Mercedes : Être indépendant de membres... "irremplaçables" !

Toute la dynamique d'une équipe de F1 de premier plan consiste à s'assurer les services des meilleurs ingénieurs du paddock, sans en devenir totalement dépendante... Il faut ainsi des meneurs d'hommes capables de structurer pour le futur.

L’équipe Mercedes dispose d’une telle force d’ingénierie et structurelle qu’elle serait en mesure de perdre n’importe lequel de ses membres proéminents sans vaciller, estime son directeur Toto Wolff.

Celui qui a vu le directeur technique Paddy Lowe quitter le team en fin d’année 2016 en même temps que Nico Rosberg pour prendre les commandes techniques de Williams, a aussi accueilli le réputé James Allison après le départ de celui-ci de chez Ferrari.

On retrouve ainsi chez Mercedes une armada de matière grise spectaculaire, comprenant Aldo Costa (moteur), Geoff Willis (ingénierie), Mark Ellis (performance), John Owen (design) et Andy Cowell (moteur) pour épauler le directeur technique James Allison.

Hermétique au départ d'un grand nom

Wolff estime que Mercedes a par ailleurs mis un tel accent sur le développement structurel interne de son staff dédié à chaque département que l’équipe n’est plus vulnérable à un grand départ individuel.

"Dans une équipe de F1, en raison de l’environnement changeant en permanence et des défis qui vous font face, il n’y a pas de structure statique : elle est dynamique", explique-t-il à Motorsport.com. "Vous ne pouvez pas ‘geler’ une organisation quand elle rencontre du succès. Il vous faut continuer à chercher la future génération de leaders, et s’adapter à de nouveaux défis."

La clé pour connaître le succès sur le long terme − et pour éviter la dépendance excessive des ‘grands’ du paddock − est de structurer le team de sorte à conserver des ressources internes qualifiées, capables par ailleurs de motiver les plus emblématiques ingénieurs à rester avec les bases qu'ils ont eux-mêmes posées.

"Il vous faut une organisation qui se développe, ainsi qu’une arrivée de plus jeunes ingénieurs et de membres managériaux", poursuit Wolff. "Cette organisation n’est pas dépendante d’un simple individu ; ni de Paddy, ni de James, ni d’Andy, ni de moi-même : de personne", poursuit celui qui avait déjà dû composer avec le départ de Ross Brawn, artisan de la pose de bases solides chez Mercedes.

"Nous avons une solide base d’individus réalisant un travail extraordinaire et qui mériteraient bien plus de visibilité extérieure et de reconnaissance pour le superbe travail réalisé. Ainsi, on peut dire que quand un membre très senior quitte l’équipe ou qu’il y a un changement à haut niveau, cela ne risque pas d’affecter l’organisation. La raison en est que la base est si solide !"

Préparer la future génération de leaders

Même s’il assure que certains de ses membres méritent plus de visibilité, Wolff sait aussi que sa tâche de gestion interne des départs ou des situations de débauchage par la concurrence est rendue moins compliquée s’il garde ses cartes près de lui. Car au contact des seniors se forme actuellement toute une génération d’ingénieurs qui feront le succès du team dans le futur.

"Ce que nous voyons est que la génération actuelle de dirigeants seniors de l’équipe va partir et que l’équipe sera aussi forte après, d’une manière vraiment différente. Car on ne peut pas remplacer un James Key ou un Andy ou un Mark Ellis ou Aldo Costa. Ce sont juste des gens très spéciaux."

"Mais à terme, la prochaine génération va arriver avec ses propres compétences, ses propres personnalités, et être capable de développer l’équipe d’atout en atout. Mon défi personnel est que si un jour j'arrêtais, je voudrais savoir que cette équipe peut se porter encore mieux sans moi."

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Lewis Hamilton , Valtteri Bottas
Équipes Mercedes
Type d'article Actualités
Tags gestion, ingénierie, toto wolff