Ferrari, Mercedes, Renault, McLaren : Ricciardo sans filtre

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Ferrari, Mercedes, Renault, McLaren : Ricciardo sans filtre
Guillaume Navarro
Par : Guillaume Navarro
21 juin 2018 à 14:23

Daniel Ricciardo est la clé du marché des transferts et pourrait avoir les portes des cinq équipes les plus dotées du plateau ouvertes à lui. L'Australien aimerait avoir réglé son sort avant la pause estivale.

Que signifie l’entente Red Bull-Honda pour votre avenir ?

Eh bien, je savais que ça pouvait se produire. Ce n’est donc pas un choc absolu ou une surprise pour moi : j’étais conscient de cette possibilité. C’était une chose à laquelle j’essayais de me préparer, que j'essayais de calculer mentalement. Maintenant que c’est officiel, il faut juste essayer de comprendre un peu plus tout ça, comment ça va clairement se produire. Il faut réunir toutes les pièces pour voir si c’est un bon choix. Il y a certainement beaucoup de points positifs. J’essaie juste de tout prendre en compte dans mon esprit.

Quelle était votre préférence entre un choix de motorisation Renault ou Honda pour Red Bull ?

Honnêtement, je ne sais toujours pas ! Il est évident que Renault est revenu de loin cette année. Je sais que nous n’avons toujours pas de mode qualifications, mais notre rythme de course, quand tout le monde économise du carburant et tout ça, semble bien plus compétitif. Nous progressons, donc. Et comme vous pouvez le voir, Honda semble aussi progresser avec Toro Rosso. Je pense qu’il est juste de dire qu’ils sont tous deux sur la pente ascendante ; il s'agit juste de savoir qui va être en haut le plus vite, et c’est toujours l’inconnue. Il est clair que Red Bull croit que c’est Honda.

Je dirais que'il va y avoir du mouvement la semaine prochaine, probablement.

Daniel Ricciardo

Red Bull avait dit que le moteur était la première priorité, puis qu’il s’agirait du contrat pilote. Maintenant que c’est réglé côté moteur, avez-vous un contrat à signer ?

Il est clair qu’ils veulent commencer à bouger bientôt. Je n’ai pas encore été poussé, mais je dirais que oui, il va y avoir du mouvement la semaine prochaine, probablement. Est-ce que ce sera quelque chose de mis sur papier ? En tout cas, il est certain que les discussions vont monter en sauce maintenant, au cours des sept prochains jours. Puis, bien entendu, il y a l’Autriche la semaine prochaine et Silverstone ; deux courses à domicile [pour l’équipe] ; on verra ce qui se passe.

Le vainqueur Daniel Ricciardo, Red Bull Racing

Des nouvelles d’Allemagne disent que McLaren vous a fait une énorme offre, autour de 20 millions par saison. 

Ce n’est pas assez [rires] ! J’ai vu ça, probablement il y a une heure. Alors oui, s’il s’agit de commenter ça, je ne sais pas vraiment. On ne m’a rien présenté qui dise ça. Mais j’en suis conscient. Je vais être honnête : bien sûr, tout le monde parle de moi pour des places potentielles chez Mercedes et Ferrari, mais je suis conscient du fait qu’il y a évidemment de l’intérêt d’autres équipes, et je suppose que McLaren est probablement l’une d’entre elles. Cela dépend sans doute de ce que fait Fernando [Alonso], s’il reste ou part. S’il part, je suppose que oui, ils veulent probablement que quelqu’un de plus expérimenté [que Vandoorne et Norris] vienne. On verra ! Il y a beaucoup de choses à sous-peser actuellement, mais je n’ai pas d’autre commentaire à faire là-dessus.

Y a-t-il une date butoir pour vous ou l’équipe dans les discussions ?

Je pense qu’en atterrissant ici et maintenant que le contrat moteur est réglé, ils aimeraient idéalement faire quelque chose plus tôt que tard. Probablement dans les deux prochaines semaines : ce serait idéal pour eux. Je pense qu’il serait chouette pour moi − même si je sais que c’est dans un moment encore − d’arriver à la trêve estivale en sachant ce que je fais, de sorte à pouvoir en profiter. Je pense que si je suis au téléphone pendant deux semaines pendant la trêve d’août à essayer de résoudre mon futur, ça ne sera pas si bien que ça. Je pense que j’aimerais aussi couper. D’un point de vue personnel, ce serait vraiment bien pour cet été ; voire plus tôt. Mais j’aimerais savoir.

Le vainqueur Daniel Ricciardo, Red Bull Racing

Avez-vous besoin de visiter l’usine Honda au Japon pour prendre la décision ?

C’est loin. Peut-être un appel vidéo, ou quelque chose comme ça. Il y a suffisamment de technologie maintenant.

Max [Verstappen] s’y est déjà rendu…

Oui, je ne sais pas [rires] ! Mais oui, on verra… C’est sûr que je souhaite des informations quant à là où ils vont.

Parlez-vous avec Ferrari et Mercedes ou uniquement avec Red Bull ?

Non.

Et votre manager ?

Pas vraiment, je ne sais pas [rires] ! Les gens parlent, prennent des cafés et boivent du Red Bull ! Je ne sais pas ! Je laisse les choses ouvertes. 

