Ricciardo va ignorer le niveau de Norris pour éviter le "ressentiment"

Daniel Ricciardo souffre face à Lando Norris depuis son arrivée chez McLaren, et doit désormais se recentrer sur lui-même pour progresser.

Ricciardo va ignorer le niveau de Norris pour éviter le "ressentiment"

Les dynamiques très différentes entre Lando Norris et Daniel Ricciardo chez McLaren constituent l'un des enseignements de la première partie de saison. Le premier traverse une phase euphorique et accumule les excellents résultats, tandis que le second reste perplexe devant ses difficultés à s'adapter à sa nouvelle monoplace. Et lorsque l'Australien a le sentiment de bien faire, comme lorsqu'il est remonté jusqu'au septième rang au Grand Prix d'Autriche, il reste néanmoins dans l'ombre de ce que fait son coéquipier.

Avec l'esprit d'équipe qu'on lui connaît, Ricciardo est évidemment heureux de voir Norris progresser ainsi et fixer le niveau de référence de la MCL35M. Cependant, ça ne lui facilite pas la tâche devant les interrogations que de nombreux observateurs se posent. Il a donc décidé de ne pas se préoccuper plus que de raison de son coéquipier. 

Si je débute chaque week-end en m'attendant à être plus rapide que Lando, je vais finir par avoir du ressentiment envers ce sport.

Daniel Ricciardo

"J'ai l'impression que, pour je ne sais quelle raison, la saison a été très inattendue et difficile jusqu'à présent au niveau du rythme", admet Ricciardo auprès de Motorsport.com"Et j'imagine que le plus simple pour moi est d'aller de l'avant et de l'accepter. Est-ce que j'attendais plus ? Absolument. Mais je crois que si je débute chaque week-end en m'attendant à être plus rapide que Lando, je vais finir par avoir du ressentiment envers ce sport, car il est clair qu'il en faudra un peu plus."

"Il manque clairement quelque chose. Je me sens bien dans la voiture, surtout les trois derniers week-ends, c'était mieux. Je ne veux pas succomber à quoi que ce soit, je veux juste ne pas trop me concentrer là-dessus ou y perdre trop d'énergie, et juste accepter le fait qu'il pilote très bien. L'objectif est naturellement d'être plus proche et aussi d'aider l'équipe."

En d'autres termes, Ricciardo doit se focaliser uniquement sur ce qu'il fait : "Je crois que c'est ça, le reste peut vous perdre. Peut-être que c'est la sagesse de quelqu'un qui a maintenant 32 ans. Mais je crois que je dois juste me concentrer sur moi-même, et continuer à réduire l'écart. [...] Pour le moment, Lando a le rythme qu'il a, et il est évidemment rapide. La voiture a le rythme, donc je pense que ça donne beaucoup de motivation aussi pour redoubler d'efforts l'année prochaine avec la nouvelle réglementation. Il y a quelque chose qui marche avec cette voiture, donc je crois que c'est encourageant."

 

Lors des Grands Prix à Monaco et Bakou, Ricciardo avait confié attendre beaucoup des trois courses suivantes s'enchaînant sur des circuits plus traditionnels. Les deux épreuves consécutives sur le même tracé en Autriche lui ont offert l'opportunité de mieux comprendre sa monoplace. 

Son Grand Prix de France a été solide, avec une dixième place sur la grille suivie d'une dixième en course, à 11"8 de Norris. Il s'est élancé 13e au Grand Prix de Styrie, a fait un gros premier tour pour grimper au huitième rang, mais des problèmes moteur l'ont éjecté du top 10. Le Grand Prix d'Autriche a donc constitué un pas en avant, et il a pu se battre à la régulière. 

"Oui, c'était mieux", confirme-t-il. "C'était juste la journée dont j'avais besoin. Et c'est sûr que pour l'équipe, c'était chouette d'être septième et de marquer des points. Mais personnellement, je ne suis pas dans une bagarre au championnat. Je ne vais pas dire que les points n'ont pas de signification, mais l'important pour moi était de prendre du plaisir, de me battre et de bien me placer. C'est ce que j'ai fait, ce qui a rapporté des points à la fin, et c'est bien. J'ai apprécié. C'était difficile de vraiment en profiter lorsque les résultats n'étaient pas au rendez-vous, alors j'ai tiré un peu plus de satisfaction de cette course."

