Hulkenberg, Sahara Force India
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 fan
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1
Sergio Perez, Sahara Force India F1 et son coéquipier Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1, saluent les fans
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09 et Valtteri Bottas, Williams FW38 en lutte pour une position
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09
Nico Hulkenberg, Sahara Force India F1 VJM09 sur la grille

Ah, Renault. L'un des plus grands constructeurs au monde, ancré dans l'ADN de la Formule 1, du moins par intermittence. Les gars qui ont eu le courage de mettre un moteur turbo dans une F1 à la fin des années 1970 (et un diffuseur soufflé, quand on y pense !).

L'écurie est passée très près du titre mondial au début des années 1980 avant de virer Alain Prost, qui l'y avait menée (et qui a par la suite remporté quatre Championnats du monde, dont le dernier avec des moteurs Renault).

Ces moteurs ont dominé la F1 pendant une bonne partie des années 1990 avec Williams (et une fois avec Benetton), avant de retrouver ce niveau de succès avec Red Bull Racing après avoir prospéré en tant que constructeur à part entière au milieu des années 2000.

Ah, Team Enstone. Une équipe qui fut parfois la meilleure du plateau, certainement l'une des plus innovantes. Son niveau de performance a connu le meilleur et le pire, plus que tout autre structure sur la grille actuelle.

Deux titres mondiaux ont été remportés en tant que Benetton dans l'ère Michael Schumacher en 1994 et 1995, puis en tant que Renault F1 avec Fernando Alonso en 2005 et 2006. Si l'on poursuit cette série de façon logique, Renault devrait être sacré en 2016 et 2017, non ?

Bien sûr, le Losange en est loin. Plus loin que quiconque, à part Manor. La fluctuation des investissements et une expertise technique variable en sont les raisons claires, sans oublier les répercussions sur l'attractivité de Renault pour les pilotes de premier plan.

Avec un budget en pleine croissance, même s'il demeure loin de ce que l'on trouve chez Mercedes, Ferrari et Red Bull, quelle était la prochaine étape pour Renault ?

Aucun pilote de pointe n'allait rallier Enstone. Puisqu'aucune option du style de Stoffel Vandoorne n'était disponible, et que la présence d'un rookie dans le deuxième baquet était probable de toute façon, il fallait choisir un bon second couteau. Parmi eux, Valtteri BottasRomain GrosjeanNico Hülkenberg et Sergio Pérez...

Pourquoi Hülkenberg ?

Renault semble avoir fait un bon choix avec Hülkenberg. Le directeur de la compétition Frédéric Vasseur a le luxe d'avoir travaillé avec tous les pilotes mentionnés ci-dessus, à l'exception de Pérez, en tant que dirigeant d'ART Grand Prix (anciennement ASM) en formules de promotion.

C'est avec cette équipe que Hülkenberg a remporté les Masters de F3, la F3 Euro Series et le GP2 Series. Depuis, l'Allemand a signé des coups d'éclat en Formule 1, en particulier sa pole position au Grand Prix du Brésil 2010, mais n'est toujours pas monté sur le podium.

Pourquoi ? Depuis son année de rookie chez Williams, Hülkenberg a passé quatre saisons chez Force India et une chez Sauber. Bien sûr, il n'aurait pas pu être un candidat régulier au podium, mais Pérez en a signé plusieurs avec ces deux équipes. Or, le seul podium du futur pilote Renault depuis 2010, c'est sa victoire pour sa première aux 24 Heures du Mans !

Hülkenberg est pourtant l'un des trois seuls pilotes à avoir remporté le titre de GP2 Series pour sa première saison dans la discipline, avec Nico Rosberg et Lewis Hamilton. Il a également participé à quelques courses de GP2 Asia.

C'est là que j'ai véritablement commencé à apprécier le style de Hülkenberg. Sous les projecteurs du circuit de Losail, au Qatar, le pilote ART avait signé la pole position. S'il a perdu la tête au départ au profit de Pérez, Hülkenberg était diablement rapide en pneus usés. Aussi rapide que ceux qui s'étaient arrêtés pour chausser des Bridgestone neufs, ces derniers offrant un avantage aussi grand que les Pirelli d'aujourd'hui, il est devenu sans égal lorsqu'il a chaussé des gommes neuves.

Hülkenberg a gagné de 13 secondes, un écart énorme dans un championnat aussi compétitif, et bien qu'il ait affirmé qu'il y avait un problème avec sa radio, j'avais une vue parfaite sur le muret des stands ART et je n'ai vu ni panique, ni bras agités. J'ai toujours pensé que c'était l'exécution brillante d'un plan établi avant la course.

Pérez était véritablement perplexe, non seulement de perdre une course qu'il pensait dominer, mais surtout de plus de dix secondes ! Bien sûr, ce n'est qu'un exemple, mais je suis sûr que Vasseur l'a enregistré autant que moi.

Conclusion

Le Hülkenberg de 2017 sera très différent de celui de 2009, bien sûr. Avec 115 départs d'expérience à ce moment-là, à l'âge de 29 ans, ce sera le moment ou jamais pour monter sur le podium ou remporter un Grand Prix.

Mais personnellement, j'ai vu d'innombrables pilotes qui sont bons, sans plus. J'en ai vu beaucoup moins qui sont géniaux, qui peuvent produire ces authentiques moments de magie, ceux qui vous laissent bouche bée et vous font penser : 'Ça, c'est un grand pilote !'. Avez-vous vu son dépassement par l'extérieur sur Bottas à la chicane au Grand Prix du Japon ? Pour rejoindre le club très fermé des pilotes de pointe en Formule 1, il faut ce genre de coups d'éclat.

Cependant, Hülkenberg est-il suffisamment bon ? Peut-il hisser l'équipe vers le haut jour après jour grâce à un niveau de performance constant ? C'est ce que nous saurons si Renault parvient à construire une voiture au niveau déjà atteint par le Losange, bien que ce fût sporadique, par le passé.

 

Miniature Minichamps 1:43 - Renault R25 de Fernando Alonso
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Séries Formule 1
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Auteur Charles Bradley
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