Craignez-vous un pas en arrière avec le moteur Honda ?

Je ne crains pas de pas en arrière, pour être honnête. Je sens que nous avons fait assez ces dernières années, même sans gagner un titre, pour que j’en sois là. Je pense que si je ne remporte pas le titre, alors finir troisième ou cinquième n’est probablement pas différent, si vous voyez ce que je veux dire, en termes de pas en arrière. La seule manière dont ma carrière ferait un pas en arrière serait que j’arrête de réaliser des performances. Si je remporte trois titres mondiaux et que je vais dans une équipe qui fait des cinquièmes places, alors oui, clairement, je ferai un pas en arrière. Mais j’ai tourné autour de ce top 3 − top 5 ces dernières années et ce n’est probablement pas faire un pas en arrière, sauf si je cesse de réaliser des performances. Je ne crains pas vraiment ça. Je pense qu’il y a quelque chose à gagner pour moi. Je dois juste essayer de déterminer où faire ce gain.

Est-ce que l’argent fait partie de l’équation ?

Je l’ai dit depuis le début : il est certain que la priorité est d’essayer d’avoir une voiture pouvant remporter le titre mondial, car je crois vraiment que j’en suis capable. C’est la première chose dans mon esprit. Et puis je suppose que s’il n’y avait absolument aucune possibilité, je regarderais d’autres choses. Mais je pense comme un pilote : je pense en avoir fait assez désormais. Je pense que votre valeur en tant que pilote n’est pas un montant X d’argent, mais aussi simplement la valeur que vous sentez avoir et ce que vous apportez au sport. Lewis [Hamilton] a saisi ça, et je sens que j’ai une certaine valeur. J’aimerais donc au moins égaler celle-ci, à la hauteur de mes attentes, et je pense, à la hauteur à laquelle les gens m’estiment.

Daniel Ricciardo, Red Bull Racing et l'équipe fêtent la victoire dans la piscine de la Red Bull Energy Station

Michael Schumacher, Fernando Alonso, Sebastian Vettel, Lewis Hamilton : tous ont quitté l’équipe avec laquelle ils ont grimpé en F1…

Oui, c’est toujours quelque chose qui se passe aussi. Ça arrive. Bien entendu, je suis assez précautionneux avec ça, car il est facile de penser que l’herbe peut être plus verte ailleurs. Elle l’est peut-être, et je me sens assez bien là où je suis. Je ne souhaite pas me mettre en tête que ça va absolument être mieux ailleurs. Mais il est évident que les gens aiment le changement, et que c’est toujours attirant. Faire un changement juste pour faire un changement n’est pas suffisant pour moi : il me faut vraiment trouver de la substance derrière, si je change de bord.

Est-ce la décision la plus difficile de votre vie ?

Probablement la seconde plus difficile. Je pense que la plus difficile a été de quitter l’Australie et de venir en Europe, quand je ne savais pas encore à quel point j’étais talentueux, et que je ne croyais pas vraiment être assez bon. C’était probablement une décision plus compliquée. Mais c’est la seconde ; elle est très grande.

Je fais attention d’un point de vue personnel à ne pas brûler les étapes, car on ne sait jamais où le sport va vous emmener.

Daniel Ricciardo

Est-ce attirant d’aller chez McLaren ou Renault et de bâtir l’équipe autour de vous, même si vous ne vous trouvez pas dans le top 3 ?

Oui… Regardez, il y a une partie qui… Je ne vais pas dire : "Non, ça ne m’intéresse pas du tout". Probablement encore plus car Lewis a été en mesure de le faire avec Mercedes. Et je sais que vous dites cela parce que ces deux équipes ne sont pas encore vraiment en position [de gagner le titre] actuellement, mais le peuvent-elles ? Peut-être. Alors oui, cette pensée est attirante. Je ne dirais pas que c’est au sommet de ma liste actuellement, mais je ne l’écarterais pas non plus.

Je pense aussi que, comme je l’ai dit au sujet de Red Bull, je fais attention d’un point de vue personnel à ne pas brûler les étapes, car on ne sait jamais où le sport va vous emmener. Et si je partais de chez Red Bull, je ne souhaite jamais les critiquer. Comme je l’ai dit, le fait est que je ne suis pas mal ici et que ça a été vraiment fun. Alors oui, évidemment, McLaren et Renault ne sont pas là pour le moment, mais peut-être qu’ils le seront dans un an comme dans trois ans. On ne sait jamais vraiment. Je veux dire, Lewis a tiré au bon moment. Est-ce qu’il l’a senti ? Il dit qu’il savait vraiment ce qui allait se produire. Je ne sais pas. Mais, qu’il l’ait senti ou non, il a vraiment bien géré avec ce changement. Alors qu’il s’agisse d’un rêve pour tout le monde ou pas, je ne sais pas, mais il existe un petit morceau de preuve quant au fait que ça peut de nouveau se produire.

Signeriez-vous plutôt pour deux ans ou plus ?

Je serais un peu hésitant à le faire pour plus longtemps, avec les changements de règles qui arrivent. Donc oui, je garderais les choses du côté le plus court.

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