Interview exclusive avec Jérôme d'Ambrosio

Jérôme d'Ambrosio a effectué ses premiers tours de roues en tant que troisième pilote de l'écurie Virgin le week-end dernier dans les rues de Singapour

Jérôme d'Ambrosio a effectué ses premiers tours de roues en tant que troisième pilote de l'écurie Virgin le week-end dernier dans les rues de Singapour.

Le pilote belge y a fait forte impression en s'améliorant tout au long de la séance d'essais libres du vendredi matin et en signant son meilleur temps à seulement deux dixièmes de son équipier Timo Glock.

Premier Belge à disputer un week-end de Grand Prix de Formule 1 depuis Bas Leindres en 2004 avec Minardi, Jérôme d’Ambrosio revient dans une interview exclusive accordée à ToileF1.com sur sa saison de GP2 Series, ses attentes avant ce premier roulage au volant de la Virgin et aussi ses chances d’être sur les grilles de départ de la saison 2011.

Jérôme, vous avez eu un début de saison difficile en GP2 Series, puis après votre mise à pied en Allemagne vos performances sont clairement montées d’un cran, même si vous n’avez pas toujours été chanceux. Est-ce que ces dernières courses ont été un élément clé dans votre titularisation comme troisième pilote chez Virgin Racing ?

"Je crois que cela est dû à un ensemble de choses, car on ne devient pas un bon ou un mauvais pilote en une semaine. A Hockenheim, il ne s’agissait pas d’une mise à pied, mais d’une décision prise collégialement afin de mettre le doigt sur un dysfonctionnement. DAMS sait régler et préparer une voiture, je sais aller vite, mais les résultats n’étaient pas là."

"Romain [Grosjean] est arrivé avec d’autres repères, d’autres méthodes. Dès Budapest, tout le monde a un peu modifié son approche et les choses ont commencé à marcher de nouveau. Virgin Racing a vu les performances brutes, mais aussi le processus qui a permis d’y parvenir, je crois. Les qualités démontrées sont celles qu’on demande à un pilote essayeur."

Vous aviez déjà roulé dans une Formule 1 avant vos essais libres avec Virgin, qu’est-ce qui frappe le plus quand on fait ses premiers tours de roues ?

"L’attention portée au moindre détail, le perfectionnisme de la préparation, les possibilités de réglages. Au volant, tout est plus efficace. Le freinage, l’accélération, l’adhérence. C’est véritablement une autre planète."

Après Singapour, vous allez découvrir la Virgin sur encore trois circuits que vous ne connaissez pas, ça sera déjà un sacré défi non ? Quels seront vos objectifs au cours de ces trois Grands Prix ?

"Rien ne remplace l’expérience de la piste. J’ai beaucoup appris au contact de Renault F1 sur les premières courses de la saison. J’ai assisté aux briefings, j’ai piloté la voiture de l’année dernière lors de démonstrations. Cependant, évoluer dans le cadre d’un Grand Prix, c’est franchir un cap supplémentaire. Je vais apprendre trois circuits très techniques, évoluer au milieu d’autres F1. Je vais aussi et surtout assimiler des procédures, des méthodes, venues du plus haut niveau du sport automobile. Cela ne pourra être qu’utile pour le futur."

Singapour est un tracé urbain, c’est le genre de circuit que vous affectionniez particulièrement, si l'on se réfère à vos bons résultats à Monaco en GP2 Series ?

"Le circuit de Singapour est extrêmement difficile et comporte plus de 20 virages. Ce fut le grand bain à tous les niveaux : première fois en Formule 1, de nuit, sur un circuit qui ne pardonne rien. Et il a plu ! J’avais pu me familiariser un peu avec le tracé sur le simulateur de Virgin, je m'étais préparé au mieux."

Quid de 2011 ? Serez-vous sur la grille de départ en mars prochain ?

"C’est le but. Je suis en train de travailler, en coulisse, de manière à constituer un projet solide et d’envergure. Je me concentre sur la Belgique, beaucoup de gens ont envie de me soutenir, ils sentent qu’il y a une réelle opportunité. La balle est dans notre camp."

On a dit que vous deviez apporter un budget d’environ 5 millions d’euros. Aujourd’hui, êtes-vous proche de réunir cette somme ?

"Il ne s’agit pas vraiment d’un budget, mais plutôt d’un projet tout entier à construire. Comme toujours en Formule 1, jusqu’au dernier moment, nous sommes à la fois très proche et très loin d’y parvenir. Je sens néanmoins que la possibilité de me voir piloter en 2011 fait bouger les choses. Je croise les doigts, et je multiplie les rendez-vous pour persuader, convaincre, expliquer."

Après le dernier Grand Prix, à Abu Dhabi, vous participerez aux essais pour jeunes pilotes, une journée avec Renault, une autre avec Virgin. Est-ce qu’il existe d’autres opportunités que Virgin pour la saison prochaine ?

"Le plateau bouge tellement vite qu’il est difficile d’être aussi affirmatif. La clé, c’est d’être réactif, d’occuper le terrain en démontrant ses capacités, au volant comme en dehors. Pour toutes ces raisons, mes quatre séances au volant de la Virgin seront très importantes. Mon objectif : si une place se libère quelque part, mon nom doit faire partie de la liste des pilotes sollicités."

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Séries Formule 1
Pilotes Timo Glock , Jérôme d'Ambrosio
Équipes Virgin Racing , DAMS
Type d'article Actualités