 

Là encore, Ricciardo a fait parler la poudre dans les premiers tours, doublant George Russell et Carlos Sainz au départ, puis Sergio Pérez et Charles Leclerc après l'intervention de la voiture de sécurité. 

"Je ne sais pas si je vieillis, mais les premiers tours sont flous !", sourit-il. "Je me souviens avoir doublé George au virage 7, je ne me rappelle pas de grand-chose d'autre, mais je sais que dans le premier tour j'ai dépassé deux voitures, et deux autres au restart après le Safety Car. C'était bien, ça fait avancer, et j'en avais besoin compte tenu de ma position en qualifications. C'était une course sympa, j'ai vu des pilotes se faire pousser et j'ai entendu qu'il y avait eu des pénalités. Car il y a les écrans géants et beaucoup de lignes droites, donc on peut voir ce qui se passe. Parfois je regardais le replay et je voyais quelqu'un se faire pousser, puis je voyais sa radio qui était diffusée. J'espère que les fans ont eu du spectacle !"

Malgré l'évidente satisfaction de Ricciardo après son dimanche autrichien, il ne pouvait pas ignorer le fait d'avoir coupé la ligne d'arrivée à 40 secondes de Norris, pourtant pénalisé de cinq secondes. L'Australien reste déconcerté par ses difficultés, particulièrement en qualifications. Son infortune se poursuit malgré tout le travail qu'il abat avec ses ingénieurs. 

"Il y a un peu de frustration venant du fait que j'étais plutôt satisfait hier [en qualifications]", détaille-t-il. "La voiture n'était pas parfaite mais elle était très bonne. Elle semblait meilleure qu'une voiture pour la 13e place. Je crois que tout allait bien aujourd'hui, mais il manque quelque chose au chronomètre. Au niveau des sensations, c'est mieux. Peut-être que c'est littéralement un demi-dixième dans chaque virage. Je ne sais pas, mais les sensations étaient correctes."

 

Il y a des points positifs, notamment le fait d'avoir bel et bien eu l'opportunité d'accumuler les kilomètres dans la voiture lors des trois Grands Prix disputés consécutivement. 

"Si je superpose mes données entre la semaine dernière et cette semaine, je fais beaucoup plus de choses que la voiture requiert", précise Riciardo. "J'ai le sentiment que mon pilotage McLaren, disons-le comme ça, a beaucoup progressé, et il y avait un peu de tristesse en qualifications, car malheureusement ça ne s'est pas encore traduit au niveau du chrono. Peut-être que c'est encore un peu délibéré et que je dépense trop d'énergie à essayer de piloter comme ça. Peut-être qu'avec quelques courses de plus ce sera plus inconscient, et je pourrai alors être plus à la limite. Peut-être que c'est ça ? Nous verrons."

La prochaine étape, c'est Silverstone, circuit où Ricciardo a fait ses débuts avec HRT il y a dix ans. Historiquement, ce tracé ne lui a pas souvent réussi, son seul podium remontant à 2014 avec Red Bull Racing. Il y aura une nouveauté pour tout le monde avec les nouvelles Qualifications Sprint, un format dont le pilote McLaren espère pouvoir tirer parti. 

"Lors des trois dernières courses, je crois que j'ai gagné au minimum deux places à chaque fois dans le premier tour", fait-il remarquer. "Alors avec les Qualifications Sprint je pourrai probablement partir plus haut sur la grille dimanche ! Je suis donc heureux qu'il y ait deux départs. Il faut probablement aborder ça comme une course. En se montrant suffisant, ça ferait partir plus loin le dimanche et ça contraindra à prendre tous les risques, et peut-être y laisser un aileron avant. Je dirais donc qu'il faudra une approche normale, essayer d'attaquer quand ce sera possible et en tirer le meilleur."

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